Île-de-France Mobilités est-il encore un service public ?

Les transports en commun devaient être la panacée, la solution miracle pour limiter la circulation et sauver la planète. Mais cet été, les usagers sont en colère. Deux lignes de RER en grande partie fermées, du Nord au Sud, et l’Ouest en Est et des solutions de remplacement peu efficace. Un « été noir » pour les transports, dénoncé par la presse locale et nationale au point que certains usagers réclament le remboursement des Navigo par le biais de la FNAUT (Fédération Nationale des Usagers des Transports) qui dénonce le cumul excessif des chantiers estivaux sur les lignes de transports franciliennes.

https://actu.fr/ile-de-france/paris_75056/travaux-hors-normes-sur-le-rer-b-en-galere-et-en-colere-les-usagers-reclament-le-remboursement-de-leur-pass-navigo_64620784.html

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/c-est-devenu-un-enfer-les-travaux-d-ete-sement-la-pagaille-dans-les-transports-franciliens-20260803

Parmi les personnes lésées, il y a celles qui ne partent pas en vacances et les touristes pris pour des vaches à lait. Ils devront se contenter de Paris intra-muros et renoncer à s’aventurer en dehors de la capitale. A-t-on anticipé le préjudice touristique ? On en doute. Adieu Chantilly, Disneyland, Royaumont, Écouen, Fontainebleau, Saint-Germain-en-Laye… Il ne restera que les verres de bière (25 cl) à 7 euros dans les beaux quartiers et les hébergements onéreux, faute de trouver une place dans les hôtels bon marché réquisitionnés pour les clandestins.

Paris est cher et se déplacer en transports en commun vire au cauchemar. Arrêtons-nous quelques instants sur la « révolution de la billetterie » : sous prétexte de « progrès », on a d’abord supprimé le ticket carton pour le remplacer par la carte Navigo Easy rechargeable vendue 2 €. Deux euros pour avoir le droit d’acheter des trajets ! Multiplié par le nombre d’usagers, la RATP s’est mis dans la poche plusieurs millions d’euros d’un coup. Belle prise ! De quoi payer plusieurs années les salaires de cadres-militants issus de la diversité, comme ce fut le cas pour un certain Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis.

Autre « révolution » : le tarif unique, présenté comme égalitaire alors qu’il cache en définitive une augmentation déguisée. Pourquoi l’usager paierait-il pour 5 zones, lorsqu’il n’en utilise que deux ? Alors on va nous raconter la fable de la femme de ménage qui habite à Goussainville et qui vient travailler à Paris dans les beaux quartiers. Il n’est pas normal qu’elle soit « pénalisée », comme s’il n’y avait pas d’autres moyens pour alléger sa facture, comme la cotisation patronale ou la Tarification Solidarité Transport, mise en place depuis 2004.

https://solidarite-transport.iledefrance-mobilites.fr/

On ne demande pas à Île-de-France Mobilités de faire de la redistribution mais de conduire les usagers d’un point A à un point B dans des conditions décentes et pour un prix raisonnable.

Précisons le statut juridique d’Île-de-France Mobilités (anciennement STIF) : c’est un établissement public à caractère administratif (EPA) local. Il agit en tant qu’Autorité Organisatrice de la Mobilité (AOM) pour la région.

Si les prix explosent (le Navigo mensuel dépasse les 90 euros), on met en avant les coûts d’exploitation mais beaucoup plus rarement le fléau de la fraude.

https://www.publicsenat.fr/actualites/parlementaire/le-senat-indexe-le-tarif-des-transports-en-commun-sur-linflation

Sur de nombreuses lignes de bus, et particulièrement en banlieue, le transport gratis est presque devenu la règle et l’achat d’un « titre de transport », l’exception. De ce fait, les bus sont souvent bondés. Rares sont les chauffeurs courageux qui rappellent qu’on ne doit pas monter dans le bus par les portes de sortie et que l’on doit valider son titre de transport. Ils savent qu’ils prennent des risques en insistant et qu’en cas de problème, rien ne garantit que leur hiérarchie les soutiendra. L’excès de zèle ne paie pas ! « Conduis ton bus et t’occupe pas du reste ! ». Il n’y a qu’en France que le laxisme atteint de tels sommets !

Bien sûr, il y a des équipes de contrôleurs qui passent de temps en temps. Mais le risque est faible en cas d’infraction : le plus souvent, une injonction au contrevenant à descendre du bus. Et s’il s’agit d’un mineur, tout est pardonné, après quelques minutes  de baratin. Parfois, mais pas toujours, entre gens de la diversité, on se comprend !

Le préjudice est évalué à 700 millions d’euros par an par Île-de-France Mobilités (contre 250 millions en Allemagne). L’achat de la « paix sociale » ? Mme Pécresse veut le réduire de moitié (mais pourquoi pas dans sa totalité ?).

Le taux moyen de fraude en France (tous transports confondus) est estimé à 8 % alors qu’il plafonne à 3,5 % en Allemagne selon  l’Union des entreprises de transport allemandes (VDV). Il est vrai qu’en droit allemand, la fraude aux transports constitue un délit pénal passible d’un an d’emprisonnement.

https://presse.iledefrance-mobilites.fr/lancement-du-plan-contre-la-fraude-dans-les-transports-en-commun-franciliens/?lang=fr

Mais il y a le deux poids, deux mesures : par exemple, si vous vous rendez à Chantilly-Gouvieux  situé « hors Île-de-France », il vous faudra acheter un supplément  à partir de Survilliers-Fosse, dernière station de la zone 5. Et là, c’est le parcours du combattant : machines inadaptées ou en panne, validations difficiles, difficulté à acheter le supplément à l’avance. Et comme par hasard, les contrôleurs ne vous loupent pas… C’est bon pour les statistiques de lutte contre la fraude !

Le métro parisien offre également un spectacle de fraudes inédit : accès par les portes de sortie, sauts de tripodes, passages derrière quelqu’un, au su et au vu de tout le monde, y compris de la police parfois présente.

Le touriste qui sort de la gare du Nord par la sortie « boulevard de la Chapelle » ne sera pas déçu du voyage : entre les vendeurs à la sauvette attitrés, les resquilleurs, les mauvaises odeurs, il se frayera un chemin pour arriver finalement sur le camping en plein air gratuit pour migrants situé sous la ligne 2 du métro…

La RATP, tout comme la SNCF, sont dépassées par les événements.  Le seul domaine qui semble encore faire l’objet d’une attention particulière, c’est  la com’ ! Faire croire aux usagers qu’on pense bien à eux et que toutes les décisions qui sont prises en haut lieu le sont pour leur bien.

Mais pour la mission de service public, c’est « peut mieux faire » !

Hector Poupon

Ripostelaique.com

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