Maroc : les incroyables fabriques d’armes invisibles du FLN algérien


Maroc : les incroyables fabriques d’armes invisibles du FLN algérien

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Les armes visibles de la libération, mais quelle libération ? • Alger, novembre 1961

 

J’ai rencontré en 2017 un Algérien disposant d’une connaissance éblouissante de la Seconde Guerre mondiale et se fichant de l’islam comme de l’an 40. Après avoir sillonné l’Europe, il m’a également fait part de ses propres investigations au sujet de la dynamique dynamite du Front de Libération Nationale. Le sujet est méconnu et je tenais à le partager avec mes amis patriotes français.

Le patriotisme est un état d’âme universel et il doit être respecté même si algérien. Toutefois, si les laïcards du FLN avaient eu conscience du développement ultérieur de l’islamisme politique en leur pays, je pense que certains auraient préféré rester sous la houlette des chenilles françaises. Un char français, c’est comme un char Tsahal, ça représente la civilisation aux quatre coins de la planète. Bienveillant drapeau français !

1/8 Les prémices libératoires à coups de gourdin

Les armes utilisées durant les premiers mois de l’insurrection algérienne n’étaient que des armes de chasse et des poignards. Certaines dataient de la Seconde Guerre mondiale voire de la Première. L’armement se diversifia ensuite et s’améliora au fur et à mesure de l’évolution du combat, l’ALN ayant pu obtenir des armes performantes en les récupérant auprès de l’ennemi, en organisant des embuscades et en les faisant acheminer clandestinement à travers des frontières parfois perméables.

Le FLN éprouve d’énormes difficultés à l’acheminement des armes répondant aux besoins des maquis de l’intérieur. En effet, les lignes Morice et Challe les isolent de l’ALN ou Armée de Libération Nationale et les services secrets français ont tissé une toile de monitoring dans tous les ports européens.

En 1958, la situation est devenue intenable pour le FLN : l’approvisionnement en armes est devenu quasiment impossible. Ainsi naîtra l’incroyable projet d’installation de fabriques d’armes clandestines au Maroc.

Ligne Morice à gauche, Ligne Challe à droite

2/8 La Main Rouge

Les services secrets français opèrent également sous couvert d’une obscure organisation armée française (dite « terroriste », à chacun de juger) nommée La Main Rouge dont l’objectif est de dissuader les trafiquants d’armes traitant avec le FLN. Ses membres arraisonnent les bateaux yougoslaves convoyant les chargements d’armes et en plastiquent d’autres.

Également au menu : opérations de sabotage, assassinats ciblés et divers attentats chapeautés par le SDECE ou Service de Documentation Extérieure et de Contre-espionnage, ceci en Europe comme en Algérie. De sérieux coups sont portés au FLN et les assassinats sont nombreux en Allemagne de l’Ouest, Suisse, Belgique, Italie et Pays-Bas. 135 personnes auraient été tuées en 1960 et 103 en 1961.

 

3/8 Pablo, le Che Guevara grec du Maghreb

 

Michel Raptis – dit Pablo – est le fils d’un Grec de la communauté juive de Thessalonique et d’une Égyptienne. Après la Seconde Guerre mondiale, il est la figure centrale de la 4ème Internationale, organisation communiste fondée en France en 1938 par Léon Trotsky. Michel Raptis joue un rôle majeur dans la réorientation de cette organisation vers les mouvements de libération des pays colonisés.

En 1955, Pablo se rapproche du FLN. Sous son impulsion, le Parti Communiste internationaliste lui apporte un soutien inconditionnel. Il fait imprimer « Révolution Algérienne », l’organe du FLN en France et fournit des planques. Il jouera un rôle capital dans la mise en place des fabriques d’armes clandestines au Maroc.

 

Michel Raptis

 

4/8 Le Mystère Sola mène en Belgique : FLN = FN ?

 

Vouloir fabriquer dix mille mitraillettes est une chose, encore faut-il décider d’un modèle qui soit facile à fabriquer et s’en procurer les plans de construction. Le FLN utilisera les réseaux de sa Fédération de France pour se procurer ces fameux plans sans lesquels rien ne parait possible.

La mitraillette en question est une Sola Super 9 mm produite entre 1952 et 1957 au Luxembourg uniquement. Il se trouve que FN Herstal (près de Liège, Belgique) est la maison-mère de l’usine Sola. Malgré l’arrêt de sa production, la Sola Super 9 mm est aussitôt fabriquée de plus belle au Maroc par le FLN, dès 1958. À ce jour, nul ne connaît l’identité du mystérieux intermédiaire ayant permis une telle fuite d’ingénierie armurière ni même le scénario de cet espionnage industriel.

