L’ami Jon Voight : retour sur la carrière de l’un des acteurs phares du cinéma américain.

Cinéma Dimanche cinéma Publié le 29 novembre 2020 - par - 2 commentaires

JL Ranch, un  western américain de 2016 diffusé à la télévision, qui  met en vedette Jon Voight en patriarche.

Jon Voight est un acteur et scénariste américain, né le 29 décembre 1938 à Yonkers (État de New York).

Jon Voight : un magnifique cow-boy au cinéma (voir blog)

Il dit qu’il lui est difficile de jeter un regard rétrospectif sur une carrière très riche.

«Comme dans n’importe quel parcours, il y a eu des hauts et des bas, observe-t-il. Dès le départ, l’idée que je me faisais du métier d’acteur était très romantique. Cet état d’esprit est toujours incrusté en moi. Je suis aussi enthousiasmé par le jeu aujourd’hui que je l’étais à l’époque.»

Un acteur de composition

Bien sûr, l’emploi a changé. Les grands rôles qu’on lui offrait dans les années 70, alors qu’il était au sommet de la gloire, ont progressivement cédé la place à des rôles de soutien. Jon Voight ne cache pas avoir trouvé la transition un peu difficile à faire à une certaine époque.

«Comme j’ai toujours été un acteur de composition, je n’ai quand même jamais eu à me réinventer vraiment. J’ai en effet cette capacité de pouvoir – et d’aimer – me transformer. Mais il y a eu des moments plus difficiles, c’est indéniable. Forcément, j’ai changé au fil des ans. J’ai fait des erreurs desquelles j’ai grandement appris. Cela dit, la pulsion initiale, celle qui a fait que j’ai un jour voulu devenir un acteur, est intacte.»

Voight fait partie de ces individus qui ont eu la chance de trouver leur raison d’être très rapidement. À l’âge de trois ans, le petit Jon se sentait d’ailleurs déjà une âme d’artiste.

«Je dessinais, je peignais… Mes œuvres étaient accrochées partout dans la maison, rappelle-t-il. Puis, mon père m’a fait découvrir le cinéma. Ce fut une révélation à la fois excitante et terrible».

La vocation d’acteur, elle, est arrivée le jour où, adolescent, il est monté sur les planches une première fois dans une séance scolaire.

«Intérieurement, il y a une évidence. On sait ce qui nous convient ou pas. Je me sentais tellement à ma place que j’ai finalement décidé d’aller étudier l’art dramatique à New York. On m’a offert un rôle dans A View from the Bridge, une pièce d’Arthur Miller jouée «Off» Broadway dans laquelle je partageais la scène avec Robert Duvall. Cela a changé ma vie. Il n’y a alors plus eu de retour en arrière.»

La défense de certaines valeurs

Au moment où Voight se fait un nom au théâtre, les années 60 sont en pleine ébullition. Une époque culturellement très riche sur laquelle il pose aujourd’hui un regard sévère sur le plan social. «Nous payons aujourd’hui le prix de notre inconscience. Ce fut une période à mon sens très destructrice, notamment sur le plan des valeurs familiales», laisse-t-il tomber.

Le père d’Angelina Jolie, dont les démêlés avec sa fille sont très publics (elle dit entretenir avec son père une relation « fragile et complexe »), tient ainsi désormais à participer à des films affichant des valeurs auxquelles il peut souscrire.

«Je ne crois pas que le cinéma puisse changer le monde, dit Jon Voight. Mais il peut parfois aider à mieux faire comprendre les problèmes. En revanche, un film peut aussi diffuser un propos plus malsain. C’est pourquoi je tiens à faire des choix. Je reste vigilant à cet égard.»

«Il y a tant de choses à dire et d’histoires à raconter, conclut-il. Dans chaque génération, on trouve des gens de très grand talent. Cela me fascine et me ravit toujours autant.»

Propos / Presse (Canada).

