Cher abonné, chère abonnée,
Nous vous remercions d’avoir choisi l’Offre Découverte Mobilité Décarbonée et espérons qu’elle vous aura donné toute satisfaction. Conformément à l’article 4.2 des conditions générales que vous avez acceptées en cochant la case « bonus écologique », nous vous informons que votre tarif préférentiel va évoluer.
Cette évolution peut vous surprendre, mais rassurez-vous, elle figurait bien au contrat.
Ce changement est déjà confirmé par notre homologue britannique : à compter du 1er avril 2028, l’abonné d’outre-Manche acquittera 3 pence par mile, soit 2,2 centimes d’euro du kilomètre pour un véhicule électrique et la moitié pour un hybride rechargeable, sur un parc de 5,6 millions de véhicules, pour un produit attendu de 1,1 milliard de livres dès le premier exercice. Le tarif sera indexé sur l’inflation à partir de 2029, afin que la Qualité de Service ne se dégrade pas avec le temps.
C’est pourquoi nous introduisons la PLUME.
La PLUME (Participation Locale à l’Usage des Mobilités Électriques) se décline en trois paliers, pensés pour épouser vos usages :
- le palier Essentiel couvre le trajet domicile-travail et absolument rien d’autre, hypothèse que nos études de mobilité jugent raisonnable.
- le palier Confort autorise le week-end, hors ZFE et hors période de pointe.
- le palier Grand Rouleur s’adresse à l’artisan, à l’infirmière libérale et au provincial, clientèle dont le kilométrage exprime à l’évidence une contribution volontaire au redressement des comptes publics.
- l’option Vacances reste disponible sur demande.
Les frais de résiliation seront fixés en 2035, date à laquelle l’abonnement devient commodément obligatoire.
Nos archives indiquent par ailleurs que vous êtes un client de longue date : vous aviez souscrit le forfait Gazole, commercialisé à partir des années 1980 avec un différentiel de taxation avantageux. L’offre a d’ailleurs fini par représenter les trois quarts des immatriculations neuves. Le rattrapage tarifaire a été engagé en 2015, puis ralenti fin 2018 à la demande d’une clientèle en gilet jaune particulièrement expressive.
Le passage à l’électrique de cette nouvelle PLUME ne vous surprendra donc pas.
Certes, l’électricité qui alimente votre batterie est déjà facturée puisque votre kWh supporte :
- l’accise sur l’électricité, 30,85 euros du mégawattheure, dont une majoration zones non interconnectées qui passera de 5,66 à 5,93 euros au 1er août,
- la contribution tarifaire d’acheminement, qui finance les retraites cossues des personnels des industries électriques et gazières, et
- une TVA à 20 % appliquée sur l’ensemble y compris les taxes, le tout représentant environ un tiers de votre facture.
Que ce kWh serve une tondeuse, un lave-linge ou une berline, peu importe : la PLUME, même légère, sait se faire sentir puisque nous facturons ainsi l’énergie puis le déplacement de l’énergie. Et le fait que le réseau routier est financé par ailleurs n’entre pas en compte ici.
Et réjouissez-vous ! Certaines clauses sont déjà entrées en vigueur sans que vous ayez eu la moindre démarche à accomplir.
Depuis le 1er mai 2025, la quasi-totalité des régions a supprimé l’exonération de carte grise dont bénéficiait votre véhicule, la région Hauts-de-France étant la seule à maintenir une remise commerciale de 50 %. Dans le cadre de notre nouveau Contrat de Solidarité Joyeuse, cette promotion prend fin.
D’autre part, nous tenons à vous rassurer sur notre expérience en matière de facturation kilométrique, et sur la modalité technique sur laquelle nous souhaitons être parfaitement transparents.
Le dispositif britannique repose sur le relevé déclaratif du compteur au renouvellement de la vignette, avec régularisation ultérieure, nos confrères reconnaissant eux-mêmes que la fréquence des compteurs trafiqués rend le contrôle aléatoire. Nous apprenons de cette expérience étrangère et même si, en l’état actuel, aucun mouchard boîtier embarqué n’est prévu, il va sans dire que nous nous réservons la possibilité d’une géolocalisation permanente pour améliorer nos services. Du reste, votre véhicule transmet sa position, sa vitesse et son état de charge à son constructeur depuis sa sortie d’usine ; moyennant un petit décret d’application, nous ne ferions que nous placer dans le flux correspondant.
Bien sûr, nous nous engageons à vous en informer par courriel.
L’alternative consistera à mettre en services les portiques Écotaxe : ce dispositif, déployé en 2013 avec 174 portiques, qui a coûté 957,58 millions d’euros d’indemnités au consortium Ecomouv’, 70 millions pour installer puis désinstaller, a été revendu pour 2,19 millions sans avoir jamais servi. C’est dommage.
Ils pourraient donc servir d’autant qu’ils ont été amortis : quatre centimes de TICPE supplémentaires par litre de gazole dès janvier 2015, soit quelque 650 millions d’euros par an ont été aspirés sur le dos d’automobilistes qui n’étaient nullement concernés par cette écotaxe qui n’en a pas moins été religieusement inscrite à la rubrique des recettes manquantes entre 2014 et 2024 pour 9,8 milliards d’euros.
Enfin, une dernière précision : notre homologue britannique estime que la mesure supprimera environ 440.000 ventes de véhicules électriques. Nous avons subventionné l’achat pour que vous rouliez électrique, nous taxons l’usage pour compenser le succès de la subvention, et notre propre bureau d’études annonce que la taxe annulera la subvention. Tout se déroule donc exactement comme prévu.
Nous vous remercions de votre fidélité.
La PLUME sera légère, mais vous l’aurez dans le cul la sentirez passer. Reproduction autorisée avec la mention suivante :
© H16. Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur (son site) Juvénal de Lyon
Ces gens ont réussi l’exploit d’inventer le mouvement perpétuel, que des chercheurs n’ont jamais pu mettre au point. Tu consommes, tu paies, tu consommes, tu paies, un peu comme une vis sans fin, ou plutôt un vice sans fin. Autres pistes : installer un compteur d’air dans le nez des personnes, style puce linky électronique reliée par radio. La facturation se fera au mètre cube. Et l’obligation de porter un slip catalytique qui filtrera les particules émanant du propriétaire, très utile pour les soirées cassoulet par exemple. Ledit slip devra passer au contrôle technique anti-pollution, contrôle payant bien sûr.
Mon intelligence (artificielle bien sûr) m’indique que Nicolas est ponctionné de 54 % par les diverses taxes prélevées sur 1 litre de diesel, soit 1,20 euro par litre !!! FAUDRA BIEN COMPENSER ET L’ÉNARCHIE EN A PERDU SON LATIN ! « Faut prendre l’argent là ou qu’ ELLE est » disait Georges Marchais à Elkabach ! Nicolas gronde, tl va finir par être complètement raqué…