François Burgat pose au Forum de Doha, au Qatar le 27 mars 2022. (Image d’illustration)
AFP
Les dessous de la condamnation de l’islamologue François Burgat
Relaxé en première instance pour ses messages sur le Hamas, l’ancien directeur de recherches au CNRS a été condamné en appel le 27 mai à une amende et au dédommagement des parties civiles.
Relaxé le 24 avril 2025 pour le délit d’apologie publique d’actes de terrorisme, l’universitaire François Burgat, 78 ans (1), a été condamné en appel le 27 mai.
Et, dans ses termes mêmes, la décision de la cour d’appel d’Aix-en-Provence prend une importance toute particulière dans une affaire symbolique où défense, accusation et parties civiles se sont affrontées sur les notions de liberté d’expression et de soutien d’organisations terroristes. Une affaire qui n’est au demeurant pas encore close puisque la défense a formé un pourvoi en cassation.
Ancien directeur de l’Institut français du Proche-Orient, François Burgat était poursuivi pour une série de propos tenus ou repostés sur son compte X courant 2024. Il avait notamment reposté un communiqué du Hamas condamnant une enquête du New York Times sur les crimes sexuels perpétrés le 7 octobre 2023. Le Hamas y saluait « l’opération bénie Déluge al-Aqsa » et dénonçait une « tentative sioniste visant à diaboliser la résistance ». Les assaillants du 7 octobre étaient qualifiés de « résistants », de « combattants de la liberté et de la dignité » qui « ont accompli leur mission avec toute leur virilité et leur honneur ».
Respect
Dans un autre message, François Burgat précisait : « j’ai infiniment, je dis bien infiniment, plus de respect pour les dirigeants du Hamas que pour ceux de l’État d’Israël ». Avant d’expliquer « le contexte où [son] respect et [son] admiration pour le Hamas se sont affirmés (2006) ».
Voilà pour le Hamas. François Burgat était également poursuivi pour son message de décembre 2024 sur la condamnation de l’activiste islamiste Abdelhakim Sefrioui à 15 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste dans l’affaire Paty. Le jour du verdict, il écrivait : « le verdict Paty (prononcé en présence d’Alain Finkielkraut) explicite un triste jalon de l’histoire contemporaine de la France : sa sortie de l’État de droit. Nous sommes tous des «terroristes».
Le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence ayant relaxé le prévenu le 24 avril 2025, le ministère public a fait appel le 30 mai suivi par les trois parties civiles (la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, Avocats sans frontières et l’Organisation juive européenne). L’accusation avait requis en appel un an de prison avec sursis.
Soutien au Hamas
La cour a finalement condamné François Burgat pour ses propos sur le Hamas à 5 000 euros d’amende, trois ans d’inéligibilité et au versement de 4 000 euros à chaque partie civile. Il n’est pas inscrit au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes. Une décision qualifiée de « trop peu sévère » ou au contraire de « particulièrement lourde » selon les parties.
Mais au-delà, c’est bien le texte même du jugement qui a son importance.
Dans sa décision, la cour d’appel a ainsi tenu à souligner que « la liberté d’expression revêt une importance particulière lorsqu’elle s’exerce dans le cadre de la recherche, de l’enseignement supérieur ou du débat d’intérêt général, lesquels bénéficient, dans une société démocratique, d’une protection renforcée ». Ajoutant que cette protection ne peut s’étendre à des propos excédant « indépendamment de la qualité de leur auteur ou du cadre académique allégué (…) le registre de la recherche ou du commentaire politique pour constituer une incitation publique à porter un jugement favorable sur des actes de terrorisme ou sur leurs auteurs ».
Or pour les magistrats, « les déclarations de François Burgat lors de sa garde à vue confirment sans ambiguïté que ses publications s’inscrivent bien, selon lui, dans une lecture politique et morale des attaques du 7 octobre 2023. Interrogé sur la qualification terroriste du Hamas, il déclarait ainsi qu’il était « difficile » de dissocier cette organisation de « la résistance menée contre l’occupation de son territoire » et résumait sa lecture des événements du 7 octobre comme « une révolte des prisonniers contre leurs violents geôliers » ».
Audience importante
La cour relève que « lors de sa garde à vue puis à l’audience », le prévenu « a soutenu que [ses] propos ne visaient que la branche politique du Hamas et non sa branche militaire », une argumentation balayée comme « particulièrement artificielle ou, à tout le moins, largement poreuse ». La publication litigieuse et les commentaires de l’universitaire n’avaient donc rien à voir aux yeux de la justice avec « un travail académique » ou « une analyse distanciée et nuancée des événements », mais s‘inscrivent « dans une logique assumée de valorisation des auteurs des attaques du 7 octobre 2023 ».
Restait à juger d’une « démarche tendant à inciter publiquement autrui à porter un jugement favorable sur les attaques du 7 octobre 2023 ou sur leurs auteurs ». La cour d’appel remarque que les messages ont été diffusés publiquement « sur le réseau social X, support caractérisé par l’immédiateté, la viralité et la diffusion rapide de messages courts, souvent dépourvus des nuances, développements et contextualisations propres au débat universitaire ». Un réseau social sur lequel le prévenu, « universitaire reconnu, spécialiste du monde arabe et de l’islam politique, disposait d’une audience importante de plusieurs dizaines de milliers d’abonnés et bénéficiait, auprès d’une partie de son public, d’une autorité intellectuelle certaine auprès de ses abonnés ».
