La dette française… monument entretenu avec amour et un découvert permanent

Au premier trimestre 2026, la dette publique française a gentiment grimpé à 3 536 milliards d’euros, soit 117,5 % du PIB. Fin 2025, on était déjà à 115,7 %, un record qui bat même le pic de la crise Covid. Bravo, on a réussi l’exploit d’être le seul grand endetté de la zone euro à dépasser le sommet de 2020. Les voisins réduisent, nous on empile. C’est notre spécificité culturelle, comme le fromage ou les grèves.

Le déficit public a bien « baissé » à 5,1 % du PIB en 2025 (après 5,8 % en 2024). Une belle performance… entièrement due à des hausses d’impôts, pendant que les dépenses continuaient leur petit bonhomme de chemin. Pour 2026, on vise environ 5 %, avec une dette qui devrait approcher les 118,5 %. Autrement dit : on ralentit un peu la vitesse à laquelle on fonce dans le mur, mais on fonce toujours.

Le plus joli, c’est l’effet boule de neige qui s’installe. Les taux remontent, la charge d’intérêts explose (déjà plus de 65 milliards en 2025, en route vers 77 milliards en 2026). Elle mange désormais autant que l’Éducation nationale hors pensions, et bientôt elle rivalisera avec la défense. Pendant ce temps, la croissance reste molle, le spread avec l’Allemagne se creuse, et les OAT (Obligation assimilable au Trésor)à 10 ans flirtent avec des niveaux qu’on n’avait plus vus depuis 2008. Les marchés observent poliment… pour l’instant.

20 août dernier : https://www.abcbourse.com/marches/la-france-emet-pour-12-5-milliards-d-euros-d-oat-a-moyen-terme-avec-des-taux-en_701448

Et 2027 approche. La présidentielle. Tout le monde sait qu’il faudra un jour faire des choix douloureux (réduire vraiment les dépenses, ou augmenter encore les impôts, ou les deux). Mais personne n’a envie de le dire trop fort avant les urnes. La dette est donc l’otage silencieuse de la campagne : on la regarde, on s’inquiète un peu, on promet des trajectoires vertueuses… et on reporte. Comme d’habitude. Jusqu’à ce que les marchés, ou la BCE, décident que le spectacle a assez duré.

En résumé : on emprunte pour payer les intérêts de ce qu’on a déjà emprunté, on se console en disant que « ce n’est pas encore la crise grecque » , et on attend 2027 en croisant les doigts pour que la magie monétaire européenne tienne encore un peu.

C’est presque beau, non ? Un art de vivre. Jusqu’à ce que ça ne le soit plus. Bref, on attend paisiblement que le ciel nous tombe sur la tête, mais l’essentiel est surtout de ne pas affoler les connards d’électeurs qui pourraient, pour une fois, ne plus écouter la presse aux ordres et lâcher le système…

Jeanne La Pucelle

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