France : un pays malade mais dont le génie technologique est au sommet du monde

Je ne pense pas qu’il existe en ce monde un pays plus original que la France. Les étrangers parlent souvent d’ailleurs d« exception française ». Je ne vous apprendrai rien en vous disant, sous forme de révélation que notre pays est franchement malade, qu’il est même près de parvenir au fond du gouffre, dans cet endroit où il n’y a plus de lumière pour s’accrocher aux parois et remonter. Et bien pourtant, tout en haut, au bord, c’est un soleil inouï, un soleil français oui, français, qui répand sur le monde, des rayons d’une intensité phénoménale à travers ses réussites scientifiques et technologiques. Vous me direz que cela a toujours été le cas. D’accord, je vous l’accorde. Mais une question évidente s’impose : comment une nation à terre, à deux pas de la mort, peut-elle ainsi encore irradier, pas à partir de son passé, mais plus particulièrement, à partir de son présent ?! La France, c’est comme un vieillard dont le sang serait celui d’un homme de 20 ans ! Le meilleur moyen pour saisir ce paradoxe déroutant, c’est de dérouler le théâtre desdites réussites scientifiques et technologiques françaises. Et elles sont nombreuses ! Et elles concernent de surcroît, tous les domaines !
Il faut le dire sans détour : moins de 5 pays sur les 193 que compte la planète, possèdent la polyvalence technologique de la France. La France conçoit le monde de demain. Voilà les preuves concrètes qui attestent que le génie français reste une référence mondiale absolue :
 
1) Sécurité et Souveraineté :  la France est une Superpuissance militaire
Pour protéger les Français, notre pays est le seul qui ne dépend pas du géant américain ce qui a d’ailleurs le don de l’exaspérer ! Il y a d’abord en ce qui concerne le ciel, Dassault Aviation et notamment notre grandiose Rafale, l’un des avions de combat les plus polyvalents au monde et dont le succès commercial à l’exportation est explosive ce qui encore une fois a le don d’exaspérer les Américains ! Eric Trappier, le PDG de Dassault qu’on sait modeste, en explique les raisons : « Le Rafale est supérieur au F-35 et significativement meilleur que tous les avions chinois sur le marché » et il ajoute avec cet humour qui lui est propre : « Comme je suis plutôt diplomate, je dirais que si elle renonce à acheter des F-35, la Belgique est la bienvenue. Si je n’étais pas diplomate, je dirais qu’elle se fout de notre gueule ». Il y a ensuite en ce qui concerne la mer, Naval Group et nos sous-marins nucléaires : nous maîtrisons de bout en bout -moteurs, radars, armements – des technologies de pointe que d’une manière générale, aucun autre pays ne sait fabriquer seul. Ils sont véritablement un symbole de la puissance industrielle française. En effet, la France maîtrise presque toute la chaîne technologique nécessaire à la conception et à la construction de sous-marins nucléaires. Très peu de pays en sont capables !
Pour ce qui est cette fois de l’espace, les ingénieurs français à travers Thales Alenia Space et le pilotage des lanceurs Ariane, sont les garants de l’autonomie orbitale et stratégique de l’Europe.
La France possède le char Leclerc qui figure parmi les chars technologiquement les plus avancés de sa génération notamment par son système de chargement automatique du canon, sa mobilité et son rapport poids-puissance, ses systèmes de conduite de tir et de gestion du champ de bataille. Elle possède également le canon CAESAR qui a acquis une réputation internationale par son système d’artillerie mobile capable de tirer et de quitter rapidement sa position. Enfin, la France excelle dans l’industrie des missiles dont les systèmes les plus connus sont : MICA, METEOR, SCALP-EG, ASTER, M51 et le fameux Exocet qui s’est illustré lors de la guerre des Malouines en coulant le HMS anglais Sheffield (D80). Surtout, la France est l’un des rares pays capables de concevoir presque toute la chaîne d’un système d’armes moderne.
2) Infrastructures Géantes :  la France, maîtresse de l’extrême
 
