Qui sera le prochain premier Ministre d’Israël ?

Pour beaucoup d’entre nous, l’identité du prochain Premier ministre d’Israël demeure incertaine. Pour la première fois depuis 1988, la Knesset (Parlement israélien) termine un mandat complet de quatre ans sans dissolution anticipée.

La course au pouvoir est entrée dans une phase intense à la suite de la fin de la session parlementaire en juillet 2026. Les sondages dessinent un duel majeur entre l’actuel Premier ministre Benjamin Netanyahu et son principal concurrent, l’ancien chef d’État-major Gadi Eisenkot.

Que savons-nous de Gadi Eisenkot, de son expérience politique et plus encore de sa stratégie, s’il en possède une quelconque ? Entré récemment dans l’arène politique, ses détracteurs le perçoivent comme un technocrate militaire. Il est jugé incapable de naviguer dans les subtilités des alliances gouvernementales, de la gestion économique ou de la diplomatie de haut niveau, contrairement à Netanyahu qui cumule des décennies à la tête de l’État.

Inexpérience et sabotage militaire – Durant sa participation au cabinet de guerre d’urgence (octobre 2023 – juin 2024), Eisenkot et Benny Gantz ont été accusés par le camp Netanyahu d’avoir virulemment torpillé les initiatives militaires et ralenti les opérations. Netanyahu a affirmé qu’ils étaient prêts à accepter les conditions draconiennes du Hamas (cessez-le-feu permanent et retrait de Gaza) en échange de la libération des otages, laissant le groupe terroriste et l’axe iranien intacts, maintenant ainsi une menace existentielle permanente.

En outre, le parcours de Gadi Eisenkot illustre une inexpérience politique flagrante face aux réalités de la gouvernance et de la diplomatie internationale. Le refus présumé d’envahir souligne l’extrême réticence d’Eisenkot à lancer une offensive terrestre initiale massive et, plus tard, l’opération sur Rafah. L’approche d’Eisenkot semblait timorée et risquait de priver Israël des victoires stratégiques ultérieures obtenues contre le Hamas et le Hezbollah. Face à ces critiques, Gadi Eisenkot et ses soutiens rejettent fermement l’accusation de « faiblesse militaire » et qualifient ces attaques de propagande politique. Eisenkot rappelle qu’en tant qu’ancien chef d’État-major de l’armée (IDF), il possède une expérience de la haute stratégie militaire que Netanyahu n’a pas sur le terrain. Il est notamment l’architecte de la doctrine de Dahiya et de la stratégie des « campagnes entre les guerres », visant à frapper durement et rapidement les capacités des adversaires. Quant à sa vérité sur « le refus d’envahir », Eisenkot a fermement démenti avoir refusé l’offensive terrestre, affirmant : « Le chef d’état-major, Gallant, Gantz et moi étions les plus fervents partisans de l’offensive terrestre. Ce ne fut qu’à la fin que Netanyahu s’est joint à nous (incohérence totale avec les fait sur le terrain) ». Il rappelle également son coût personnel dans cette guerre, ayant perdu son propre fils, Gal, et deux de ses neveux dans les combats à Gaza.

Quant à la rupture, il prétend que l’absence d’un plan pour l’après-guerre en était l’élément principal. Si Eisenkot et Gantz ont quitté le cabinet en juin 2024, ce n’était pas à cause de leur refus de combattre, mais parce qu’ils accusaient Netanyahu de mener une guerre purement tactique sans aucune vision stratégique pour l’avenir de Gaza. Eisenkot reprochait à Netanyahu de refuser de nommer un remplaçant au Hamas afin d’administrer la bande de Gaza — inaction qui, selon lui, permettait au Hamas de se régénérer civilement et de prolonger inutilement le conflit au détriment de la vie des otages.

Ils omettent sciemment qu’aucun Israélien qui se respecte ne voulait, en ces temps de guerre, pointer du doigt « tout Palestinien » comme remplaçant, et certainement pas Mahmoud Abbas, de l’Autorité palestinienne.

Ce débat/conflit résume le choix qui s’offre aux électeurs israéliens : Voter pour Netanyahu, en acceptant l’idée que lui seul, selon CNN, possède la stature politique internationale et la fermeté idéologique pour mener une guerre d’usure jusqu’à la « victoire totale ».

