La toile ne bruit que de la polémique qui oppose Matthieu Pigasse, Bally Bagayoko et Marion Maréchal autour de l’expression « Français de souche« . Les arguments volent, tiennent ou pas… moi, cette polémique ne me convient pas car, à mon. sens, le problème est mal posé et les arguments des deux partis qui ont lancé la bataille ne me conviennent pas.
Ce qui a déclenché la « disputatio »
Le 17 août 2026, Marion Maréchal publie une vidéo sur la crise du logement. Elle y lie en partie la pénurie aux flux migratoires (environ 400 000 immigrés par an selon ses chiffres), souligne que les immigrés sont surreprésentés dans le logement social (11 % des Français sans ascendance migratoire récente y vivent, contre 35 % des immigrés, jusqu’à 49-57 % pour certaines nationalités d’origine algérienne, malienne ou sénégalaise), et estime qu’un million de HLM ont été attribués à des familles étrangères en huit ans. Elle plaide pour maîtriser l’immigration et réserver les logements sociaux aux Français. Marion Maréchal n’est pas ma tasse de thé, loin de là, au contraire, mais sur ce sujet, ses arguments ne sont pas faux, les résistants à l’islamisation dont je fais partie lient immigration et islamisation et s’arrachent les cheveux de voir des territoires entiers s’islamiser et… repousser l’histoire, les valeurs et les traditions du « Français de souche ».
En réponse, le 19 août, l’homme d’affaire Matthieu Pigasse figure de la gauche « progressiste ») répond sur X :
« Les “Français de souche”, dont vous parlez, cela n’existe pas. La France est faite de migrations, de mélanges, de générations qui se succèdent et construisent une histoire commune. »
Il accuse Maréchal d’obsession identitaire et de « vomi identitaire » face à la crise du logement (qu’il attribue plutôt à la chute de la construction, à l’encadrement des loyers, au foncier, etc.).
Le même jour, Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine, né en 1973 à Levallois-Perret de parents maliens, reprend la formule :
« Les Français de souche, dont vous parlez, cela n’existe pas. La France est faite de migrations, de mélanges, de générations qui se succèdent et construisent une histoire commune.
Et Pigasse d’ajouter : Cap vers la Nouvelle France ! Ce qui pousse Marion maréchal à argumenter : » Messieurs Pigasse et Bagayoko, s’il y a une “nouvelle France”, c’est donc qu’il y a une “France d’avant”. Précisément celle que vous niez pour nous faire accepter sa disparition. »Cette France est issue du peuplement historique du pays, qui, pendant 20 siècles, a été continu et quasi totalement homogène, avant les migrations intra-européennes du XIXe siècle, voisines géographiquement et culturellement, puis, très récemment, celles issues du monde entier. Il existe un peuple autochtone malien, algérien, chinois, indien. Le nieriez-vous ? Il existe aussi un peuple autochtone français, que l’on désigne comme “Français de souche”, un terme justement né en réaction à l’immigration extra-européenne massive. La France serait donc, selon vous, le seul pays au monde qui n’aurait pas de peuple natif. Vous occultez jusqu’à son existence même pour contester sa légitimité et lui faire accepter sa disparition et son remplacement au nom d’une idéologie multiculturelle. Pourquoi cette haine qui vous pousse à souhaiter la disparition de notre civilisation ? »
Bref, pour Pigasse et Bagayoko, l’expression Français de souche est une construction idéologique sans fondement. La France s’est toujours construite par apports successifs (migrations, mélanges). Ils promeuvent une Nouvelle France (concept porté notamment par Mélenchon et LFI) qui assume pleinement la diversité issue de l’immigration récente et refuse toute hiérarchie entre Français selon l’ancienneté ou l’origine ethnique.
– Pour Maréchal, Il existe un peuplement historique autochtone français (continuité démographique et culturelle sur deux millénaires, avec des apports européens proches au XIXe siècle). Le terme Français de souche désigne précisément ce peuple natif, par analogie avec les peuples autochtones d’autres pays. Nier son existence servirait, selon elle, à légitimer un remplacement démographique et culturel au nom du multiculturalisme.
Ces positions s’inscrivent dans un clivage plus large : vision républicaine-universaliste ou progressive-pluraliste (la France comme projet politique et culturel ouvert, où l’appartenance se construit par adhésion) contre vision identitaire-historique » (la France comme nation héritière d’un peuple particulier, avec une continuité ethnique et civilisationnelle).
