Le salaire de la traîtrise

Eh bien oui, les leçons ne s’apprennent pas !!! Le théâtre politique doit, vaille que vaille, perpétuer ses performances avec les mêmes acteurs, les mêmes participants, les mêmes menteurs et tricheurs. Les consultations présidentielles actuelles en Israël nous ramènent inévitablement au format du gouvernement Bennett-Lapid de juin 2021. Aujourd’hui, le processus de formation du nouveau cabinet ravive des débats de fond profonds sur l’identité de l’État, la sécurité nationale et l’impartialité des institutions.

La participation des partis arabes à la gouvernance crée une situation alambiquée. Pourtant, tout Israélien, même le plus timoré, sait exactement ce que cela signifie : verser beaucoup d’argent pour acheter le silence des députés arabes ou obtenir leur accord sur les législations. Cet argent, ce n’est plus un secret de polichinelle, ira directement alimenter les caisses d’organisations terroristes. C’est vérifié. Pendant ce temps, sur l’autre plateau de la balance, l’Arabe applique souvent la polygamie et fabrique en silence des centaines d’enfants en un rien de temps — des enfants qui deviendront pour partie l’armée en herbe de Mahomet = des terroristes assoiffés de sang et des brigands. Et puisque cette stratégie est rentable, le système se maintient.

Israël, bien que conscient du jeu, poursuit son rôle et déplace ses pions sur l’échiquier national. L’alignement potentiel du parti Ra’am de Mansour Abbas, au visage poupin et à la bedaine d’un bon vivant, derrière la candidature de Gadi Eisenkot suscite deux lectures diamétralement opposées au sein de la société, et l’on reprend gaiement la thèse de l’infiltration et du double discours.

Pour une part importante de la droite et du bloc national, le refus de Mansour Abbas de qualifier le Hamas d’organisation terroriste confirme l’existence d’une ambiguïté stratégique. Elle existait durant le mandat Lapid-Bennet et se poursuit toujours.

Les tenants de cette position estiment que la participation de partis non sionistes aux décisions de sécurité nationale ne fait pas qu’affaiblir l’État de l’intérieur : elle le décompose. Selon cette perspective, les concessions accordées sur les budgets ou l’autonomie locale serviraient un agenda de long terme visant à modifier la géographie, la nature juive et démocratique d’Israël, pour enfin atteindre l’objectif tant souhaité de la disparition totale du Juif au Moyen-Orient, et peut-être même dans le monde entier.

Le Juif d’aujourd’hui n’a en effet rien à envier à celui d’hier, lorsque Joseph Goebbels réussissait à convaincre l’Allemagne — pourtant le pays le plus instruit et le plus avancé au monde à l’époque — d’une chose simple : tous ses malheurs étaient causés par le peuple juif. À l’instar du slogan actuel « Palestine libre », sa formule était d’une simplicité redoutable : « Juden sind unser Unglück » (Les Juifs sont notre malheur).

Face à cela, le centre et la gauche jouent les dindons de la farce en soutenant que l’inclusion politique est le seul moyen d’intégrer les 20 % de citoyens arabes israéliens. Ils rappellent que Mansour Abbas a publiquement reconnu Israël comme un État juif par le passé et qu’il se concentre sur les droits civils, le logement ou la lutte contre la criminalité. Pour eux, sa condamnation globale du terrorisme et sa demande de protection personnelle témoigneraient de la prétendue difficulté de sa position face aux extrémistes des deux bords. Oui, mais, ces prétextes demeurent les mêmes et sont toujours faux.

Et que fait le maître d’orchestre de ce désastre, le président d’Israël Isaac Herzog ? Son rôle fait lui aussi l’objet de contestations quant à ses motivations réelles.

D’un côté, l’accusation de partialité et de naïveté est lourde : plusieurs observateurs et opposants politiques lui reprochent un manque flagrant de fermeté et d’intégrité. Certains l’accusent de cécité face aux justifications commodes de Mansour Abbas. D’autres vont plus loin en suggérant que, sous couvert de neutralité institutionnelle, le président — issu historiquement du Parti travailliste — chercherait activement à faciliter une coalition de centre-gauche menée par Gadi Eisenkot en légitimant le poids politique des partis arabes.

De l’autre côté, les constitutionnalistes défendent son rôle institutionnel en arguant qu’Isaac Herzog ne fait qu’appliquer la loi fondamentale de l’État, qui lui impose l’obligation légale de recevoir tous les partis ayant franchi le seuil électoral et siégeant légalement à la Knesset. Selon cette vision purement technique, le président n’émettrait pas de jugement de valeur, mais prendrait simplement acte des rapports de force issus du suffrage universel pour désigner le candidat ayant la plus grande probabilité de former une coalition.

En réalité, le président se fout quasiment des familles endeuillées suite à l’attaque surprise du 7 octobre 2023 et de la débâcle sur tous les fronts. L’objectif semble clair : il faut sauver le vaillant « soldat Hamas ». Et tant pis pour les Juifs, laissés en curée pour les chiens.

Thérèse Zrihen-Dvir

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