Budapest enterre la laideur communiste et ressuscite l’architecture de 1920 ; Paris fait l’inverse


Budapest enterre la laideur communiste et ressuscite l’architecture de 1920 ; Paris fait l’inverse

.

A Budapest, adieu Staline ! On enterre la laideur communiste et on ressuscite l’architecture de 1920

Photos : incroyable, voici au  même emplacement, le bâtiment qui fut là jusqu’en 2016 et  juste en dessous en 2019, après reconstruction  !

Les plans de la façade datent de 1920 !

 

Sur la place du Parlement, le gouvernement hongrois a fait construire un immeuble dans le plus pur style néo-classique.

Au N° 6-8 de la Place Kossuth, le bâtiment conçu par les communistes a été démoli en 2016-2017.

Un nouvel immeuble a été contruit à la place,  reprenant une façade conçue par Dezső Hültl, architecte hongrois (et professeur de chimie !) né…le  6 avril 1870  et décédé à  Budapest en juillet 1945 !

.

Le bâtiment avait été conçu à l’origine dans les années 1920 mais jamais construit à cause de la guerre.

Les Hongrois de Victor Orbàn ont donc repris, pour réaliser la façade de 2019, des plans de 1920 en achevant ni plus ni moins les projets de l’architecte de façon posthume.

Dezső Hültl, l’architecte choisi pour la façade

 

Quels conservateurs, ces Hongrois qui ressuscitent un projet de 1920 !

N’empêche, que préfèrerait-on avoir sous les yeux : le bâtiment stalinien ou la façade classique ?

.

En 2011, le gouvernement a lancé un programme dans lequel la place Kossuth devait retrouver son image d’avant la Seconde Guerre mondiale.

Le projet concernait entre-autres un bâtiment construit par les communistes en 1967 car il ne correspondait pas aux autres bâtiments de la place.

 Au début, il était simplement question d’en changer la façade pour l’adapter à son environnement.

 Mais il devint vite évident que la structure portante du siège était dans un état pire que prévu, de gros dégâts de corrosion ayant été constatés au niveau des fondations, ce qui motiva le gouvernement à prendre la décision de raser entièrement le bâtiment

De nombreuses rénovations majeures ont eu lieu dans le quartier historique de Budapest.

Construction en 1967, sous l’occupation communiste.

En 1971.

En 2016

Les plans de 1920 avec les techniques de 2019 (façade en béton et parements) :

 

La politique patrimoniale poursuivie par le Premier ministre Viktor Orbán est ambitieuse.

Jusqu’à présent, celle-ci s’était caractérisée par la réinterprétation de l’architecture historique hongroise dans une geste très contemporaine (nouveau théâtre national) et plus récemment par la reconstruction d’édifices détruits ou mal rénovés après la Seconde guerre mondiale (palais de Budavár, écuries royales, théâtre du château, musée des transports).

.

Dans l’étape suivante, les rénovateurs ont prévu de s’attaquer aux gares décrépites.

Depuis le début des années 1990, s’il y a bien une constante de l’urbanisme hongrois, c’est celle d’effacer méticuleusement toute trace de l’architecture socialiste du paysage.

S’il sera probablement impossible de raser les cités de grands ensembles construits en banlieue de Budapest, les pouvoirs publics concentrent leur attention sur des périmètres plus modestes et à forte charge symbolique.

 

 

Petit tour dans le quartier

D’après des articles du site http://pestbuda.hu

 

 

Ci-dessus : la place Kossuth dans les années 1920. Il n’y avait qu’une petite maison du côté sud de la place, à côté des parcelles vides et non bâties. Photo prise avant l’inauguration de la statue de Kossuth en 1927 (Source: FSZEK, Budapest Picture Archive)

Le réaménagement de la place Kossuth a débuté en 2012

La zone a été complètement repensée.

Les espaces verts sont plus importants et plus soignés qu’auparavant,  les trottoirs plus fonctionnels et élégants que l’ancien environnement béton-asphalte.

.

Des espaces verts respectés ? A Budapest. Impensable à Paris en 2019…

Rénovations d’immeubles.

.

L’exemple hongrois nous invite à penser aux salauds d’urbanistes et architectes qui ont défiguré  nos villes françaises (et continuent à nuire).

En voyant le résultat, on pense en effet aux horreurs architecturales qui se trouvent près de chez nous : barres HLM, musées, immeubles de bureaux… Des constructions aux formes disparates qui riment avec laideur.

.

Deux exemples de monstruosité architecturale en France: Émile Aillaud et Emmanuel Saadi.

Émile Aillaud, maître d’œuvre de nombreux logements sociaux en banlieue parisienne, ci-dessous Grigny (91) et Nanterre (92)…

Emmanuel Saadi.

.

Lors de a rénovation de la ligne 12, l’architecte Emmanuel Saadi fut invité à travailler sur un programme dans le XVe arrondissement, rue Desnouettes.