Je propose quant à moi une définition plus large et qualitative que l’exemple de Léopold Senghor peut, à mon sens et expliciter et représenter, à savoir que si être « Français de souche » c’est être né Français et avoir la nationalité française il faut AUSSI et SURTOUT se sentir français jusqu’au bout de ongles, ce qui était le cas de Léopold Sédar Senghor, Sénégalais de naissance, Noir, qui a étudié en France (khâgne à Louis-le-Grand, agrégé de grammaire), enseigné le français, le latin et le grec, siégé comme député et ministre en France, fondé la Francophonie, et été le premier Africain élu à l’Académie française. Il a profondément aimé et enrichi la culture française tout en affirmant la Négritude et en devenant président du Sénégal indépendant. Je sais que nombre d’identitaires/patriotes français sont en profond désaccord avec moi, ils prônent une France blanche et donc refusent la négritude, préférant, finalement, un traître à la patrie comme Mélenchon parce que blanc à un authentique amoureux de la France comme Senghor…
A mes yeux, au contraire, Senghor illustre parfaitement une « francité » d’adhésion et de culture et je me fous de la couleur de sa peau, et ils sont des millions dans ce cas, on a eu par exemple des Zola, des Giono, des Cavanna, des Léonard de Vinci… dont les parents étaient d’origine italienne mais qui ont été plus français de souche que nombre de ceux qui alignent 15 générations de Français parmi leurs aïeux. Et je ne parlerai pas de tous ceux qui se sont fait trouer la peau pour la France au cours de notre histoire, bien que leurs ancêtres n’aient pas toujours été français. Que dire par exemple des Harkis en 1962 en Algérie ?
Je reviens à mes moutons et à l’exemple de Senghor. Il a lui-même parlé de « métissage », de « francité » (l’esprit de la civilisation française) et « d’humanisme intégral ». Il n’était pourtant pas « de souche » au sens strictement généalogique ou autochtone que défend Maréchal (il est né sujet colonial au Sénégal, naturalisé français en 1933), mais il incarnait une forme exemplaire d’attachement à la France par le choix, l’étude, la langue et les valeurs.
Beaucoup de Français d’origine immigrée (comme Bagayoko, Français de naissance) se reconnaissent dans cette logique : la couleur de peau ou le lieu de naissance des parents comptent moins que le sentiment d’appartenance, la France a été bâtie par des générations successives qui s’y sont investies, d’origine française ou pas… Mais là où le bât blesse c’est que Bagayoko, comme Pigasse, comme Mélenchon… défendent l’idée de la rupture, de la différence, ils exigent quasiment que tous les Français, piqués par le virus « mélenchon-yoko »jettent aux horties ce qui constituait justement le sentiment d’appartenance et n’aiment vraiment au fond que ce qui crée disruption, coupure, antagonisme, art, musique, histoire, littérature...En effet ils crachent sur notre histoire commune, la méprisent, la haïssent… Or peut-on vouloir être français alors qu’on vient d’ailleurs et cracher sur cette France qu’on choisit ???? Allo, Freud…
Cette vision rejoint en partie Pigasse et Bagayoko (la France se construit par les générations successives qui s’y investissent), tout en laissant ouverte la question de Maréchal : une continuité démographique et culturelle historique existe-t-elle, et a-t-elle une légitimité particulière face à des apports massifs et rapides d’origines très éloignées ?
Les faits historiques montrent à la fois une longue continuité du peuplement européen en France et de nombreux apports (Romains, Francs, migrations intra-européennes, puis extra-européennes). Senghor prouve qu’on peut être profondément français par la culture et le choix sans être de souche au sens ethnique.
La polémique actuelle cristallise un débat de fond sur ce que signifie être Français en 2026, entre héritage et devenir.
Je prétends quant à moi qu’on peut revendiquer un héritage, au nom de l’appartenance à un pays, sans le sacraliser (je suis républicaine, pro 1789, pro Robespierre, anti-royaliste féroce, mais je ne crache pas sur Clovis, Charles Martel, François 1er, Henri IV... ). Or je crains bien que les Mélenchon et Bagayoko ne soient de ceux qui détruisent les traces de ceux qui, avant, dans leur pays, ne pensaient pas comme eux.
Quelques exemples ? Au hasard, Pol Pot, Mao, Hitler, Gengis Khan, Fidel Castro, Khomeini…
Il faut bien reconnaître que l’on n’a pas besoin de penser comme Maréchal ou comme Pigasse pour tout casser et imposer un tyran qui écrase tout… Ils en sont tous les deux capables, ambitieux et désireux de laisser leur marque sur l’histoire… Tous les dirigeants, peuvent, à un moment donné, basculer du côte de la Force obscure. Tous. A nous, électeurs, de savoir voir les fous et les destructeurs qui se cachent derrière de belles paroles.
Christine Tasin
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