Voter pour la « girouette » appelée Eisenkot, en pariant sur un profil de gestionnaire militaire pragmatique, non charismatique mais perçu comme « droit » (d’où le nom de son parti Yashar), qui donne, de son point de vue, la priorité aux objectifs réalisables, dont la reprise des négociations pour la création d’un État palestinien et la reconstruction des alliances internationales d’Israël.

Benjamin Netanyahu, à la tête du parti de droite Likud, brigue, du moins pour quelques-uns d’entre nous et en dépit du « Tout sauf Bibi », un nouveau mandat pour étendre son record de longévité au pouvoir. Pour d’autres, il passe à la réparation de ses longues années de tergiversation entre le centre et la droite, de complaisance, de somnolence, d’aveuglement, entre autres heurts et malheurs.

Netanyahu, comme nombre de ses prédécesseurs, a glissé de nombreuses fois dans le « piège de la paix » entre les Israéliens et ceux qui s’affublent du dénominateur palestinien, alors qu’en vérité aucun d’eux ne l’est, hormis les Juifs qui sont restés ancrés sur leurs terres ancestrales nonobstant les nombreuses invasions et les pogroms. Netanyahu déclare à qui veut bien l’entendre qu’il ne veut en aucun cas d’un État palestinien autour et/ou au sein d’Israël. Ce qui sonne légèrement erroné si, dans sa lancée, il proclame vouloir la formation d’un grand gouvernement nationaliste : s’associer au soi-disant Centre et à la Gauche politiques, c’est du « déjà-vu ».

En résumé, Netanyahu s’appuie sur une coalition de partis de droite, d’extrême droite et ultra-orthodoxes plus ou moins fidèles. Le Likud conserve le bloc le plus solide dans les intentions de vote par parti, oscillant autour de 25 à 28 sièges. Netanyahu met en relief son profil d’homme fort, de grand orateur et ses liens avec l’Administration américaine. Ses faiblesses : son gouvernement subit de vives critiques sur sa gestion des suites sécuritaires du 7 octobre 2023, les tensions liées à l’exemption militaire des ultra-orthodoxes, la présence de quelques alliés d’extrême droite, comme Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, qui radicalisent l’image du gouvernement.

Sa stratégie : verrouiller sa base électorale et attaquer la crédibilité militaire de son adversaire, en le qualifiant de reculade face aux menaces régionales.

Celle de Gadi Eisenkot, l’outsider militaire devenu favori de l’opposition, des gauchistes, des partis arabo-musulmans, des amoureux de l’occidentalisme, d’un État pour tous ses citoyens et d’un État palestinien. Ancien chef d’État-major des armées (2015-2019) et ex-membre du cabinet de guerre (qu’il a quitté avec fracas mi-2024), Gadi Eisenkot dirige le parti gauchisto-centriste Yashar. Il s’impose comme le visage du mouvement de rupture. Les sondages de la mi-juillet 2026 le placent en tête de la popularité directe pour le poste de Premier ministre. Le sondage de i24News le crédite de 47 % de préférences contre 44 % pour Netanyahu. Son profil sécuritaire rassure un électorat marqué par la guerre, tandis que ses origines modestes (famille ouvrière juive marocaine) et son style pragmatique séduisent au-delà de la gauche traditionnelle. Son parti Yashar est crédité d’environ 22 à 23 sièges, restant derrière le Likud en valeur absolue. De plus, son programme politique global, notamment sur le conflit israélo-palestinien, reste délibérément flou dans l’objectif inédit de recruter les vacillants de la droite.

L’ambition de Gadi Eisenkot est d’attaquer de front la responsabilité de Netanyahu dans les échecs du 7 octobre et de rassembler le bloc anti-Netanyahu.

Il ne nous reste qu’à refaire le parcours qui a engendré l’attaque du 7 Octobre 2023 :

Impossible d’omettre le laxisme total qui a permis cette débandade : L’enquête de la commission Turgeman a révélé que les services de sécurité israéliens disposaient en réalité d’un renseignement de haute qualité avant le 7 octobre. L’échec n’était donc pas un manque d’informations, mais un aveuglement conceptuel partagé par l’ensemble de ces responsables, persuadés que les préparatifs visibles du Hamas n’étaient que de simples exercices d’entraînement…

Benjamin Netanyahu (Premier ministre) Le dernier à être informé du désastre en préparation : En tant que chef de l’exécutif, il est pointé du doigt pour sa stratégie de long terme visant à maintenir le statu quo avec le Hamas à Gaza (notamment en autorisant les valises de cash qataries) pour affaiblir l’Autorité palestinienne. Son camp affirme qu’il n’a reçu aucune alerte tactique précise la nuit précédant l’attaque. Ses détracteurs rappellent qu’il avait ignoré les avertissements stratégiques plus larges concernant la vulnérabilité du pays.

