C’est fait. C’est officiel. C’est immonde.
Hier, 6 novembre 2026, le tribunal administratif de Lyon a autorisé Raphaël Arnault, député LFI et cofondateur de la Jeune Garde, à venir présenter son livre Antifasciste à Villeurbanne, à 19 heures, dans un bar. Il a qualifié ça, sur twitter, de « victoire dans le temps additionnel » (sic !)
Une victoire. Vous avez bien lu.
Une victoire, pouvoir venir fanfaronner, vendre sa camelote idéologique, jouer les héros de la lutte, à quelques kilomètres à peine de l’endroit où Quentin Deranque, 23 ans, a été roué de coups au sol, frappé à la tête alors qu’il était à terre, et est mort deux jours plus tard ??? !!!!
Quentin est mort le 14 février, après une bagarre en marge d’une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Il assurait la sécurité de jeunes femmes du collectif Némésis. Il s’est retrouvé face à des militants ou sympathisants de la Jeune Garde, le mouvement « antifasciste » cofondé en 2018 par Arnault et aujourd’hui dissous. 14 personnes mises en examen.
Quatorze. Pas une. Pas deux. Quatorze personnes poursuivies pour meurtre ou complicité dans ce dossier.
Parmi elles, deux proches du « député Arnault » (ça fait mal de l’écrire…) :
– Adrian Besseyre, qui travaillait dans l’équipe d’Arnault jusqu’à quelques jours avant les faits, mis en examen pour meurtre, écroué.
– Jacques-Élie Favrot, son assistant parlementaire au moment du crime, mis en examen pour complicité de meurtre, écroué.
Et Arnault lui-même, alors ? Entendu en audition libre le 29 octobre par la sous-direction antiterroriste. Son avocat jure qu’il n’aurait aucune forme de responsabilité. Ben voyons… C’est toujours comme ça. Le chef n’est jamais responsable. Ce sont toujours les éléments incontrôlés, les brebis égarées, les copains qui ont dérapé … Jamais le gourou qui a monté la bande, qui a théorisé la violence, qui a fait de la castagne antifa un mode de vie et un tremplin politique. Bien sûr… Si la situation n’était pas si grave je dirais « j’en parlerai à mon cheval« . Mais qui, devant ces horreurs, oserait plaisanter ?
La famille de Quentin, elle, ne s’y est pas trompée. Par la voix de son avocat, Me Fabien Rajon, elle a dit ce que tout Français décent pense, regrettant « que la dignité et la décence n’aient pas conduit Monsieur Arnault à tenir sa réunion publique hors de l’agglomération où le crime qui coûta la vie à Quentin fut perpétré ». C’eût été en effet le minimum. Pour des gens normaux, de bon sens, respectueux…
Dignité. Décence. Deux mots que le député LFI ne connaît manifestement pas.
La préfecture avait interdit. La justice a dé-interdit. Voilà la France de Macron, avec un pouvoir ahurissant donné aux juges… Juges trop souvent hélas engagés politiquement, mélangeant leur syndicat et leur fonction. On a assez parlé du « Mur des cons » sur RR pour que chacun comprenne.
Parce qu’il faut le dire, le préfet du Rhône, lui, avait fait son boulot. Il avait interdit la conférence. Il avait écrit noir sur blanc que l’événement reproduisait la configuration de la conférence de Rima Hassan en marge de laquelle Quentin avait été lynché. Il craignait, à juste titre, « des troubles graves à l’ordre public », un « antagonisme violent, ancien et documenté » entre ultragauche et ultradroite…
La mairie du 8e arrondissement de Lyon avait déjà annulé la première salle. Trop dangereux.
Mais le tribunal administratif est arrivé. Le juge des référés a estimé que l’interdiction avait pour effet de priver deux parlementaires de leur liberté d’expression (ben voyons !!!) et ne pouvait « être regardée comme nécessaire au maintien de l’ordre public » .
