Au concert avec Arturo Toscanini

(Illustration : dans le golfe du Mexique, à bord du Carnival Dream. En médaillon : Arturo Toscanini).

Dans cet article nous allons nous intéresser au chef italien Arturo Toscanini, né le 25 mars 1867 à Parme et mort le 16 janvier 1957 à New York. Pour ce qui est de sa biographie complète, vous pouvez vous reporter au site Wikipédia. J’ajouterai cependant que Toscanini fut le premier chef non allemand à diriger Wagner à Bayreuth en 1930 et 1931. Mais à partir de 1933, ne voulant plus diriger pour Hitler ou Mussolini, il s’installe définitivement aux États-Unis. En 1937, la chaîne de radio et de télévision américaine NBC crée pour Toscanini l’orchestre symphonique de la NBC que le maestro italien dirigera pendant 17 ans. En 1954 Toscanini est victime d’une perte de mémoire pendant un concert et décide donc de mettre fin à une longue carrière qui aura duré 68 ans ! L’orchestre est alors dissous mais certains membres créent une nouvelle formation, Symphony of the Air que Bernstein dirigera dans sa célèbre émission Omnibus. Cet orchestre est dissous en 1963. Et maintenant place à la musique avec cette ouverture de Tannhaüser, de Wagner :

Brahms à présent avec le double concerto pour violon et violoncelle :

Avant de passer au morceau suivant, une des colères homériques du chef italien dans le finale de cette deuxième symphonie de Brahms, on ne pourrait plus faire cela aujourd’hui !

La seconde partie du concert après l’entracte :

Pour terminer, restons avec Brahms et sa première symphonie :

En bis, le chef décide de terminer par là où il a commencé, Wagner avec la marche funèbre du Crépuscule des Dieux :

L’HYMNE DES NATIONS :

L’hymne des nations est une cantate écrite par Verdi en 1862 pour l’exposition universelle de Londres, pour cette fois je vais citer Wikipédia :

“L’orchestration de la cantate comprend : 2 flûtes, 1 piccolo, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 4 cors, 2 trompettes, 3 trombones, cimbasso, timbales, grosse caisse, percussions, 2 harpes, cordes accompagnant un ténor (le barde) et un chœur mixte.

Après un court prélude commence le chœur introductif (Gloria pei cieli altissime). Dans le solo qui suit (Spettacolo sublime !), le barde jette un regard rétrospectif sur la misère des conflits du passé, loue la paix immédiate et appelle à l’amitié entre les peuples (Fratellanza). En conclusion de la prière qui suit (Signor, che sulla terra), qui est répétée par le chœur, le barde salue l’Angleterre (Salve, Inghilterra) et la France (O Francia), cependant que l’orchestre joue l’hymne national anglais God Save the Queen et la Marseillaise. Suit un hymne à l’Italie, (O Italia, o Italia, o patria mia), où Fratelli d’Italia est cité. La partie finale de la composition comprend le God Save the Queen, suivi d’une partie en contrepoint combinant God Save the Queen, la Marseillaise et Fratelli d’Italia où ces airs se superposent dans une forme rudimentaire de polyphonie. Après une ultime répétition du God Save the Queen l’œuvre se termine par le mot Gloria.

Dès le prélude et le chœur introductif se ressent un avant-goût de l’opéra Aida que Verdi composa en 1870. Ainsi, le motif fortissimo du chœur initial du Gloria i venturi populi présente une similitude extraordinaire avec la scène de triomphe de l’acte II d’Aida. Pour Julian Budden, le spécialiste de Verdi, ce morceau est un coup de génie ; mais il ne voit dans cette œuvre pas d’autre valeur que sa fonction de préfiguration du finale de l’acte II”.

En 1943 (ou peut-être 1944), Toscanini dirige cette cantate avec des ajouts personnels (je reviens à Wikipédia) :

“En juillet 1943 (ou selon d’autres sources décembre 1943 voire mai 1944), pendant la Seconde Guerre mondiale, Arturo Toscanini qui avait été contraint à l’émigration par la dictature fasciste, dirigea pendant un concert Verdi aux États-Unis l’Inno delle nazioni en détournant son sens politique. Ainsi il termina la cantate par le chant choral de l’Internationale (hymne de l’URSS) et de l’hymne des États-Unis, The Star-Spangled Banner afin d’associer les quatre puissances en guerre contre l’Allemagne hitlérienne, dans une orchestration de son cru. Il changea aussi le texte de la cantate en remplaçant O Italia, o patria mia par O Italia, o patria mia tradita“.

La semaine prochaine, je rendrai hommage à Andrew Davis, chef d’orchestre qui vient de nous quitter (heureusement que mon frère est là pour m’informer !).

Filoxe

 

 

 

 

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5 Commentaires

  1. Toutes mes excuses Filoxe, je n’avais pas fait attention au prenom, et j’ai confondu avec Colin, qui maintenant je m’en souviens est mort il y a une dizaine d’années. J’ai une sinusite carabinée qui me trouble l’esprit avec un mal de tête constant, donc rassurez vous, je ne me suis pas mis à la boisson! 😅😅😅

    • Mais vous êtes tout excusé ! Colin Davis fut un grand défenseur de Berlioz alors que ses compatriotes faisaient la fine bouche (c’est typiquement français). Andrew Davis est certainement moins connu et cependant vous trouverez de vraies pépites dans mon prochain article.
      Et merci pour vos commentaires.

  2. Bonsoir Filoxe, bonne idée d’avoir mis à l’honneur ce très grand chef qu’était Toscanini! Il nous a, heureusement laissé pas mal d’enregistrements qui,même si parfois, la qualité sonore n’est pas toujours au rendez vous, la magie opère toujours! Après Osawa, vous m’apprenez la mort de ce grand interprète de Berlioz qu’était Davis, si on avait attendu les Français pour avoir des enregistrements du plus grand compositeur romantique de notre belle France, on serait toujours à attendre, on préférait à l’époque la musique politisée de l’IRCAM ou de contemporain comme Lutoslawski. Dès les années 1970 Davis enregistrait des operas comme les Troyens ou la damnation de Faust et bien d’autres en integrale chez Philips. Encore une fois France intox et merdias associés n’ont pas fait leur boulot et il ont le culot de parler d’informations ! Par contre pour raconter des idioties hallucinantes, ils sont champions!

  3. Argo, merci pour vos commentaires qui sont un encouragement à poursuivre mes articles. La semaine prochaine je rendrai hommage à un chef récemment disparu, Andrew Davis. J’ai trouvé sur YouTube de vraies petites le concernant et sera la surprise. Évidemment nos merdias habituels n’ont pas évoqué cette disparition, la troisième cette année. L’autre Girac avec sa vraie-fausse tentative de suicide, l’immonde Nakamura sont des sujets infiniment plus importants, triste époque. On a la culture qu’on mérite.

  4. Merci Filoxe pour cet article et tout le reste. Ce bain de fraîcheur nous fait oublier un instant les ennuis alcoolisés et cocaïnés de Jobi Joba qui vient de rater son suicide et qui a tenu la presse en alerte pendant une semaine.

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