Coût des émeutes pour les assureurs : 1,2 milliards, bien plus qu’en 2023 !

Visiter Paris, qu’ils disent… Joli montage à peine caricatural qui va faire le tour du monde, sans doute. 

 

Emeutes pour Nahel en 2023 : 798 millions d’euros de dégâts en une semaine selon les assureurs, plus d’1,2 milliard d’euros de dégâts pour le 17 octobre 2026 !

Les émeutes deviennent comme « des catastrophes naturelles »: la facture pour 2 jours pourrait flamber à 1,2 milliard d’euros pour les assureurs, bien plus qu’en 2023

Source 
https://www.bfmtv.com/economie/les-emeutes-deviennent-comme-des-catastrophes-naturelles-la-facture-pour-2-jours-pourrait-flamber-a-1-2-milliard-d-euros-pour-les-assureurs-bien-plus-qu-en-2023_AV-202610210065.html

 

La facture des violences du week-end s’annonce particulièrement salée pour les assureurs. Selon une première estimation de Morningstar DBRS, les émeutes des 17 et 18 octobre pourraient leur coûter jusqu’à 1,2 milliard d’euros, soit 50% de plus que celles de l’été 2023. Une flambée des indemnisations qui inquiète le secteur, alors que le patron d’Axa appelle l’État à prendre ses responsabilités.

Les émeutes du week-end pourraient devenir l’un des épisodes de violences urbaines les plus coûteux de l’histoire récente pour les assureurs français. Selon les analystes de l’agence internationale de notation financière, spécialisée dans l’évaluation du risque Morningstar DBRS, cités par le Financial Times, les pertes assurées pourraient atteindre 1,2 milliard d’euros. Des courtiers interrogés par le quotidien britannique estiment également que la facture pourrait dépasser le milliard d’euros.

Un montant considérable, d’autant que les violences se sont concentrées sur deux journées, les 17 et 18 octobre. À titre de comparaison, les émeutes de l’été 2023, qui avaient duré plus d’une semaine après la mort du jeune Nahel, avaient coûté 798 millions d’euros aux assureurs, selon France Assureurs. Si les premières estimations se confirment, la facture des violences d’octobre 2026 serait donc supérieure d’environ 50% à celle de 2023, malgré une durée nettement plus courte.

Comment expliquer une telle envolée ? Pour Marcos Alvarez, analyste chez Morningstar DBRS interrogé par le FT, les violences de ce week-end ont été particulièrement intenses et étendues géographiquement. L’inflation, qui a renchéri le coût des réparations et du remplacement des marchandises, contribue également à alourdir les indemnisations. Au moins 3.000 commerces ont été endommagés à travers le pays, selon un premier bilan communiqué par le ministre du Commerce Serge Papin.

Les émeutes deviennent « comme des catastrophes naturelles »

Au-delà de la facture immédiate, c’est surtout la répétition de ces épisodes de violences qui inquiète les assureurs. Pour Marcos Alvarez, les émeutes sont en train de devenir « comme des catastrophes naturelles » en France, avec la perspective de dégâts représentant plusieurs centaines de millions d’euros chaque année.

Une évolution qui pourrait profondément modifier la manière dont les compagnies d’assurance couvrent ces risques. Depuis le mouvement des Gilets jaunes en 2018, certains assureurs ont commencé à exclure les dommages liés aux grèves, émeutes et mouvements populaires de leurs contrats, obligeant les entreprises à souscrire des garanties spécifiques. D’autres ont choisi de maintenir leur couverture, mais en plafonnant les indemnisations.

C’est précisément cette difficulté croissante à assurer les dommages liés aux violences urbaines qui préoccupe Thomas Buberl, le directeur général d’Axa. Invité de BFM Business ce lundi 19 octobre, le dirigeant a rappelé les limites du rôle des compagnies d’assurance.

« L’assurance peut aider dans la réparation. Si ça arrive une fois, on peut aider à réparer. Mais si ça se répète, l’assurance n’est pas là pour protéger. L’État doit vraiment prendre son mandat de la sécurité interne au sérieux », a-t-il averti, appelant à éviter un « deuxième ou troisième week-end comme cela ».

Interrogé sur le risque que les assureurs finissent par ne plus être en mesure d’indemniser les victimes, Thomas Buberl a répondu sans détour : « Bien sûr ».

« L’assureur doit aussi être financièrement capable de tenir dans la durée », a-t-il insisté, rappelant que les Français paient déjà des impôts pour financer les forces de sécurité.

Une facture qui pourrait être répartie entre tous les assurés

Cette succession de violences intervient alors que le gouvernement prépare une réforme majeure de l’assurance contre les émeutes. Le dispositif prévoit de rendre obligatoire la couverture de ce risque dans les contrats d’assurance de dommages aux biens, avec un mécanisme de mutualisation destiné à répartir les coûts entre les assurés.

Son financement reposerait sur une contribution prélevée auprès des compagnies d’assurance, qui devrait être répercutée sur les primes payées par leurs clients. Le système bénéficierait également d’une garantie de l’État pouvant atteindre 4 milliards d’euros, par l’intermédiaire de la Caisse centrale de réassurance (CCR). Son taux, qui doit encore être fixé par arrêté, ne pourra pas dépasser 1,5% des primes encaissées sur les contrats couvrant les dommages aux véhicules, aux habitations et aux biens professionnels, ainsi que les pertes d’exploitation.

Si les assureurs seront juridiquement redevables de cette contribution, rien ne les empêchera de la répercuter sur les tarifs de leurs clients. Mais cette réforme doit encore obtenir le feu vert de la Commission européenne au regard des règles relatives aux aides d’État. Elle n’est donc pas entrée en vigueur et ne devrait pas couvrir rétroactivement les dégâts du week-end.

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