Ah, l’été 2026, on n’a pas fini d’en parler ! Et nos descendants de nous maudire !
La France étouffe sous la dette, les Français s’interrogent sur le prix du beurre, Macron envoie des millions à Zelensky et finance des projets plus ou moins oiseux aux quatre coins de la planète, l’armée se prépare (on nous le jure) à un éventuel conflit… et Yaël Braun-Pivet, président de l’Assemblée nationale, a une idée géniale : y construire un pavillon d’accueil en verre de 4 000 m² pour 52,8 millions d’euros. Une paille. Il y avait urgence, il y avait le feu au lac…?
Oui, vous avez bien lu. Cinquante-trois millions d’euros. Pour remplacer un bâtiment de 1888 qui, d’après les spécialistes du patrimoine, s’intégrait plutôt bien dans le décor. À la place : un truc moderne, transparent, avec cafétéria, boutique, auditorium et sous-sols. Un « à-venir » digne d’un showroom high-tech. Certains le comparent déjà à un Apple Store à Dubaï. D’autres parlent d’enlaidissement de Paris. Stéphane Bern s’étrangle. Une pétition a dépassé les 90 000 signatures. Et notre vieille ennemie Yaël se dit dépassée par les critiques « sur un projet que les gens ne connaissent pas » . Ben voyons!
On la comprend. Quand on est député de la République, on a forcément une vision plus élevée du besoin vital d’un hall d’entrée design pour les 200 000 visiteurs annuels. Les conditions actuelles sont « déplorables, » paraît-il. Pas dignes d’une démocratie. Il faut donc absolument une façade de verre qui dialogue avec la colonnade historique face à la Concorde. Parce que rien ne dit mieux République qu’un cube transparent où l’on pourra acheter un mug Assemblée nationale en attendant son tour pour la visite guidée.
Bien sûr, on nous explique que c’est autofinancé sur les réserves de l’Assemblée. Pas d’argent public supplémentaire. Rassurant. Comme si ces réserves ne venaient pas, d’une façon ou d’une autre, du contribuable. Comme si, dans un pays où l’on parle d’économies budgétaires, d’efforts sur la sécurité civile et de priorités stratégiques, on ne pouvait pas imaginer un usage un tant soit peu moins… prioritaire de 53 millions.
Mais non. Pendant que l’on s’inquiète de la capacité de l’armée à tenir un conflit, que l’on verse allègrement à l’Ukraine et que l’on saupoudre des projets à l’autre bout du monde, le Palais Bourbon a besoin de son temple de verre. C’est une question de dignité démocratique. Les Français qui galèrent à finir le mois comprendront forcément : mieux vaut un bel accueil pour les visiteurs qu’un peu moins de dette ou un Canadair de plus.
Ci-dessus le premier projet qui avait été fait et retoqué. Le projet gagnant (avec sa façade en verre) avait été approuvé à l’unanimité en septembre 2024 par le bureau de l’Assemblée, sa plus haute instance exécutive. Patatras, quelques mois plus tard, Yaël Braun-Pivet était contrainte de retirer le permis de construire. Le bâtiment prévu était effectivement trop haut, et creuser sous des espaces protégés est en l’état interdit. De quoi mettre un coup d’arrêt définitif au projet ? Que nenni… Source Et un nouveau projet est né approuvé par la clique à Grégoire, au Conseil de Paris… qui suscite autant d’oppositions !
Yaël est dépassée, dit-elle. Les critiques fusent sur un projet qu’ils ne connaissent pas. Peut-être. Ou peut-être que les gens, eux, connaissent très bien le prix du mètre carré de verre face à la Seine, et le décalage avec le reste du pays. Peut-être qu’ils ont juste l’impression que, une fois de plus, les priorités de certains élus ne coïncident pas exactement avec celles de ceux qui paient.
En attendant, le projet avance (ou reprend) grâce à l’avis favorable du Conseil de Paris. Il reste des autorisations à obtenir, des architectes des Bâtiments de France à convaincre, une enquête publique… et une opinion qui, pour l’instant, préfère clairement le vieux pavillon de 1888 à la version « expérience immersive » (sic !).
Courage, Yaël. Dans un pays endetté jusqu’au cou, qui envoie de l’argent un peu partout et qui se prépare (théoriquement) à des temps plus durs, il y a toujours de la place pour un beau pavillon de verre. C’est ça, l’élégance française : savoir que même si le bateau prend l’eau, il faut absolument un hall d’entrée digne de ce nom.
Après tout, si les visiteurs ne sont pas correctement accueillis, comment sauront-ils que la démocratie française brille encore… à travers une belle façade transparente ?
Christine Tasin
P.S j‘avais oublié de signaler que, forcément, derrière Braun-Pivet, il y a Macron, celui qui rêve de dépoussiérer notre vieux monde et de laisser son nom ignoble et sa patte tout aussi ignoble dans notre pays.
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