Qu’il s’agisse de creuser sous la mer, de dompter l’énergie ou de gérer des mégapoles, le savoir-faire français qui s’illustre partout, fait de nos entreprises de ce secteur, les maîtres de l’extrême !
Considérant les chantiers du siècle, le trio VINCI, Bouygues et Eiffage conçoit les infrastructures les plus audacieuses de la planète : le tunnel sous-marin du Fehmarnbelt (Danemark-Allemagne), la liaison Lyon-Turin sous les Alpes ou encore le Grand Paris Express. Mais il y a également la construction et la gestion d’autoroutes. Et là, le trio domine les classements internationaux des infrastructures de transport. Vinci Autoroutes gère le plus grand réseau autoroutier d’Europe et multiplie les méga-projets d’infrastructures à l’international. De son côté, Colas, filiale de Bouygues est l’un des leaders mondiaux de la construction de routes et d’autoroutes présent dans une cinquantaine de pays. Il est connu pour la fabrication de revêtements routiers technologiques et durables. Enfin, Eiffage est célèbre pour avoir construit le Viaduc de Millau, le plus haut pont autoroutier du monde !
La grande force de la France a été d’inventer et de perfectionner le modèle de concession public-privé (PPP). Enfin, face à l’urgence climatique, la France utilise son réseau routier comme un laboratoire d’innovations technologiques pour décarboner le secteur avec la route électrique, les enrobés écologiques et les flux libres.
Pour ce qui est de l’énergie, Schneider Electric est le leader mondial absolu de la gestion de l’énergie. Sans sa technologie, une part majeure des immenses data centers de la Silicon Valley ne pourrait pas fonctionner. TotalEnergies, de son côté, déploie son expertise maritime pour bâtir des parcs éoliens offshore géants et des gigafactories de batteries (ACC).
Pour ce qui est de la gestion de l’eau et des ressources, Veolia, première multinationale du secteur, et Suez, conçoivent et pilotent les réseaux d’eau potable et de traitement des déchets des plus grandes mégalopoles de la planète. Les ingénieurs français brillent dans l’ingénierie moléculaire et numérique de la ressource dans le secteur du dessalement de l’eau de mer grâce à la maîtrise de technologies complexes comme l’osmose inverse ; dans le secteur de la dépollution des micro-polluants grâce à la recherche pour éliminer les résidus de médicaments, les pesticides et les micro-plastiques des eaux usées avant qu’ils ne retournent dans la nature ; enfin, dans le secteur des Smart Water Networks qui permettent d’anticiper les fuites au mètre près dans les réseaux souterrains et optimisent ainsi la consommation d’eau en temps réel pour des villes entières.
3) Mathématiques, IA et Logiciels :  la France est la reine du Virtuel
 
Face aux systèmes fermés américains, le champion Mistral AI s’impose mondialement avec ses modèles ouverts, affichant une valorisation de 14 milliards de dollars et des revenus mensuels de 80 millions de dollars.
Dassault Systèmes (logiciel CATIA) est le leader absolu de la conception 3D, utilisé par la quasi-totalité des industries automobiles et aéronautiques mondiales pour tester leurs produits virtuellement avant de les fabriquer.
Bien que l’enseignement des mathématiques en France est marqué par un décrochage structurel mis en lumière par les enquêtes internationales, notamment le programme PISA de l’OCDE, la France occupe historiquement et durablement la 2e place mondiale dans le classement du nombre de lauréats de la Médaille Fields, souvent qualifiée de « prix Nobel de mathématiques ». Elle occupe même la première place par habitant au monde ! Là, le génie français saute carrément aux yeux.
4) L’ingénierie des Services et Sciences du Vivant : la France a la capacité à organiser des flux logistiques, humains et financiers gigantesques
 
