Il est des heures dans la vie d’une nation où les ambitions personnelles devraient s’effacer devant les exigences de l’Histoire. Des heures où les hommes et les femmes qui prétendent servir leur pays sont appelés à dépasser leurs divergences, à ravaler leurs rancœurs et à regarder dans une même direction.
Nous sommes, me semble-t-il, à l’un de ces moments.
La France traverse une période de profondes incertitudes. Son avenir, sa souveraineté, son identité, sa sécurité et la transmission de son héritage à nos enfants soulèvent des interrogations majeures. À l’horizon 2027, une occasion politique importante pourrait s’offrir aux forces nationales et patriotiques. Mais encore faudrait-il qu’elles soient capables de ne pas la gâcher elles-mêmes !
Car enfin, quel spectacle donnons-nous ?
Marine Le Pen et Jordan Bardella, Éric Zemmour et Sarah Knafo, Philippe de Villiers et les responsables de LFAPDV, sans oublier Marion Maréchal : autant de personnalités, de sensibilités, de talents et de parcours différents, qui pourraient contribuer à une même ambition nationale.
Et pourtant, que de critiques, de rivalités, de blessures d’amour-propre et de querelles de personnes ! Que d’énergie gaspillée à combattre ceux avec lesquels il faudrait précisément apprendre à travailler !
Assez de « chicayas » ! Assez de guerres d’ego ! La France mérite mieux que nos divisions.
Marine, Jordan, vous avez aujourd’hui une responsabilité particulière. La place occupée par le Rassemblement national dans le paysage politique vous donne une capacité d’initiative que nul ne peut ignorer. Votre ambition d’un rassemblement national ne saurait cependant se limiter à une coalition de circonstance ou à un éventuel partage de responsabilités.
Une véritable union suppose de la confiance, des engagements réciproques et, surtout, la volonté de dépasser les blessures du passé. Les désaccords de 2024, les comportements vécus comme des trahisons et les déceptions accumulées ne doivent pas devenir des obstacles insurmontables.
Marine, la grandeur politique consiste parfois à tendre la main avant même que les autres aient trouvé le courage de le faire. Ce premier pas ne serait pas un aveu de faiblesse, mais une preuve de force et de hauteur de vue.
Éric, vous avez, au fil des dernières années, exprimé de profondes divergences avec Marine et son mouvement. Vos critiques ont laissé des traces. Mais faut-il éternellement entretenir les affrontements d’hier au risque de compromettre les rapprochements de demain ? La politique ne devrait pas être un interminable règlement de comptes. Elle devrait être l’art de reconnaître que l’intérêt supérieur du pays peut être plus grand que nos désaccords.
Et Sarah, pourquoi votre talent, votre détermination et votre engagement devraient-ils être enfermés dans les querelles qui opposent les générations et les entourages ? Vous représentez une personnalité qui pourrait apporter une contribution précieuse à une dynamique collective. Il serait regrettable que les rivalités personnelles privent demain la France de compétences dont elle pourrait avoir besoin.
Philippe de Villiers, votre culture, votre connaissance de notre Histoire et votre attachement à la France vous confèrent une place particulière dans cette famille de sensibilité patriotique. Mais l’admiration que vous inspirent vos sympathisants ne doit pas nécessairement se traduire par une candidature supplémentaire.
Une candidature, aussi respectable soit-elle, peut parfois contribuer à disperser les voix et à compromettre une perspective de victoire. Si vous estimiez qu’il est préférable de demeurer au-dessus de la mêlée, ce choix pourrait constituer non un renoncement, mais un acte de lucidité et de responsabilité. Car il est des circonstances où le plus grand service rendu à une cause n’est pas de conduire soi-même la bataille, mais de permettre à ceux qui peuvent la gagner de ne pas se combattre entre eux.
Marion, vous avez également votre place dans cette réflexion collective. Les différences de parcours et de sensibilité ne doivent pas empêcher celles et ceux qui partagent des convictions essentielles de se retrouver autour d’un projet commun.
Car voilà précisément ce que nous devons comprendre : l’union n’est pas l’uniformité. Elle ne réclame ni l’abandon de ses convictions ni l’effacement des personnalités. Elle exige simplement que chacun accepte de distinguer l’essentiel de l’accessoire, la Patrie des ambitions individuelles, le destin collectif des rivalités particulières.
Et cet appel ne s’adresse pas seulement aux dirigeants. Il concerne aussi les militants, les sympathisants et les responsables locaux. Cessez d’alimenter les querelles de chapelles ! Ne demandez pas à vos chefs de construire des ponts si, chaque jour, vous passez votre temps à les démolir. L’union ne se décrète pas uniquement dans les états-majors : elle se construit aussi sur le terrain, dans le respect et la considération réciproques.
Il faudra du dialogue, des concessions, des garanties et des engagements précis. Il faudra accepter qu’aucun mouvement ne puisse prétendre, à lui seul, incarner toutes les aspirations patriotiques. Il faudra surtout avoir la sagesse de ne pas multiplier les candidatures au point de rendre impossible ce que chacun prétend souhaiter : une victoire collective.
Car imaginons un instant que 2027 se termine par une nouvelle occasion manquée. Que restera-t-il de nos querelles ? De nos petites victoires personnelles ? De ces critiques qui auront peut-être davantage blessé nos compagnons de route que nos véritables adversaires ?
Qui pourra alors expliquer aux Français que chacun avait raison de son côté, mais que personne n’a su faire le nécessaire pour réussir ensemble ?
Il sera trop tard pour les regrets, trop tard pour les accusations, trop tard pour les larmes de crocodile.
À l’automne de ma vie, je voudrais simplement connaître la satisfaction de voir les forces nationales et patriotiques dépasser enfin leurs divisions. Je ne réclame à personne de renier son passé, mais je demande à chacun de ne pas sacrifier l’avenir sur l’autel des rancunes.
Je voudrais voir Marine et Jordan ouvrir le chemin, Éric et Sarah répondre à cet appel, Philippe apporter sa sagesse, Marion prendre toute sa part et les militants retrouver le sens de l’essentiel.
Je voudrais surtout que chacun comprenne cette vérité toute simple : la France est infiniment plus importante que nos susceptibilités.
Alors, de grâce, que les rancœurs se taisent, que les ambitions s’inclinent devant le bien commun et que les mains se tendent !
Nous n’avons pas besoin de plusieurs victoires personnelles. Nous avons besoin d’une victoire collective.
« L’Histoire ne nous demandera pas combien de fois nous avons eu raison séparément, mais si nous avons su, au moment décisif, nous rassembler pour servir la France. »
Et puisse chacun trouver, le moment venu, la force de dire, sans détourner les yeux :
« J’ai fait passer la France avant moi. »
Voilà mon Credo. Voilà mon espérance. Voilà mon appel.
LA FRANCE AVANT NOS QUERELLES !
José CASTANO
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