Et d’enfoncer le clou, en notant que « l’emploi des termes « respect », « considération » et « admiration », associés à la publication préalable d’un communiqué glorifiant les auteurs des attaques du 7 octobre 2023, ne pouvait, pour un lecteur normalement attentif, être compris comme la simple expression d’une analyse universitaire distanciée ou d’une réflexion théorique sur l’histoire politique du Hamas ».
Outrances ou liberté de critique
Concernant ses propos sur le verdict du procès Paty, la cour évoque des « termes particulièrement polémiques, outranciers et de nature à heurter légitimement les victimes du terrorisme ainsi qu’une partie importante de l’opinion publique ». Mais juge que « le message litigieux ne comporte aucune valorisation identifiable de l’assassinat de Samuel Paty, aucune glorification de son auteur, ni aucune justification du passage à l’acte terroriste » et relève d’une « dénonciation polémique du verdict rendu ». Et la cour a relaxé le prévenu sur ce point.
Après cette décision symbolique et en demi-teinte, le débat autour de l’affaire Burgat se poursuit. Avocat de la LICRA, Me Serge Tavitian salue une « condamnation pour apologie du terrorisme [qui] a le mérite d’éclairer la dérive radicale et les outrances de François Burgat ». Mais il juge décevante « la réponse judiciaire sur les propos concernant le procès Paty. C’est un mauvais signal. François Burgat a reconnu être membre du comité de soutien de l’islamiste Abdelhakim Sefrioui. Et le jour du verdict, cet intellectuel, cet ancien enseignant a décidé d’enflammer le débat et de déclarer l’accusé innocent sans un mot pour les victimes. Or l’attentat contre Samuel Paty a démontré que les mots sont importants et qu’ils peuvent tuer ».
La tonalité est bien différente du côté de la défense. Me Lucie Simon, avocate de François Burgat, dénonce « une atteinte préoccupante à la liberté d’expression, qui doit être d’autant plus protégée s’agissant d’un ancien chercheur, et surtout d’un sujet d’intérêt général qu’est le conflit israélo-palestinien ». Elle déplore les dommages et intérêts à des « parties civiles dont l’intervention s’inscrit dans une démarche essentiellement politique ». Et conclut que « cette décision soulève des questions fondamentales sur la protection du débat intellectuel et de la liberté de critique dans une société démocratique ». Quant à l’intéressé, il a, sur son blog hébergé par Mediapart, adressé le message suivant aux magistrats : « le système judiciaire travaille, quoi qu’il s’en défende, sous étroite tutelle du pouvoir politique» par ailleurs décrit « sous perfusion sioniste ».
o source
(1) (note de Juvénal) L’universitaire François Burgat ne pouvait invoquer des propos hâtifs ou l’ignorance, eu égard à son CV. Âgé de 78 ans, il est né le 2 avril 1948 à Chambéry, arabisant, pilier de l’Institut de recherche et d’études sur le monde arabe et musulman d’Aix-en-Provence (Iremam), a été « directeur de recherche au CNRS » de 2016 à 2021, directeur de plusieurs instituts culturels et scientifiques français au Proche-Orient dans les années 1990 et 2000, président du conseil scientifique et administratif du Centre arabe de recherches et d’études politiques (Carep), membre du comité de rédaction de la revue L’Orient XXI, auteur de plusieurs ouvrages sur l’islam politique, dont L’Islamisme en face (La Découverte, 1995) et Comprendre l’islam politique (La Découverte, 2016), etc…. etc.(https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Burgat
Verdict : « AU REGARD DE L’ENSEMBLE DE CES ÉLÉMENTS, LA COUR CONDAMNE FRANÇOIS BURGAT À 5 000 EUROS D’AMENDE. IL EST ÉGALEMENT CONDAMNÉ À VERSER TROIS FOIS 1 500 EUROS DE DOMMAGES ET INTÉRÊTS, À LA LICRA, À L’ORGANISATION JUIVE EUROPÉENNE ET À AVOCATS SANS FRONTIÈRES, PLUS TROIS FOIS 2 500 EUROS AUX MÊMES ASSOCIATIONS, AU TITRE DES FRAIS EXPOSÉS EN CAUSE D’APPEL. » Juvénal de Lyon
Note de C.Tasin
Pour ceux qui ne connaîtraient pas Burgat notre vieil ennemi :
L’ennemi de l’intérieur se planque aussi au C.N.R.S. et s’y montre très actif
Finkielkraut reçoit François Burgat : « le terrorisme est souvent une contre-violence »
Elle dénonce les frères musulmans ? A mort ! Burgat à la manoeuvre, le CNRS de se taire !
François Burgat accuse les non musulmans d’être responsables du terrorisme musulman et du djihadisme !
La seule chose qui inquiète le journaleux Burgat, c’est le commissariat de Trappes !
Apologie du terrorisme : relaxe pour le lécheur de babouches Burgat, admirateur du Hamas
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Tout islamophile neutralisé, condamné, expulsé est pour moi source de joie et de réconfort. « Qu’importe le flacon ,pourvu qu’on ait l’ivresse ».
Merci chère Christine pour l’ addendum éclairant sur ce type !
Merci et bravo Juvenal pour cet article.
Il n’a aucun recul avec la matière qu’il enseigne dont il est un militant. Et cet islamiste fut directeur au CNRS ! BIGRE !!! On aimerait savoir ce que ses subordonnés en pensaient? Qui les nommait? Les infiltrait-il lui-même dans l’institution ?
Merci chère Christine pour cet addendum en rappel. Ce type est un collabo du Nazislamisme !
Rimmel Hassan va-t-elle être épargnée par la justice pour des propos similaires ?
Bonjour,
Merci Juvénal pour cet article.