Il fallait voir la scène. Pendant des mois, ils ont soufflé sur les braises. Et maintenant qu’il y a le feu partout, ils jouent les pompiers.
Mélenchon d’abord. « Abattez la citadelle ». « Les chiens de garde nous ordonnent d’appeler au calme, nous appelons à la justice« . « La République, c’est nous« … Pendant trois ans, il a théorisé le chaos comme stratégie électorale. Chaque lycée bloqué, chaque poubelle brûlée, chaque flic caillassé était « l’expression d’une colère légitime ».
Panot ensuite. Mardi à l’Assemblée, incapable de dire « Je condamne l’incendie de la mairie de Limoges« . Elle détourne: « pas un mot pour le jeune qui a perdu une main« . Comme si une main blessée autorisait à brûler la maison de tous les Français.
Et la palme du grand écart : Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis.
L’homme qui, devant le lycée Paul-Eluard, expliquait sans rire que « la violence peut être légitime ». Qui répétait « bien sûr qu’elle peut être légitime » en plateau. Qui, après les pillages de Saint-Denis le 18 octobre, dénonçait surtout… les violences policières contre ses adjoints, et qui rappelait que « il y a des rois qui ont été décapités à cause de ça ».
Ce même Bagayoko vient de publier un communiqué pour « condamner avec la plus grande fermeté » les dégradations, en expliquant que « ce n’est pas la réponse aux colères de la jeunesse » et que « elles frappent d’abord les habitants ».
Sérieux?
Ils ont compris. Voilà ce qui se passe. Ils ont compris que les Français ont ouvert les yeux le week-end du 17 octobre.
150 commerces pillés. 100 policiers blessés. La mairie de Limoges en cendres. Et les vidéos qui tournent en boucle : des élus LFI sur les barricades, devant les lycées, haranguant des gamins de 15 ans.
Les services de renseignement eux-mêmes le notent : « présence d’élus, essentiellement de LFI, députés ou conseillers municipaux, très actifs sur place et mobilisant les jeunes qui bloquaient ».
Et là, sondages catastrophiques à l’approche de 2027, la France profonde qui vomit les images de pillage, Valérie Pécresse qui envoie la facture de 100.000€ à Bagayoko pour le portail arraché du lycée, et tout d’un coup: « Nous condamnons toutes les formes de violence ».
Non. Vous ne condamnez pas. Vous paniquez.
Vous ne regrettez pas les violences. Vous regrettez qu’elles aient été filmées.
Pendant des mois, Léaument disait « on ne va pas jouer les pompiers », Guiraud expliquait qu’il fallait manifester à l’Elysée, Hassan appelait à la désobéissance civile. C’était votre ligne. Assumez.
Maintenant vous voudriez nous faire croire que vous avez toujours été pour l’ordre républicain? Que Bagayoko, le théoricien de la violence légitime, est devenu le premier flic de Saint-Denis?
Les Français ne sont pas amnésiques. Ils ont vu qui a mis de l’huile sur le feu. Et qui, quand la mairie brûle, refuse encore de dire « c’est mal ».
Ce revirement n’est pas un sursaut républicain. C’est un calcul électoral. Et il arrive trop tard.
Christine Tasin
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