Pour ce qui concerne la finance, BNP Paribas est la première banque de la zone euro et les ingénieurs financiers français (les « quants ») sont recherchés de Wall Street à Singapour pour leur maîtrise de la modélisation des risques.
Pour ce qui concerne l’Art de vivre et la Distribution, le groupe Accor gère un empire de plus de 5500 hôtels à l’international, tandis que nos chaînes de supermarchés ont modélisé la grande distribution moderne sur plusieurs continents.
Enfin, pour ce qui concerne la Santé, Sanofi, grâce au succès planétaire du Dupixent, et les Laboratoires Servier, leaders en oncologie de précision, maintiennent la France en première ligne des avancées thérapeutiques. Dans le domaine de l’Ingénierie médicale de rupture (la lutte contre le cancer), le génie tricolore s’illustre de manière spectaculaire dans la conception d’équipements médicaux de pointe. En 2026, l’Institut Curie, le CEA et le géant Thales se sont associés pour concevoir une plateforme de radiothérapie FLASH, une technologie révolutionnaire issue de la recherche française. En administrant des radiations à très haute énergie en une fraction de seconde, cet appareil unique au monde détruit les tumeurs les plus complexes tout en épargnant totalement les tissus sains. C’est là une prouesse technologique et industrielle qui place la France en pole position de l’oncologie mondiale.
5) Les communications : la France s’impose comme un géant industriel façonnant des fleurons technologiques dans tous les modes de transport
 
