Monsieur le Président,
Comment je fais, toute seule dans ma boutique, quand elle est envahie par une meute hilare et violente qui casse et vole tout ?
J‘ai pas d’arme, j’ai pas le droit.
Même avec une médaille de judo, je fais pas le poids face à 30 jeunes en pleine force, habitués de la salle. Apparemment, eux n’ont que ça à faire…
Et je n’ai pas eu le temps de baisser le rideau de fer.
Alors à part chanter comme jadis Boris Vian « vous êtes bon apôtre Monsieur le Président » dans Le Déserteur, je fais quoi ?
Voilà ma question, Monsieur le Président. Concrètement.
Parce que l’IA à qui j’ai demandé m’a répondu le manuel officiel: « Gardez votre calme, n’opposez pas de résistance, composez le 17, filmez si vous pouvez, pensez à votre assurance ».
Merci. Super.
Donc je résume : je regarde. Je regarde ma vie partir en sacs de sport. Je regarde 20 ans de travail renversé, pillé, piétiné, en rigolant. Et après, je fais un constat. Si j’ai encore un stylo.
Monsieur le Président, on nous a tout enlevé. Le droit de nous défendre, et le droit d’être défendus.
Pas d’arme, parce que c’est interdit. Pas de droit de frapper fort, parce que ce sera « disproportionné » et c’est moi qui finirai au tribunal. Pas de police qui arrive à temps, parce qu’elle est débordée, ou qu’elle a consigne de ne pas intervenir pour « ne pas faire d’escalade ».
Alors je fais quoi ? Je dois leur proposer un café pendant qu’ils me dépouillent ? Je dois comprendre leur détresse ?
Moi aussi j’ai une détresse, Monsieur le Président. Elle s’appelle URSSAF, loyer, fournisseur, crédit. Et maintenant, vitrine brisée.
Vous nous parlez de République, d’ordre, de valeurs. Moi je vous parle d’un rideau de fer que je n’ai pas eu le temps de tirer.
Alors je vous le demande simplement : quand l’État ne protège plus le petit commerçant seul dans sa boutique, est-ce qu’il a encore le droit de lui interdire de se protéger lui-même ?
Dans l’attente de votre réponse – mais pas trop longtemps, j’ai une boutique à reconstruire.
Christine, une commerçante à bout.
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J’en ai ras le bol de toute cette hypocrisie, je jure que si des individus cagoulés pénètrent chez moi pour me piller et me tuer, ou malmener mon épouse, ça va chier pour eux, ce sont des terroristes, d’ailleurs à cet effet, jai ma tronçonneuse à portée de main, je fonce dans le tas tronçonneuse en marche à deux mains, et je me fous des conséquences et des conseils débiles de l’IA, IA alimentée par des tordus du gouvernement ou ses sbires.Mon épouse m’a dit qu’elle leur balancerait sur la gueule depuis le premier étage la marmite d’eau bouillante qui mijote amoureusement sur le poêle Godin que nous allumons entre deux saisons avant d’allumer le chauffage central. Rien à foutre des conseils débiles. Nous sommes en guerre! Une guerre civile! Rien à voir avec des manifestations. Et en état de guerre, tous les coups sont permis, notre peau avant tout. Qu’auraient dit les résistants en 40 si on leur avait demandé de noter les exactions des chleuhs avec un joli stylo?Je souhaite aux emperruqués des tribunaux que leurs appartements soient investis par ces saloperies, que leur mobiliers soient détruits, tout ce qu’ils ont accumulé pendant des années .