Sola 1954 • Made in Ettelbruck, Luxembourg

La MAT 49 française a également été fabriquée sur place

5/8 Recrutement d’étrangers idéalistes anticolonialistes

Pour diriger tous les volontaires vers le Maroc, le FLN doit notamment les exfiltrer en Allemagne via la Belgique. Ceci nécessite l’impression de faux papiers d’identité et la collaboration d’un réseau de passeurs frontaliers.

La majeure partie des militants recrutés sont des jeunes travailleurs immigrés en France et ils possèdent une bonne qualification dans les métiers nécessaires à la fabrication d’armes. Ils ont entre 18 et 20 ans et sont en âge de prester leur service militaire mais, refusant l’idée de servir dans l’armée française, ils cherchent à rejoindre les maquis de l’ALN par tous les moyens.

C’est aussi grâce aux réseaux militants trotskistes que les ateliers de fabrication d’armes ont vu le jour au Maroc. Ces militants viennent de France, de Grande-Bretagne, de Grèce, des Pays-Bas, d’Allemagne et même d’Argentine, un véritable melting-pot anticolonialiste !

Ils rejoignent les « frères » algériens de l’armée des frontières stationnée au Maroc. Ils seront environ 300 hommes – Algériens et étrangers – à travailler au Maroc, volontaires enfermés dans des fermes-usines clandestines, ceci jusqu’à l’indépendance de l’Algérie en juillet 1962.

Alger 1960

6/8 Les six ateliers clandestins de fabrication d’armes au Maroc

Localisation : jamais dans l’arrière-pays, toujours à proximité des côtes et des axes de communication rapides (pour l’époque)

Fabrication de grenades à Tétouan (20 km au sud de Ceuta) 1958

Bombes, grenades et torpilles à Souk El Arbaa (entre Rabat et Tanger) 1958

Bombes, grenades et armes blanches à Bouznika (entre Rabat et Casa) 1959

Mortiers de 45 et d’explosifs à Shkirat (entre Rabat et Casablanca) 1960

Mortiers de 45, 60 et 80 à Mohammedia (entre Rabat et Casablanca) 1960

Mitraillette Sola à Temara (sud-ouest de Rabat) 1960

Le site de Bouznika a été fermé à la hâte suite à une trahison au sein du FLN.

7/8 Conditions de vie

Faire fonctionner clandestinement six fabriques d’armes sans éveiller le moindre soupçon est un exploit organisationnel et logistique qui ne peut reposer que sur une discipline de fer : aucun de ces ateliers ne peut être repéré par l’armée ou les agents du renseignement français.

On achemine des tours, des fraiseuses et un ingénieur trouve un moyen habile de détourner de l’électricité pour éviter d’éveiller les soupçons sur une consommation élevée.

Pour des raisons de sécurité, les ouvriers de Temara ne voient jamais le soleil. Toutes les fenêtres sont colmatées afin d’étouffer le bruit des machines. L’usine tourne 24/24 et est maquillée en usine de confiture. Les techniciens n’ont l’autorisation de sortir qu’à la nuit tombée pour prendre l’air sur la terrasse. Aucune sortie de l’enceinte clandestine n’est tolérée.

L’usine de Temara tourne en grande partie grâce à Dimitris Livieratos, trotskiste grec. Livieratos parle d’ouvriers-soldats et de paysans algériens au caractère révolutionnaire, polis, réservés. À leur sujet, il dit : « Quoique illettrés, ils portaient en eux une véritable noblesse »

Mais tout n’est pas rose et les « chefs d’usine » s’arrachent les cheveux du fait de la paresse d’un certain nombre d’ouvriers passant leur temps à fumer le hasch ou à consommer du tabac à proximité des explosifs.

D’autres problèmes surgissent quant à l’organisation de la vie de l’usine clandestine : mode collectiviste, gestion américaine, méthode autoritaire ?

Tout cela est d’autant plus difficile à gérer que les jeunes Algériens ayant bossé dans des usines françaises côtoient des paysans algériens n’ayant jamais vécu en Europe et pratiquant leur prière. Et comment ces hommes venus de divers pays, aux langues et aux modes de vie différents, ont-ils réussi à vivre ensemble dans un espace clos ?

Alger 1960

8/8 Que sont-ils devenus ?

Après l’Indépendance de 1962, les machines de l’usine sont démontées et transportées en pièces détachées vers Oujda ou le port de Casablanca pour rejoindre l’Algérie dite libérée. Les « ouvriers-soldats » militants ne seront pas épargnés par les difficultés et connaîtront diverses fortunes selon qu’ils sont Algériens ou membres de la 4ème Internationale.

Après la libération, le Président Ben Bella (1963-1965) écouta attentivement les projets de Pablo relatifs à l’autogestion et Alger reçut même le renfort de militants d’extrême gauche tiers-mondistes convaincus que la révolution algérienne verrait l’avènement de leurs idéaux.

