Au cœur des manifestations qui secouent actuellement la France, la visibilité de la nouvelle génération issue de l’immigration algérienne cristallise les tensions. Entre la résurgence des symboles mémoriels liés aux massacres du 17 octobre 1961 et la récupération politique, les sociologues décryptent l’expression d’un malaise citoyen profondément enraciné dans les contradictions de la société française.
La contestation sociale qui embrase plusieurs centres urbains en France met en lumière une participation remarquée des jeunes issus de l’immigration post-coloniale, et tout particulièrement de la diaspora algérienne. Les manifestations de ces derniers jours ont ainsi été marquées par des images fortes, à l’instar de ce manifestant arborant une banderole proclamant :
« Nous sommes les descendants des Algériens que vous n’avez pas réussi à noyer le 17 octobre 1961 ». Cette charge symbolique et historique est intervenue en plein cœur de la commémoration des massacres perpétrés par la police française en 1961 à Paris contre des travailleurs algériens protestant pacifiquement contre un couvre-feu discriminatoire qui leur était imposé.
Pour le chercheur en sociologie politique et spécialiste des questions migratoires en France, Faysal Izdaren, l’apparition de ces slogans et des drapeaux algériens ne relève pas du hasard, mais s’inscrit dans ce qu’il qualifie de « croisement des luttes ». Interrogé par le média العربي الجديد, l’universitaire explique que « dans tous les mouvements de protestation, en particulier en France, les acteurs recherchent ce que l’on appelle la convergence des luttes, et certains parlent de la convergence des colères ». Selon lui, la concomitance entre la fronde sociale contre la vie chère et l’anniversaire tragique de l’automne 1961 a fourni à cette jeunesse l’occasion d’exprimer son existence et ses revendications. « Ces jeunes sont des Français aux origines diverses, et du fait de la coïncidence entre les manifestations contre la vie chère et une commémoration historique algérienne en lien avec l’histoire française, il n’est pas surprenant d’observer de tels slogans et bannières à forte charge politique et historique » analyse le chercheur.
Faysal Izdaren invite à une lecture rigoureuse et prudente, mettant en garde contre toute tentative de réduire la révolte actuelle à une simple question d’origines ethniques ou d’appartenances communautaires. Loin des amalgames régulièrement entretenus par le champ médiatico-politique hexagonal, le sociologue rappelle que ces nouvelles générations ne sauraient être réduites au rôle de boucs émissaires. « Ces jeunes d’origine algérienne sont avant tout des Français, nés et élevés sur le sol français, scolarisés dans l’école de la République et imprégnés de culture française » insiste-t-il, soulignant que cette génération se distingue par son niveau d’instruction (? J.d.L.) et sa conscience aiguë des contradictions de la société française.
Pour l’universitaire, le profil de ces manifestants traduit l’échec de l’intégration et les conséquences directes du déclassement social. « Leur génération est différente des précédentes par son niveau d’études et son ouverture sur les enjeux de son époque, en plus de son degré de conscience face aux contradictions qu’elle subit, entre marginalisation, discrimination et, dans certains cas, des campagnes de diabolisation menées par certains cercles politiques et médiatiques, cherchant ainsi à s’exprimer et à affirmer son existence », poursuit-il. Il rejette catégoriquement l’idée de rejeter la responsabilité des violences sur des facteurs extérieurs, affirmant qu’en tant que « produit des politiques françaises », cette jeunesse exprime par la force des actes un ras-le-bol face à des décennies de promesses non tenues.
Cette visibilité militante fait immédiatement le lit des récupérations politiques, notamment au sein de l’arc conservateur et nationaliste français. Interrogé sur le risque d’une instrumentalisation des événements par l’extrême droite pour alimenter un discours xénophobe, Faysal Izdaren prévient que « le degré de pollution politique et médiatique pourrait conduire à diaboliser ces jeunes et à les présenter comme une source de désordre et un danger pour la société et l’État français, ce qui ne manquera pas d’accroître l’hostilité envers les étrangers musulmans et les Algériens en particulier ».
Cette crispation intervient dans un climat diplomatique déjà lourdement chargé entre Alger et Paris. Depuis trois ans, les relations bilatérales traversent des zones de turbulences majeures, alimentées par les contentieux mémoriels, des différends politiques profonds et des divergences d’intérêts économiques. La droite française et les cercles souverainistes exploitent régulièrement ces tensions pour attiser une rhétorique hostile à l’égard de la communauté algérienne, allant jusqu’à brandir la menace d’une remise en cause de l’accord franco-algérien de 1968 régissant la circulation, l’emploi et le séjour des ressortissants algériens en France. source
Juvénal de Lyon
Pour un éminent « chercheur », il n’a pas trouvé de racailles, ni de pillards parmi les manifestants, tous des « gaulois » bien sûr ! Tous les « pacifiques » ne sont que des Français-(Algériens) cultivés et imprégnés de culture et d’histoire de France, des élites scolaires. Fabuleux chercheur…. à L’ANPE?