Cherche désespérément le moderne Aetius, qui sera-t-il ? (1)

Aetius, pour Rome, allié aux Wisigoths de Théodoric, a fini par battre les Huns de Attila…
Qui sera notre Aetius ?
En 451, l’Empire romain vacille. Attila a traversé le Rhin, brûlé Metz, Trèves, assiégé Orléans. On l’appelle le Fléau de Dieu. En face, Rome n’a plus de légions. Elle a des mercenaires, des divisions, un Sénat qui se dispute sur le sexe des anges.
Et puis il y a Aetius. Le dernier Romain. Un général à moitié barbare lui-même, qui a grandi chez les Huns, qui connaît leur langue, leur férocité, et qui sait une chose que personne ne veut entendre à Rome : on ne négocie pas avec Attila. On le bat.
Mais Aetius ne peut pas gagner seul. Pour affronter les Huns aux Champs Catalauniques, il doit faire l’impensable : s’allier aux Wisigoths de Théodoric, ses ennemis d’hier. Rome et les Goths, côte à côte.
C’est la question qui nous est posée aujourd’hui : qui sera notre Aetius, et qui seront nos Wisigoths ?
Qui est l’Attila moderne ?
Ce n’est pas un homme à cheval avec une moustache. C’est une coalition, une horde.
Ce sont les Huns modernes, ceux qui pillent nos commerces en criant « justice sociale », ceux qui brûlent une mairie de province au nom d’une colère lycéenne, ceux qui expliquent que la violence est légitime quand elle vient de leur camp. Ceux qui haïssent la France tout en exigeant qu’elle les nourrisse, les loge, les excuse…
C’est la horde idéologique qui a compris que pour abattre la citadelle, il ne faut plus des armes, il suffit de déconstruire. Déconstruire l’école, la famille, la nation, la police, la frontière. Attila ne voulait pas gouverner Rome, il voulait la voir brûler. C’est pareil.
Et comme en 451, nos élites regardent ailleurs. Elles parlent d' »inclusivité » pendant que les magasins de Saint-Denis sont pillés. Elles parlent de « sentiment d’insécurité » quand 150 commerces sont dévastés en une nuit.
Qui sera notre Aetius ?
Il ne sortira pas de l’ENA. Il ne sortira pas du consensus mou. Aetius était un homme de frontière. Il avait vécu chez l’ennemi. Il n’avait pas d’illusions.
Notre Aetius sera celui qui dira trois vérités simples, celles que plus personne n’ose dire depuis 40 ans :
-Une nation sans frontières n’est plus une nation.
-Une école qui n’ose plus sanctionner n’est plus une école.
-On ne sauve pas la République en s’alliant avec ceux qui veulent l’abattre.
Ce ne sera pas un tribun qui tweete. Ce sera un reconstructeur. Un type qui aime la France telle qu’elle est : ses mairies, ses bistrots, ses drapeaux, ses registres d’état civil.
Qui seront nos Wisigoths ?
Et voilà le plus difficile. En 451, les Romains détestaient les Wisigoths. Ils les trouvaient brutaux, incultes, trop chrétiens ou pas assez. Mais Aetius a compris : face à Attila, il n’y a pas de pureté possible, il n’y a que la survie de la civilisation.
Nos Wisigoths, aujourd’hui, c’est ce peuple immense et silencieux qui n’a jamais voté LFI de sa vie. C’est le petit patron pillé, le prof qui n’en peut plus des blocages, le flic gazé par ses propres élus, le maire rural qui voit sa mairie taguée, le lycéen qui veut juste passer son bac sans blocage.
C’est la France des clochers contre la France des barricades. La droite conservatrice, le centre qui a compris, la gauche républicaine qui n’a pas suivi Mélenchon dans sa folie, les abstentionnistes dégoûtés. Tous ceux qui, mis ensemble, sont encore largement majoritaires mais qui passent leur temps à se disputer sur des virgules.
Aux Champs Catalauniques, Romains et Wisigoths se sont battus ensemble, puis se sont reparlé le lendemain. Ils savaient que l’alternative, c’était la nuit hunnique.
On en est là. On ne cherche plus un sauveur providentiel. On cherche une coalition de bonne volonté. Un Aetius pour la mener, et des Wisigoths pour accepter de se battre à ses côtés.
Car l’histoire est formelle : Attila a fini par perdre. Mais seulement parce que Rome a accepté de se salir les mains et de s’allier avec ceux qu’elle méprisait la veille.
À nous de choisir : être des Romains qui débattent pendant que le feu approche, ou des Romains qui montent à cheval. ‎
Christine Tasin 

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2 Commentaires

  1. Bonjour @Madame Tasin ;

    Merci pour ce bel article au récit historique qui stimule et fait r^éver … encore. En plus, avec des illustrations superbes !

    Ça fait du bien mine de rien ! Vive la Résistance d’avant-hier, hier et celle d’aujourd’hui… qui couve je l’espère et n espérant que les tyrans ne nous aient pas retiré toutes nos plumes, nos flêche et avec elles notre viguer et notre espérance.

    Quelle horreur cette bande de faiseurs de monde pourri invivable, donneurs de leçons, dictateurs moralistes aux valeurs contre-nature et liberticides incapables de mettre en pratique à leur niveau personnel, ce qu’ils imposent au Peuple !

    L’ordure, le fumier, ça se nettoie, ça se purge, ça se fait disparaître au Crezil(1) ! Vite que vienne le temps du grand nettoyage !

    _____
    1. CREZYL : https://w.wiki/eQ7E

    • Merci adorable amie pour ce commentaire enthousiaste et optimiste qui fait du bien au milieu des horreurs de la période ! Je vous embrasse