La République sait dresser un barrage devant un bulletin de vote ; devant les portes des mairies, elle semble avoir davantage de difficultés. Les 17 et 18 octobre ont donné à cette contradiction le visage des commerçants regardant emporter leur travail, des policiers recevant les coups destinés à un pouvoir absent, des habitants dont la protection reposait sur des hommes auxquels on demandait de rétablir l’ordre sans leur garantir un soutien.
Les fissures s’élargissent désormais jusque dans la droite, où certains commencent à rompre avec les prudences anciennes ; mais le réflexe du barrage demeure chez ceux qui voient encore leur principal adversaire dans cette France qui vote mal, s’inquiète trop et s’obstine à vouloir transmettre ce qu’elle a reçu. on examine ses intentions avecOn redoute chez elle une brutalité que l’on sait expliquer chez ceux qui brisent ses vitrines ; une sévérité dont les actes des autres ne bénéficient pas toujours. Le peuple est souverain sous réserve que sa souveraineté ne dérange personne.
Ce peuple voit pourtant ce que les classes bavardes peuvent encore éviter : l’école qui peine à transmettre, les quartiers où s’installent des prescriptions religieuses concurrentes de la loi, l’appartenance française traitée comme un héritage dont il faudrait s’excuser. Il vit les transformations démographiques dans ses relations quotidiennes, tandis que ceux qui peuvent choisir leur voisinage lui enseignent les vertus d’une coexistence qu’ils observent à distance.
L’immigration de masse et l’échec de l’intégration auraient exigé des décisions ; ils ont surtout produit un vocabulaire destiné à rendre ces décisions suspectes. La culpabilité tient lieu de politique, et l’on finit par demander à la société d’accueil de justifier son existence devant ceux qui contestent ses mœurs, sa mémoire ou ses libertés.
Les pillages ont rendu cette abdication palpable. Des groupes entrent, prennent et repartent avec le bien des autres, selon cette logique de razzia où la possession appartient momentanément au plus fort. Tous ne poursuivent pas le même but : le militant cherche l’affrontement, le voleur une occasion, l’émeutier la jouissance de faire reculer ceux qui lui résistent ; leurs mobiles diffèrent, mais ils peuvent apprendre ensemble que l’autorité cède.
Lorsqu’une mairie est attaquée, la cible dépasse les murs : c’est la possibilité de vivre sous une loi commune qui reçoit les coups. Quant aux drapeaux palestiniens et étrangers, leur seule présence ne désigne aucun coupable ; leur sens devient autrement inquiétant lorsqu’ils accompagnent une hostilité déclarée à la France, comme si ses rues devaient servir de territoire à toutes les causes et ses emblèmes supporter toutes les humiliations.
Les Juifs connaissent depuis longtemps cette distance entre la protection promise et les précautions nécessaires. Ils ont appris à choisir une école, à dissimuler un signe, à mesurer une parole, pendant qu’on leur répétait qu’ils étaient chez eux. Ceux qui partent rendent sur la sécurité française un jugement que les cérémonies officielles ne peuvent annuler : une patrie cesse de protéger bien avant de reconnaître qu’elle abandonne.
Le pire peut sortir de cet apprentissage réciproque : les agresseurs découvrent ce qu’ils peuvent obtenir, les habitants ce qu’ils doivent craindre, et chacun commence à chercher dans son groupe les garanties que la collectivité ne fournit plus. La répétition des violences prépare alors les représailles, les protections privées, la séparation des existences, jusqu’au jour où le voisin devient une menace avant d’être un concitoyen.
Pendant ce temps, les dirigeants surveillent les urnes, persuadés que le danger prendra soin de se présenter à l’heure prévue, dans une enveloppe réglementaire, alors qu’il a déjà appris à forcer les portes.
Charles Rojzman
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Oui Charles ROJZMAN, vous avez entièrement raison pour tout !
Quant à « la possession appartient momentanément au plus fort », la possession appartiendra toujours au plus fort si nous ne pouvons pas nous défendre. Et comment nous défendre légitimement selon la Loi si dans le même temps on nous interdit d’avoir les armes pour le faire ??? J’aimerais bien savoir ce que pensent les Français qui n’ont pas encore pris conscience du problème car ce n’est pas la première fois que j’en parle !