Il était une fois, dans la France d’aujourd’hui, un petit chauffeur de bus. Français de souche ou immigré venu bosser, peu importe. Il se lève à 4h30, enfile son uniforme, prend le volant, fait le service, subit les retards, les clients énervés, les grèves, les contrôles, et rentre avec un salaire qui frôle le SMIC majoré d’un treizième mois misérable. Il paie ses impôts, ses cotisations, et regarde le plafond de son HLM en se demandant s’il pourra un jour s’acheter une voiture qui ne fume pas trop.
Et puis il y a Bally Bagayoko, alias Baba Yoko pour les intimes de la satire. Lui, il a eu le droit au parcours VIP. En 2000, entrée à la RATP sans concours ni entretien (ben voyons !). Un deal politique, dit-on, fruit d’un arrangement avec le PC de l’époque. (ben voyons ! bis) Apparemment, le mot « égalité » n’a plus le sens qu’il avait en 1789, pour une raison inconnue... Cadre à temps plein. Plus de 6 000 euros par mois (treizième mois et primes compris), confirmés par l’intéressé lui-même. Pendant ce temps, il cumulait allègrement les mandats d’élu : adjoint, vice-président du département… Les horaires ? Elastiques, paraît-il. L’emploi ? Suffisamment fictif pour que des associations anti-corruption commencent à parler de détournement de fonds publics et d’emploi de confort.
Résultat : pendant que le petit chauffeur sue pour « 1 800 balles », Baba Yoko empoche le double, triple, voire plus, en restant « connecté à la réalité quotidienne « comme il le dit en personne. La réalité quotidienne des réunions, des indemnités et des deals politiques, on suppose. Quand il perd un mandat en 2015, hop, hausse de 102 % de ses indemnités d’adjoint pour compenser. Pratique. Du favoritisme ? De la concussion ? Des primes méritées ? A votre bon coeur, messieurs-dames… après tout c’est gratuit, Hollande qui s’y connaît l’a tant répété « c’est gratuit c’est l’Etat qui paye »…
Une chose m’interpelle, c’est qui ce « Etat » milliardaire, riche à millions/milliards, qui déverse le contenu de ses poches rutilantes sur de simples employés pour peu qu’ils aient choisi de s’adresser au. bon parti ? Dans la Grèce antique comme dans la Rome antique ça n’était pas trop bien porté, ces avantages énormes tombant sur de simples quidams sans vraie raison et on avait vite fait de diligenter enquêteurs, politiques et orateurs hors pair comme Cicéron pour démontrer les malhonnêtetés nuisant à la cause commune, au pays, à Rome ou à Athènes…
Autre temps, autres moeurs. Il faut dire que les profiteurs et salauds de l’Antiquité avaient au moins une formation intellectuelle, politique, oratoire… tandis que nous n’avons, nous, que le restant de la colère de l’Afrique... Un certain Baba Yoko à qui, si je ne m’abuse, jusqu’à preuve du contraire, la France ne devait pas grand-chose quand il a commencé sa « carrière »…
C’est donc ça, la nouvelle France ? Le nouveau contrat social ?
On récompense non plus le mérite, l’effort ou la compétence, mais la case « diversité » cochée au bon moment. On crée des postes sur mesure pour favoriser l’origine ou la couleur, tout en se gardant bien d’exiger le même labeur que le prolo de base. C’est pour cette horreur que nos ancêtres se sont. battus en 1789 ? Pour fabriquer un autre Louis XVI inutile, incapable de gérer notre pays et, cerise sur le gâteau ne nous ressemblant pas ? Un nouveau roi nègre, comme on disait jadis dans un vocabulaire colonial qu’on aime bien ressortir quand ça arrange : on lui file le trône symbolique, les émoluments, le statut, et on le laisse régner sur son fief pendant que les sujets (Français, Maliens, Algériens ou Portugais, tous égaux dans la galère) continuent de trimer.
L’inégalité a changé de visage. Autrefois on exploitait. Aujourd’hui on cooptationne. On appelle ça « favoriser la diversité ». En vrai, c’est juste une aristocratie nouvelle, version progressive : les élus de la bonne origine touchent le jackpot sans forcément avoir à prouver qu’ils sont au bureau à 8h. Le petit chauffeur, lui, peut toujours rêver d’un concours. Ou d’un deal politique. Mais bon, pour ça, il faudrait peut-être changer de couleur… ou de carnet d’adresses.
Alors, mesdames et messieurs les défenseurs des pauvres et des opprimés : quand est-ce qu’on ouvre le même ticket d’or à tous les travailleurs de la RATP, quelle que soit leur origine ? Ou est-ce que la diversité s’arrête pile au moment où il faut partager le fromage ?
Baba Yoko a son ticket gagnant. Le petit chauffeur, lui, a juste son ticket de métro. Et la France, elle a son nouveau modèle d’égalité : certains naissent avec un plan de carrière tout tracé… d’autres avec un volant et des horaires de merde. Bravo la République aux mains de traîtres et de salauds.
Christine Tasin
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Le petit Blanc de la classe moyenne, est traité, comme un moins que rien, alors que pour la diversité, c’est passe-droit, privilèges et favoritismes en tous genres. C’est le politique qui a créé cette injustice.