Ce matin, Donald Tusk a annoncé que la Pologne venait de déjouer une « tentative de provocation » à la frontière avec l’enclave russe de Kaliningrad.
Que s’est-il passé ?
Peu après minuit, dans la nuit du 2 au 3 novembre, les gardes-frontières polonais ont signalé « des mouvements inquiétants » sur le segment de 232 km qui sépare la Pologne de Kaliningrad, au nord-est.
Selon Tusk, on aurait observé des « individus avec des lampes torches » près de la clôture frontalière. Les services polonais et des services alliés, dont la CIA et le commandant suprême de l’OTAN en Europe Alexus Grynkewich, avertissaient depuis plusieurs semaines que la première quinzaine de novembre serait à risque.
Face à ces alertes, la Pologne avait déployé en préventif d’importants effectifs dans les régions (voïvodies) de Varmie-Mazurie et de Podlachie : police, garde-frontière, militaires et unités antiterroristes.
« Nous avons très rapidement mobilisé sur place les forces et les moyens nécessaires. Nous avons réussi à empêcher des tentatives de provocation, si c’était l’intention », a déclaré Tusk ce midi avant le Conseil des ministres.
Et il ajoute lui-même: « Bien entendu, nous ne serons jamais en mesure de le confirmer complètement ».
Et s’il y avait un contexte, contexte dont, bizarrement, personne ne parle… sauf nous, dés lundi dernier Pologne : 48 h de chaos autour du tribunal constitutionnel ?
Cette annonce intervient en effet en pleine crise constitutionnelle la plus grave depuis 1981. Depuis vendredi, Tusk est accusé par le Président Nawrocki et le PiS d’avoir tenté un coup de force contre le Tribunal constitutionnel. L’opposition parle d’un « coup d’État européiste ».
Hier matin, d’ailleurs, dans sa déclaration, Tusk a fait le lien: « les autorités voient de l’activité de la Russie et de politiciens pro-russes dans le monde et dans le pays, aussi dans cette crise » du Tribunal.
En clair : deux récits s’affrontent à Varsovie aujourd’hui.
Récit officiel : la Russie prépare des actes de diversion hybride à la frontière, y compris « l‘intrusion sur le territoire polonais d’individus armés« , comme lors du survol d’un hélicoptère russe pendant 42 secondes le 23 septembre dernier.
Récit de l’opposition : Tusk instrumentalise la menace russe pour détourner l’attention de sa tentative de prise de contrôle du Tribunal constitutionnel et pour justifier l’état d’exception.
Ce qui est certain, c’est que Tusk a prévenu que « la tension et l’escalade du côté russe allait perdurer » et que la vigilance reste maximale jusqu’à mi-novembre.
Et comme nos chefaillons européistes ne rêvent que de nous voir en guerre, on peut leur faire confiance pour souffler sur les braises… A suivre, article de Christine `Tasin :
Jeanne La Pucelle
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