L’organisation trotskiste se fixe alors comme objectif la construction d’un noyau marxiste-révolutionnaire algérien à la gauche du FLN et soutient le gouvernement de Ben Bella mais la belle utopie prendra fin le 19 juin 1965 avec la prise de pouvoir du Colonel Boumediene. Ils seront finalement expulsés vers la France où ils seront confrontés aux conséquences judiciaires de leur soutien au FLN.

En catimini et de manière assez rocambolesque, Pablo réussira à quitter l’Algérie pour la Suisse.

Et toi Algérie, qu’es-tu devenue après le départ des Français ?

 

France 2040

Si à moyen terme la France est qualifiée de Francistan par nos culottes courtes longues et nos tchadorobes, le maquis gaulois devra se ravitailler à l’extérieur en pétoires et sulfateuses.

Je conseille fortement la Tchéquie pour trois raisons. Primo, la Suisse est trop chère. Secundo, la tradition armurière y est vivace et c’est d’ailleurs la raison principale de son annexion par les Nazillons. Tertio, ce pays sera classé ZIZI en 2040 : Zone Identitaire Zéro Islam.

Richard Mil

Valeureuse nation tchèque !

Sélectionnons dès maintenant les lieux clandestins de fabrication de nos armes anti-islam, maquillés en usines de fabrication de cabestans, acheminement via le Germanistan.

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Richard Mil

Belge passionné de sciences humaines, amoureux de la culture française, gaulliste, athée, partage totalement les convictions de l’initiative citoyenne Résistance Républicaine


9 thoughts on “Maroc : les incroyables fabriques d’armes invisibles du FLN algérien

  1. AntiislamAntiislam

    Bonjour,

    Merci de rappeler cette histoire que, pour ma part, je connaissais.

    Ce qui est scandaleux, c’est que ces gars-là, (les Plenel etc), après avoir organisé cette indépendance à un tel prix pour le sang français, viennent maintenant chialer pour accueillir une immigration musulmane de masse en France …

    1. Amélie PoulainAmélie Poulain

      « Ce qui est scandaleux, c’est que ces gars-là, (les Plenel etc), après avoir organisé cette indépendance à un tel prix pour le sang français, viennent maintenant chialer pour accueillir une immigration musulmane de masse en France … »

      Oui et ceux qui étaient pour le maintien de l’Algérie Française « à un tel prix pour le sang français » pleurent aujourd’hui sur l’immigration de masse musulmane dans notre beau pays (enfin, ce qu’il était)…

      Le désir humain est impénétrable…

      1. Avatarbm77

        Ce qu’il faut comprendre Amélie Poulain, c’est que les Français d’Algérie, n’était pas des touristes en villégiature, là bas, ce sont eux qui ont construit le pays , c’était leur pays . et ceci au prix pour certains, de nombreux sacrifices et morts parmis leurs anciens . Ils était là bas depuis des générations et on leur a dit un jour que tous ces efforts avaient été vains qu’ils ne profiteraient pas de ce dont ils avaient contribué à faire un pays agréable qui détonnait par rapport à la misère règnant dans la majorité des pays limitrophes, Maroc et Tunisie compris L’Algérie leur a été volée par des gens qui ont utilisés toutes les opportunités et les alliances qui se présentaient pour arriver à leur fin ; Qu’elles soitent politiques ou logistique .
        Il faut prendre des leçons de cette période pour ne pas rééditer ses erreurs de jugement, car les mêmes qui ont conquis le pouvoir de façon exclusive s’apprêtent à rééditer le phénomène sur le territoire national et employer les mêmes stratagèmes , la même propagande et les mêmes collaborations qui ont si bien marché en Algérie . Notons qu’ils ont pris soin d’éliminer leur alliés de circonstance une fois leur forfaiture accomplie! Aujourd’hui le FLN règne avec ses potentats en gardant jalousement le pouvoir et comme ils ont pris l’Algérie , il la gère, c’est à dire de façon malhonnête . et exclusive.
        Je ne suis pas sûr Amélie Poulain, que l’abandon prématurée de l’Algérie aurait anticipé le problème migratoire que nous connaissons aujourd’hui, peut-être au contraire avons nous eu le tort d’abandonner trop vite l’Algérie d’avoir liquidé l’affaire avant même d’assurer nos arrières en n’imposant rien du tout et en leur laissant l’illusion qu’ils avaient gagné sur toute la ligne alors que sur le terrain c’était loin d’être la réalité . La maitrise par l’armée était presque totale en 1962 mais c’es politiquement, et du fait de l’usure de l’opinion nationale métropolitaine, taraudée par la propagande communiste que les choses se sont jouées .L’URSS était contre nous sur l’affaire de l’Algérie et aidait les indépendantistes mais notre allié Kennedy aussi l’était et l’ONU bien sûr donc nous nous retrouvions isolés sur la scène internationale et pour beaucoup comme nos « alliés  » , ce qui n’était pas pour leurs déplaire que ce de Gaulle présompteux tentant de redonner une place prépondérante à la France qui se relevait doucement des ravages et meurtrissures de la défaite de 1940 se prenne une leçon même si c’était pour amener une dictature dans ce qui avait été peut-être une colonie mais avec des lois Françaises bien plus démocratiques que celles appliquées par la suite dans l’Algérie indépendante qui a contribué ,elle mêmeà la guerre civile des années 1990

