Julien Odoul a du talent. On le sait. Il parle bien, il frappe juste, il sait faire monter la sauce. Porte-parole du Rassemblement national, député de l’Yonne, il a longtemps incarné une certaine radicalité, celle de ceux qui se disent persécutés par le système, harcelés par la justice, victimes d’une démocratie à géométrie variable. Dans l’affaire des assistants parlementaires, il a connu le banc des accusés, la condamnation, le sentiment d’être traité comme un ennemi de l’intérieur. On aurait pu croire qu’un homme passé par là garderait une mémoire vive de ce que signifie la liberté d’expression, la dissidence, le droit de penser autrement.
Or voilà qu’il applaudit l’expulsion de Xenia Fedorova, ancien président de RT France, aujourd’hui chroniqueuse dans les médias Bolloré. Une bonne décision , a-t-il lâché sur Sud Radio. Tous les ennemis de la France doivent partir, a-t-il ajouté, avant de se rattraper sur le « deux poids deux mesures » avec les OQTF non exécutées. Le message est clair : on peut critiquer le gouvernement, mais pas trop, et surtout pas quand il s’agit d’une voix qui dérange l’ordre établi sur la guerre en Ukraine.
Pour un homme qui se présente comme victime d’une justice politique, il a la mémoire courte ! Fedorova n’est pas une délinquante. C’est une journaliste, une propagandiste selon ses détracteurs, une libre-penseuse selon ses défenseurs. Elle a dirigé une chaîne interdite, elle a continué à parler, elle a trouvé des micros. L’État décide qu’elle est une menace pour l’ordre public et la met à la porte. Odoul, lui, hurle avec les loups. Il se range du côté du pouvoir qu’il combat le reste du temps. Il valide la logique qui, demain, pourrait frapper n’importe qui d’autre qui « pense par lui-même ».
C’est cela qui inquiète. Pas seulement l’expulsion en elle-même, mais la facilité avec laquelle un cadre du RN, talentueux, médiatique, jugé radical, se range derrière une mesure qui ressemble à s’y méprendre à celles de la macronie. La même logique de sécurité, de menace à l’ordre public, de silence imposé aux voix gênantes. On change de camp, on change de discours, on change d’ennemi… mais on garde le même réflexe : quand ça arrange, on applaudit la censure déguisée.
Odoul a du talent, c’est vrai. Mais le talent sans mémoire et sans cohérence ne vaut pas mieux que la soumission. Et pour un parti qui se prétend alternatif, ce genre de bascule fait froid dans le dos.
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Si encore avec ODOUL ceux qui n’ont pas compris qu’ils ne doivent pas voter pour le RN, donc MARINE ou autre, ils n’ont rien compris et ne comprendront jamais !
Et comme dit Le chti français, il faut tout raser et tout reconstruire. On commence quand ?
Moi, je n’abois pas avec les loups qui nous gouvernent !!!
Bonjour, je pense sincèrement que tous les hommes ou femmes politiques sont des racailles, ils ne pensent qu’à leur « carrière » et à inventer des postes pour placer les leurs. Ils nous sucent tous nos espoirs et notre argent à petite dose comme le font les araignées.On est bien loin de l’ideal démocratique ! Il nous faut tout raser et tout reconstruire ! Sinon, il nous sera impossible de ce sortir de ce guêpier. Bonne journée
C’est atterrant, que dire de plus. Peut-être espère-t-il l’indulgence des juges dans un prochain procès ?
Un juge, indulgent avec un cadre RN ? Vous rêvez, Argo !
On ne sait jamais, en tout cas il est mûr pour adhérer à Renaissance.