Publié par misslinstantdart, voici le commentaire admiratif du travail en question :

« Construire avec le sérieux d’un enfant qui s’amuse. Leitmotiv d’Emmanuel Saadi, le propos transparaît rue Desnouettes. Le poste de commandement centralisé de la ligne 12 du métro et ses 47 logements marquent le paysage. L’édifice signale sa présence avec une audace tant volumétrique que colorimétrique ».

Le sieur Saadi propose  toujours ses services (sans être inquiété !) ; ses bureaux sont du côté de la rue de la Fontaine au Roi, dans le onzième arrondissement de Paris.

Si un gouvernement français  ressortait des plans haussmanniens pour embellir nos rues,  serait-il taxé de « conservateur » ?

Les projets trouveraient-ils preneurs ?

A Paris, le marché de l’immobilier répond clairement à cette question : ce sont les immeubles d’Hausmann sont les plus prisés et les plus chers…

Photos Budapest :

http://pestbuda.hu/cikk/20190615_bukovszki_peter_javaban_zajlanak_a_kossuth_teri_epitkezesek

http://pestbuda.hu/cikk/20180907_mar_all_a_parlament_irodahaza?utm_source=pestbuda&utm_medium=link&utm_campaign=pestbuda_201910

https://www.skyscrapercity.com/showthread.php?p=162615658

Print Friendly, PDF & Email
Print Friendly, PDF & Email



Jules Ferry

n’est pas prêt à renoncer à son mode de vie occidental. En un mot ou avec un dessin, Jules Ferry dit NON à ceux qui veulent reléguer les femmes au foyer, couvrir leur tête, rallonger leurs jupes, jeter les homosexuels du haut des tours, interdire l’alcool, limiter la liberté d’expression, bannir les caricatures religieuses, censurer les livres, codifier la tolérance…


8 thoughts on “Budapest enterre la laideur communiste et ressuscite l’architecture de 1920 ; Paris fait l’inverse

  1. AvatarJolly Rodgers

    oui en effet l’architecture communiste tout comme l’architecture capitaliste est horrible , c’est une architecture froide et angoissante .
    bravo a Viktor Orban , enfin quelqu’un qui aime le beau et respecte l’âme de sont pays . chapeau!

  2. AvatarBron Jean-claude

    Je penses sincèrement que l’architecture moderne a une part importante dans le mal être des gens .Regardez les photos des années 1970 , comparer avec se qui se fait maintenant au nom du rendement. Le cerveau n’aime pas le changement ! La plus part des gens ont la nostalgie des anciens quartier bien plus vivant que maintenante avec une population local !

  3. AntiislamAntiislam

    Bonjour,

    Nous avons des exemples d’architecture totalitaire à Paris : le palais de Chaillot.

    Exactement semblable à ce qui se faisait dans l’Allemagne de Hitler ou l’URSS de Staline à l’époque (1937) …

    1. AvatarJolly Rodgers

      bonjour @ Anti islam et @ born Jean-Claude ,
      je suis d’accord avec vous , l’ architecture agit sur le mental , l’architecture communiste , nazi et capitaliste sont des architectures froides ; grandes artères et avenues , bâtiment de type Bauhaus ou de type cubiste , futurisme de science fiction . voyez les décors des films de science fiction ,nous y retrouvons toute la laideur de la modernité . le massacre de notre architecture et bien plus vielle que le communisme ou la nazisme elle a commencé avec le baron ossman , a l’époque toutes les villes voulaient s’aligner déjà sur les métropoles , détruisant les belles architectures de type médiévales pour les remplacer par les horreurs osmanienne .
      plus proche de nous , dans les années 70 c’est là qu’a commencé le vrai massacre de nos villes (le réalisateur Eric Rohmer , grand amoureux de la France , fut le premier a critiquer cette urbanisation de l’espace ) .tenez , sur Paris par exemple la racine a été la construction du centre Pompidou et la destruction des halles qui été le poumon et la mémoire parisienne (il vas pleuvoir , voila que je me met a défendre Paris ) , de là le peuple des halles fut envoyé ou plutôt dispersé dans les nouvelles banlieues ,cela causa des causes de suicide , car la population des halles étaient attachées et vivaient là depuis des générations . toute une histoire , comme l’expression populaire  »le fort des halles » signifié le docker qui déchargé les caisses des camions venus des provinces alimenter la capitale , avec ça il y’avaient tout les petits cafés populaires et petit commerces . la racine du mal sur paris a prise avec la mort des halles , nous en voyons maintenant les dégâts .

  4. Avatarclaude t.a.l

    Excellent article

    Quand je me rends ( rarement ) à Paris ( j’y ai vécu ) , je ne reconnais plus grand’chose. Même les rues me semblent étranges ….

Comments are closed.