Ci-dessus, l’acteur dans l’inoubliable « Macadam Cowboy », alias le gigolo Joe Buck (1969)

L’acteur obtiendra sa première nomination à l’Oscar du Meilleur acteur en 1970 pour sa composition de ce classique du cinéma américain, dans lequel il joue aux côtés d’un extraordinaire Dustin Hoffman.

 

Le comédien, dans l’excellente comédie / film de guerre « Catch 22 » et son casting All Star (1970)

Voight, extraordinaire dans le chef-d’oeuvre Survival de John Boorman, « Délivrance » (1972)

Délivrance (1972)

John Boorman (Le réalisateur d’Excalibur etc)   : « Avant Délivrance je travaillais déjà à l’adaptation du Seigneur des Anneaux et ça a forcément nourri Délivrance. Qui est le premier film « boormanien », si vous voulez. Avec le thème central, essentiel, de la rivière. En lisant le manuscrit du roman je savais exactement comment j’allais tourner ce film. J’ai fait beaucoup de canoë dans ma jeunesse. Et à 12 ans je suis tombé dans une écluse, j’ai failli mourir noyé. Je me suis laissé entraîner par le courant violent. C’était une expérience douloureuse mais mystique. Fusionner avec la rivière. Mais ce n’est pas le thème de Délivrance. L’idée centrale du roman était ces habitants de la ville, mis à l’épreuve par la nature, qui deviennent de vrais hommes. Je n’étais pas du tout d’accord avec cette philosophie. C’est pour ça qu’à la fin Jon Voight est hanté de cauchemars terrifiants. Délivrance est un film parfaitement complet. Tout est résolu à la fin. » Première

 

Chez Ronald Neame, dans le classique et très solide Thriller « Le Dossier Odessa » (1975)

Bouleversant en ex combattant du Viêtnam devenu tétraplégique dans « Le Retour » (1978)

Un bouleversant triangle amoureux entre Jane Fonda, Jon Voight et Bruce Dern signé par par le grand Hal Ashby. Le film remporta 3 oscars : Meilleur acteur pour Jon Voight; Meilleure actrice pour Jane Fonda, et Meilleur scénario.

Jon Voight étant  un fervent soutien d’Israël, où il se rend à deux reprises, il s’en prendra à Jane Fonda en 2009, avec qui il a milité autrefois à gauche, après que cette dernière a signé un texte de soutien aux Palestiniens. Par ailleurs, il accusera Barack Obama de faire la promotion de l’antisémitisme.

Superbe « Champion » de boxe déchu chez Franco Zeffirelli (1979)

 

Jon Voight / Eric Roberts, extraordinaire duo de comédiens dans l’éprouvant « Runaway Train » (1985)

Sur un script d’Akira Kurosawa, deux évadés d’un pénitencier d’Alaska s’évadent et montent à bord d’un train devenu fou et impossible à arrêter. Un Thriller de très haut niveau, aux scènes à couper le souffle, signé par le cinéaste russe Andrey Konchalovsky.

Dans le chef-d’œuvre de Michael Mann, « Heat » (1995), Jon Voight est Nate

Ami de Neil McCauley, Nate était celui qui rencardait la bande de Neil pour les gros coups à venir.

 

Chez Brian de Palma dans « Mission : impossible » (1996), où il incarnait Jim Phelps

https://series-stream.net/films/mission-impossible-vf/

Jon Voight, Emmanuelle Béart & Tom Cruise dans  Mission impossible

C’est parce qu’il a vu Le Dernier Combat et Le Grand Bleu que Brian De Palma souhaite engager Jean Reno, qu’il trouve très bon acteur et avec qui il s’entend très bien.

 

Jon Voight face à Ving Rhames dans « Rosewood » (1997)

Inédite chez nous en salle (mais diffusé en SVOD), Rosewood de John Singleton est un film à découvrir. Il offre un solide rôle de composition à Jon Voight, dans une glaçante histoire vraie. En 1923, un village Noir de Floride fut entièrement brûlé. Quelques survivants n’ont eu la vie sauve que grâce au courage et à la compassion d’une poignée d’hommes extraordinaires.