L’aéronautique : on pense tout de suite à Airbus. Si bien sûr, Airbus est né de la nécessité pour plusieurs nations européennes d’unir leurs forces pour briser le monopole des géants américains, la France a joué un rôle central dans son développement et son industrialisation. Elle a ainsi fourni une terre d’accueil majeure à Toulouse pour l’assemblage et les essais en vol. Après le retrait des Anglais en 1969, elle a également fourni, grâce à Roger Béteille, l’un des pères fondateurs du consortium, la vision managériale nécessaire pour transformer un accord politique fragile en une réalité industrielle et commerciale. On peut ainsi affirmer que le logiciel de bord et l’architecture du projet étaient français. Enfin, il faut souligner le rôle de pionnier absolu joué par les équipes françaises qui ont introduit des ruptures technologiques majeures qui ont définitivement installé Airbus au sommet de l’aéronautique mondiale : leur contribution a été le moteur de la révolution numérique, de l’ergonomie des cockpits et de l’optimisation des méthodes de production. Ne pas oublier Le Concorde dont la production de série s’est déroulée de 1973 à 1979 et qui a été conçu de manière paritaire entre Français et Anglais.
Le TGV et le ferroviaire : conçu en France, le TGV détient toujours le record du monde de vitesse sur rail depuis 2007 avec 574,8 km/h. La nouvelle génération de trains, TGV M ou TGV du futur, vient d’entrer en service commercial ce jour 6 novembre 2026. Grâce à son aérodynamisme, il consomme 20 % d’énergie en moins et accueille 20 % de passagers en plus. Le modèle du TGV français s’est exporté partout dans le monde, notamment aux Etats-Unis où il fascine la population !
La construction navale : la France s’est hissée au sommet du marché mondial sur deux segments extrêmement complexes et à très haute valeur ajoutée. D’abord, les Chantiers de l’Atlantique sont l’un des rares chantiers au monde capable de concevoir et assembler les plus grands paquebots de croisière au monde. Ils construisent également des navires militaires complexes comme les porte-hélicoptères et les ravitailleurs et des sous-stations électriques pour l’éolien en mer. Il faut citer également dans ce domaine Naval Group que j’ai évoqué plus haut.
L’industrie automobile :  pour faire face à la concurrence asiatique et américaine, la France a développé une véritable « Electric Valley » dans les Hauts-de-France. Plusieurs gigafactories de batteries (ACC, Envision AESC, Verkor) y sont implantées pour sécuriser la production locale.
L’aviation légère d’affaires et régionale : la France est l’un des très rares pays au monde à maîtriser l’intégralité de la chaîne de valeur aéronautique, du plus petit ULM au plus gros avion de ligne. Ce secteur s’illustre d’abord par trois grands champions industriels. Il y a d’abord Daher et sa gamme d’avions TBM qui sont des monocars légers à turbopropulseurs ultra-rapides prisés pour le transport d’affaires et les propriétaires-pilotes. Suit ensuite Elixir Aircraft avec son appareil biplace qui possède une structure révolutionnaire composée de seulement quelques pièces en matériaux (une aile entière d’un seul bloc, par exemple). On notera que les écoles de pilotage américaines et européennes commandent ces appareils par dizaines pour renouveler leurs flottes vieillissantes. Puis arrive ATR, leader mondial du transport régional dont ses avions à hélices équipent les compagnies aériennes du monde entier pour relier les petites villes et les îles, et qui s’impose grâce à sa consommation de carburant inférieure à celle des jets régionaux. Enfin, on trouve Robin Aircraft avec son DR400 conçu en bois et toile et qui reste une référence absolue en Europe pour la formation des pilotes grâce à ses qualités de vol exceptionnelles et sa robustesse.
Enfin, il faut absolument évoquer la start-up française Flying Whales qui développe le LCA60T, un dirigeable rigide de 200 mètres de long conçu pour transporter jusqu’à 60 tonnes de charges lourdes. Le vol inaugural du premier prototype est projeté pour 2028 en vue d’une exploitation commerciale en 2029. L’objectif est de révolutionner le fret en transportant du bois, des pales d’éoliennes ou des marchandises humanitaires vers des zones totalement enclavées sans nécessiter d’infrastructures sur sol.
6) Le marché mondial du luxe : la France aligne les numéros 1 mondiaux
Le génie français réside surtout dans sa capacité unique à transformer un savoir-faire artisanal historique en une industrie super-puissante et ultra-rentable à l’échelle globale. Le modèle français a révolutionné le secteur en inventant le concept de conglomérat de luxe. Ainsi, LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy) regroupe plus de 75 maisons prestigieuses comme Louis Vuitton, Christian Dior, Frendi, Dom Pérignon … et pèse plusieurs centaines de milliards d’euros en bourse ; Kering est connu pour ses fleurons comme Saint Laurent, Balenciaga, Alexander McQueen et la marque italienne Gucci ; Hermès qui n’est certes pas un conglomérat de rachat mais une entreprise familiale qui a grandi de manière ultra-centrée sur l’excellence artisanale ; enfin, L’Oréal Luxe avec des marques comme Lancôme, Yves Saint Laurent Beauté et Giorgio Armani Beauty est un géant mondial de la beauté de prestige. Si la France bien sûr ne contrôle pas tout le marché mondial du luxe, elle exerce une hégémonie culturelle et symbolique incontestée sur les segments les plus prestigieux : la maroquinerie, la haute couture, les vins et spiritueux de prestige. Pour asseoir sa domination en ce domaine, la France a su avec intelligence mettre au point une formation de ses artisans d’art qui allie diplômes d’Etat d’excellence et transmission en entreprise souvent soutenue par les grands groupes de luxe pour garantir la survie de leurs propres chaînes de production.
Alors, quand on voit, ce gigantesque tableau qui répertorie la puissance indicible du génie français déployé sur la planète entière, on ne peut que se poser la question suivante, évidemment logique : mais quelles sont les raisons de ce décalage ? Comment d’un pays profondément malade et en voie de déliquescence totale peut-il surgir une telle élite et en plus, une élite qui souvent triomphe sur les élites des autres nations ? Bien sûr, on a les meilleures grandes écoles. C’est une explication mais elle est insuffisante car la vraie explication, j’en suis convaincu, est l’ignorance, celle du peuple français qui vit en marge, sans doute parce qu’il est par nature indifférent, sans doute et surtout parce qu’il est bien trop prisonnier par les contingences de sa vie quotidienne. C’est donc ce rideau qu’il faut tirer entre ces deux catégories de Français. Et la façon la plus opérationnelle pour y parvenir, c’est de s’adresser aux jeunes car ils représentent la population la plus enthousiaste. Seul, un programme prenant en compte cette réalité, s’impose pour susciter leur adhésion. L’objectif évident sera bien sûr de faire émerger encore plus de vocations qui rejoindront et amplifieront de la sorte nos génies existants. Mais surtout, il sera de refaire émerger dans les âmes de la jeunesse française le patriotisme disparu. La tâche, j’en suis évidemment conscient, est immense ! Car derrière cet objectif empirique, il y a celui de lutter contre le déclinisme cérébral de la masse des Français, notre dégénérescence pour briser la barrière qui isole les deux peuples de France, afin de mettre en place, progressivement la saine symbiose dont nous avons tant besoin. C’est ce programme que je vais définir tout de suite dans la seconde partie de mon exposé.
Philippe ARNON

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