La liberté d’expression de deux députés LFI vaut donc plus que la mémoire d’un mort de 23 ans. Plus que la décence. Plus que la paix dans une ville encore traumatisée. Plus que le respect dû à des parents qui ont enterré leur fils.
C’est ça, la justice française en 2026. Elle interdit les manifs Raphaël Arnault en prison ! à Villeurbanne. Elle maintient l’interdiction de tout rassemblement autour du bar. Mais elle autorise le principal intéressé à venir faire son show, dédicacer son livre, se faire applaudir par ses copains, filmer tout ça pour ses réseaux.
On interdit aux Français d’exprimer leur colère. On autorise l’antifa à exprimer sa fierté d’être ce qu’il est (je ne préciserai pas davantage, c’est moi qui me retrouverais au tribnal). Cherchez l’erreur.
Quant au livre Antifasciste… Écrit par le fondateur d’un mouvement dissous par décret le 12 juin 2025 pour provocation à des agissements violents, dissolution confirmée par le Conseil d’État le 30 avril 2026.
Un livre antifasciste écrit par un homme dont le mouvement est accusé d’avoir lynché un jeune à mort. C’est comme un livre sur la paix écrit par un pyromane. C’est comme un livre sur la protection des femmes écrit par un violeur. C’est une provocation pure et simple.
Arnault ne vient pas à Villeurbanne pour débattre. Il vient pour salir. Pour salir la mémoire de Quentin. Pour salir Lyon. Pour salir la France. Pour dire à tous les petits antifas cagoulés : « Vous voyez? On peut tabasser, on peut tuer, et on peut quand même devenir député, écrire des livres, être invité dans les médias, et être protégé par la justice. La violence, ça paie. »
C’est ça, le message.
Quant au « deux poids, deux mesures », mon Dieu, que dire ?
Imaginez l’inverse, deux secondes. Imaginez un député de droite, cofondateur d’un groupuscule dissous pour violence, dont deux collaborateurs seraient écroués pour le meurtre d’un jeune antifa de 23 ans, et qui voudrait venir présenter son livre Nationaliste dans la ville où le jeune a été tué.
Vous croyez qu’un tribunal administratif l’aurait autorisé? Vous croyez que les médias auraient parlé de liberté d’expression ? Vous croyez que la préfecture n’aurait pas mis 500 CRS pour l’empêcher?
Il aurait été interdit en 10 minutes, traité de nazi sur tous les plateaux, et son livre aurait été brûlé en place publique par les mêmes qui aujourd’hui applaudissent Arnault.
Mais Arnault est de gauche. Arnault est LFI. Arnault est « antifasciste » . Donc tout lui est permis. Même de cracher sur la tombe d’un mort. Cela m’arrache le coeur d’écrire ces mots. Je pense aux parents de Quentin qui n’en finissent pas de recevoir des coups de couteau au coeur, je pense à Quentin qui n’en finit pas de mourir…
Nous, nous répétons ad nauseam : Quentin, on ne t’oublie pas
Mais nous sommes très seuls… Alors, oui, on peut le dire sans hésitation, cette autorisation est une honte. Une honte judiciaire. Une honte morale. Une honte pour la République.
La justice n’a pas protégé la liberté d’expression. Elle a protégé l’impunité. Elle a protégé l’arrogance d’un petit chef de bande devenu député grâce à la violence de ses troupes.
Mais qu’Arnault se le dise : on n’oubliera pas. On n’oubliera pas Quentin, 23 ans, roué de coups au sol. On n’oubliera pas ses parents qui pleurent. On n’oubliera pas les 14 mis en examen. On n’oubliera pas que la Jeune Garde a été dissoute pour violence.
Et on n’oubliera pas ce 6 novembre à Villeurbanne, où un homme sans dignité ni décence est venu vendre son livre sur le sang d’un autre.
Quentin Deranque, lui, ne pourra jamais écrire de livre. Il est mort à 23 ans.
Arnault, lui, écrit des livres sur l’antifascisme. Sur le cadavre de Quentin.
C’est ça, la France de 2026.
Christine Tasin
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