    2. RichardRichard

      Edwy Plenel ne vaut pas un clou ! La chasse aux singes est ouverte et il ose encore se montrer ! Il faut écouter Élisabeth Badinter, c’est elle qui détient les Clefs de la France.

  2. Avatarjoseph

    La nationalité algérienne a été accordée à beaucoup de communistes français, espagnols, italiens.
    Dieu merci, elle a été refusée dès 1962 aux Juifs.
    Sous Boumedienne, ces communistes ont été traîtés comme les pires ennemis (gégène, baignoire, simulacres d’exécutions…)

  3. frejusienfrejusien

    Que de nocivité sur la planète répandue par cette idéologie trotskiste !
    mais là aussi , ils se sont fait virés, les idiots utiles de l’islam ,

    belle histoire des usines clandestines, et la police marocaine et le roi dans tout ça, informés ou non ??

  4. ConanConan

    Bonjour

    J’ignorais que la co-allahboration de certains <> jusque là …
    Des trotsko, des cocos, des progressistes coco-libertariens genre j.p.sartre etc.. En action pour financer et/ou pour monter des usines d’armement destinées à tuer des jeunes appelés ou des familles de fermiers isolées …
    Ce qui est remarquable, c’est que cette espèce de francophobie puisse encore s’exprimer sans risque et qu’elle soit même « tendance » .. J’ai l’impression de vivre dans le pays champion du monde de la honte de soi !
    A côté de ces fabrications, et malgré le verrouillage serré, beaucoup d’armement ultra-moderne, bien plus performant que ce dont disposait notre arme, parvenait aux rebelles, depuis la Tchécoslovaquie, notamment, . Heureusement qu’il y avait la chasse et les hélicos pour compenser…
    A noter que la famille plenel se trouva parmi les premiers « pieds-rouges » s’installant en Algérie juste après l’indépendance…
    En réponse aux allusions de notre chère Amélie, je précise qu’il n’y a aucune contradiction à ce que les partisans de l’Algérie française –ce qu’il en reste…– soient contre l’immigration massive et l’islamisation de notre pays.
    Je crois savoir que ceci est aussi le cas pour de nombreux français d’origine maghrébine, mais qui n’osent pas trop se signaler, ceci en raison de la prégnance d’une certaine « police » religieuse communautaire et du souvenir qu’ils ont du sort que nous avons réservé aux Harkis. S’y ajoute l’apparente dhimmitude de ceux qui nous « gouvernent »…
    Enfin je lui rappelle :
    1/ pas d’ennemis parmi les patriotes !
    2/ j’ai toujours et plus que jamais tendance à regretter l’époque de notre France coloniale à celle de leur France colonisée par les barbares et pires crétins de la planète !

  5. Amélie PoulainAmélie Poulain

    « En réponse aux allusions de notre chère Amélie, je précise qu’il n’y a aucune contradiction à ce que les partisans de l’Algérie française –ce qu’il en reste…– soient contre l’immigration massive et l’islamisation de notre pays. »

    Ben si cher Conan, car nous aurions encore plus « l’obligation » de nous en occuper si l’Algérie était restée Française et plus aucun moyen de les renvoyer chez eux car « chez nous » serait vraiment « chez eux »….. c’est évident..

    Mais ce serait trop long de le démontrer et et je sais que nous ne serons pas d’accord alors, de plus,cela nécessiterait un livre… que j’écrirai peut-être un jour (mais bon je risquerais d’être lynchée quand même alors j’hésite….) vu que mes nombreuses lectures me confortent tout à fait dans ce que je pensais.

    Bien à vous cher Conan, et merci pour vos échanges (sourire)…..

  6. AvatarDorylée

    Nus connaissons trois idéologies totalitaristes : le communisme, le nazisme et l’islam. L’un se sert de l’autre pour asseoir sa domination et l’élimine ensuite. Les nazi l’on fait avec les cocos, les muzz algériens ont fait comme les nazis : ils se sont fait assister par les cocos pour accéder à l’indépendance puis les ont passé allah moulinette. Mais le communiste est beaucoup plus con que le reste. Il s’est fait avoir par les muzz en Algérie mais continue de les aider en France. COM-COMMUN-COMMUNISTE.

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