Jon Voight chef de la Police, face à Brendan Gleeson, magnifique « Général » de John Boorman (1998)

Une magnifique photo pour un film qui ne l’est pas moins. Soit l’histoire vraie de Martin Cahill, surnommé « The General ». Orphelin de père, il est envoyé en maison de redressement pour avoir volé de la nourriture. Abusé par les prêtres et la police, il rejette toute autorité et, devenu adulte, prend un malin plaisir à ridiculiser l’Eglise et les institutions. Son audace, son humour et sa générosité en ont fait une véritable légende. Mais un jour il vole les tableaux de la Russborough House. Il devient alors la proie du fisc et de la police. Mais c’est l’IRA, avec laquelle il refuse de collaborer, qui le fera abattre.

 

Angelina Jolie et Jon Voight dans « Tomb Raider » (2001); père et fille à l’écran comme à la ville…

Tomb Raider, le célèbre jeu vidéo, couvait depuis longtemps dans l’esprit de nombreux producteurs pour en faire une adaptation sur grand écran.

Dans 1943, l’ultime révolte (Uprising), un téléfilm américain de 2001 sur le soulèvement du ghetto de Varsovie, il est glaçant en général Jürgen Stroop (photo ici).

 

2001, 60 ème anniversaire de Pearl Harbor.

Grimé en président des Etats-Unis Franklin D. Roosevelt dans le « Pearl Harbor » de Michael Bay (2001)

Le film met en scène trois événements de la Seconde Guerre mondiale : la bataille d’Angleterre, l’attaque de Pearl Harbor et le raid de Doolittle. En dépit des critiques négatives, Pearl Harbor est devenu un succès commercial majeur, rapportant un total de 449 220 945 $ au box-office dans le monde entier. Nommé dans plusieurs catégories aux Oscars 2002, il a obtenu la récompense pour le meilleur montage sonore. https://series-stream.net/films/pearl-harbor-vf/

Evocation de la journée du 7 décembre 1941 : près de 200 bombardiers japonais surgissent dans le ciel de Hawaï pour une attaque surprise. Jon Voight joue le rôle du président américain Franklin Delano Roosevelt.

Méconnaissable sous les traits du journaliste sportif Howard Cosell dans « Ali » de Michael Mann (2002)

La vie du boxeur américain Mohamed Ali, de sa victoire historique sur le champion du monde Sonny Liston en 1964 jusqu’au célèbre combat contre George Foreman en 1974 à Kinshasa, The Rumble in the Jungle.

 

Père de l’aventurier Benjamin Gates dans le diptyque du même nom (2004 et 2007)

Une brochette de grands acteurs !

Nicolas Cage
Justin Bartha
Diane Kruger
Ed Harris
Jon Voight
Harvey Keitel
Benjamin Gates et le Livre des secrets

Benjamin Gates et le Trésor des Templier

 

Il ne faut pas énerver le secrétaire d’Etat à la Défense John Keller dans « Transformers », film de science-fiction (2007)…

Jon Voight alias Henry Shaw, Sr. dans « Les Animaux fantastiques » (2016)

En 2019, il joue le rôle de  Jean Paul II

Le film explore sa vie dans les coulisses : comment il a touché des millions de personnes et a changé le visage de l’Eglise et du monde ; comment il a défendu la dignité de l’humanité.

 

 

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2 Commentaires
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Peter Pan-Pan
Peter Pan-Pan
il y a 1 mois

Pour moi, il a notamment marqué le cinéma avec deux de ses premiers films, « Macadam Cowboy » et « Délivrance » et, par la suite, ne s’est jamais complu dans des rôles faciles, allant même jusqu’à incarner des personnages peu sympathiques tel ce grand patron mafieux d’une compagnie d’assurance dans « L’idéaliste » de Francis Ford Coppola.

Travis
Travis
il y a 1 mois

Un monstre sacré, un sacré acteur ! Génial dans Mac Adam cowboy ( plongé dans cette bande-son magnifique) je ne m’étais par aperçu qu’il jouait aussi dans Délivrance ( film qui fout vraiment la trouille ) .
Bravo Jon ( sans H )

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