Yoav Gallant (Ministre de la Défense le 7 octobre 2023) : Bien qu’il ait par la suite publiquement exigé une commission d’enquête nationale indépendante et qu’il ait été limogé par Netanyahu, il portait la responsabilité politique directe de la préparation des forces armées au moment de l’assaut.

Les hauts commandants militaires (Tsahal)

Le général Herzi Halevi (Chef d’état-major général de Tsahal le 7 octobre) : Il a reconnu dès les premiers mois sa responsabilité totale dans l’échec de la protection des citoyens. Après avoir géré la phase intense de la guerre, sa démission est devenue effective au début de l’année 2025.

Le général Yaron Finkelman (Commandant de la région militaire Sud) : Responsable direct de la protection de la zone frontalière de Gaza, il figurait en première ligne dans les conclusions de la commission d’enquête et a été officiellement sanctionné et démis de ses fonctions de réserve par le général Zamir en novembre 2025.

Le général de brigade Avi Rosenfeld (Commandant de la division de Gaza) : Il était le commandant sur le terrain le plus exposé. Il a démissionné de l’armée active avant d’être définitivement écarté de tout rôle de commandement lors des purges de la fin 2025.

Les chefs du renseignement (Failles de la veille de l’attaque) : Les manquements les plus graves concernent les réunions d’urgence tenues au téléphone quelques heures avant l’attaque, au cours desquelles des signes d’activité du Hamas ont été détectés mais minimisés.

Le général Aharon Haliva (Chef de la Direction du renseignement militaire – Aman) : Il a été l’un des premiers hauts gradés à démissionner de l’armée active. Fin 2025, la direction de Tsahal l’a formellement libéré de ses obligations de réserve en raison de sa responsabilité directe dans la mauvaise lecture des intentions du Hamas la nuit du 6 au 7 octobre.

Ronen Bar (Chef du Shin Bet – Service de sécurité intérieure) : Le service de renseignement intérieur a publié son propre rapport d’enquête au début de l’année 2025. Bien qu’il ait déployé une petite unité sur le terrain dans la nuit du 6 octobre par intuition, il a reconnu la faillite conceptuelle de son agence, qui croyait le Hamas dissuadé d’engager un conflit massif.

Le colonel Ariel Lubovski (Officier de renseignement du Commandement Sud) : Convoqué et formellement sanctionné en novembre 2025 pour n’avoir pas su corréler les informations tactiques de la veille avec l’imminence d’une invasion.

Tout le système s’était endormi que ce soit délibérément ou comploté contre Israël et son Premier Ministre, puisque les vents qui soufflaient au carrefour Kaplan ciblaient la tête de BIBI.

Quant aux sondages proposés par les chaînes de télévision, ils varient et ne sont pas du tout fiables. Les chaînes de télévision 11, 12 et 13 ont déjà offert la couronne de roi à Gadi Eisenkot. La chaîne 14 dément ce que toutes les autres chaînes diffusent.

La majorité israélienne n’est pas du tout prête à remettre les rênes de l’État juif d’Israël à tous ces grands rêveurs du « Tout sauf BIBI », d’un État pour tous ses citoyens, et d’un retour à l’abandon de toutes les conquêtes territoriales, tant à Gaza qu’au Liban et en Syrie, qui créent une zone tampon bénéfique en fin de compte.

Thérèse Zrihen-Dvir

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4 Commentaires

  1. Benjamin NETANYAHU en a et ne tourne pas autour du pot pour défendre son Peuple.
    S’ils ne le veulent plus là-bas, on l’adopte ?…

  2. Décidément, la situation politique d’Israël ne cesse de s’embrouiller et devenir de plus en plus compliquée sans aucune éclaircie à l’horizon immédiat.

  3. Moment délicat en effet, il en va de la sécurité d’Israël et de ses habitants. En France, pas mieux, les élections de 2027 nous mettent devant un dilemme crucial : vivre ou disparaitre. Le salut ou l’Armageddon. Un des candidats français est pro-Hamas et pro-palestiniens. C’est dire l’enjeu.