- 1Vous vous faites connaître sous le nom de « La Hurleuse« . Pourquoi avoir choisi ce pseudonyme ? Que représente-t-il pour vous ?
« La Hurleuse », c’est la voix de ceux qui n’en ont plus… C’est un personnage, mais c’est aussi une partie de moi. Il a tout un symbole. J’ai choisi un masque de corneille, car nos ancêtres gaulois avaient une déesse nommée Catubodua, représentée par une grande corneille qui, comme la Morrigan irlandaise, planait au-dessus des champs de bataille pour conduire l’âme des guerriers morts au combat vers le royaume des morts glorieux. Dans un aspect plus chrétien, il est pour moi la représentation de saint Benoît de Nursie, mon préféré, dont le corvidé est le symbole. Ces deux aspects équilibrent, pour moi, ce que sont les réelles racines de notre belle terre de France; christo-païennes. J’en parle beaucoup dans mes chansons. J’estime que la France est riche de ces deux aspects spirituo-religieux qui l’ont modelée et que nous ne devons pas les dissimuler. Il faut aussi comprendre que si je porte un masque, c’est également parce qu’aujourd’hui, lorsqu’on s’engage publiquement sur certains sujets, il faut parfois protéger sa vie privée. J’ai d’ailleurs reçu des menaces et subi de nombreuses insultes après certaines de mes prises de position publiques. Mais tout cela ne me fait pas reculer. Car derrière ce masque, je ne cherche pas à me cacher, je cherche à faire passer un message… celui d’une femme qui ne gardera jamais le silence face à ce qu’elle considère comme des injustices. Je hurle pour la France, pour son patrimoine, pour mes compatriotes, pour ceux qui se battent au quotidien, comme nos pompiers, nos policiers, nos gendarmes, nos militaires, nos soignants, nos agriculteurs… C’est un cri d’amour… autant qu’un cri d’alarme. Je crois que même dans la tombe, on m’entendra encore ! (Rires)
2 Vos chansons s’articulent autour du patriotisme. Qu’est-ce qui vous a donné envie d’aborder ce thème dans votre musique ?
Mes deux grands-pères… L’un était communiste, l’autre ardent patriote… et lepéniste. J’ai été nourrie dans les deux « camps ». Je suis longtemps restée moi-même dans cette gauche bisounours… jusqu’à ce que je rencontre un certain leader en meeting. Son nom commence par M et finit par « chon ». Ce jour-là, je me suis demandé « Mais qu’est-ce que je fous au milieu de ces gens ?! ». J’ai eu une véritable prise de conscience ce jour-là. Bien sûr, d’autres événements ont fait que j’ai changé de bord… Comme, par exemple, le fait que, pour moi, un homme est un homme, une femme est une femme et que tous deux sont égaux certes en droits, mais non en capacités physiques. J’estime que chacun a sa place. Je ne parle pas de position inférieure, mais zut ! Perso, moi, j’aime les mâles affirmés. Pas les hommes déconstruits de cette gauche pro-licornes, ascendant Monsieur-Madame. Et aussi parce que j’aime profondément mon pays. J’ai longtemps eu l’impression que le patriotisme était devenu un mot dont certains avaient honte. Mais aimer la France, ce n’est détester personne… C’est aimer son histoire, sa culture, ses paysages, ses traditions et vouloir transmettre tout cela aux générations suivantes. Nos enfants sont précieux. Ils sont l’avenir de notre pays, et c’est pour eux que je me bats en priorité. Et la musique peut toucher leur cœur plus vite que de grands bla-bla politiques dont beaucoup se moquent, y compris les adultes. Si mes chansons peuvent redonner un peu de fierté à certains Français, alors c’est que j’ai atteint mon objectif. Parfois, la motivation patriotique émanant d’une seule personne qui croit en ses convictions et sait les transmettre aux foules est plus puissante que ne le serait un super-héros.
- Vous utilisez l’intelligence artificielle pour créer vos chansons. Comment se déroule concrètement votre processus de création ? De l’idée jusqu’au morceau final. Tout commence par une idée ou une émotion… J’écris ensuite moi-même les paroles, parfois pendant plusieurs heures la nuit, voire plusieurs jours. Je travaille énormément la structure, le rythme, les images et les références historiques ou culturelles. Je suis une amoureuse de notre patrimoine, de notre histoire, de notre langue et j’ai, je l’avoue, une aisance particulière pour l’écriture de textes et de poèmes. Enfant, je remplissais des cahiers entiers de contes et de poèmes que j’écrivais. Je les ai toujours, si ça vous intéresse… et que vous aimez les contes de fées Rires
- J’ai également une grande passion pour les livres qui parlent de l’histoire antique européenne, africaine et asiatique, des grands penseurs chrétiens, mais également… soufis. Pour mes compos, une fois le texte écrit, j’imagine l’ambiance musicale et je donne des indications très précises à l’IA musicale. L’IA corrige également mes fautes d’orthographe et m’aide à trouver des synonymes lorsque je bloque sur des rimes. Je fais de nombreux essais. Je recommence jusqu’à obtenir exactement ce que j’avais en tête. Parfois, je m’arrache les cheveux, mais ça vaut le coup lorsque le résultat vibre dans mes oreilles. Enfin, je crée toute l’identité visuelle de la chanson avec la pochette, la miniature, le montage et la mise en scène. Là aussi, j’utilise l’IA. L’IA est mon outil, mais la direction artistique reste entièrement la mienn
- Où s’arrête, selon vous, le travail de l’IA et où commence votre apport artistique ?
- L’IA ne ressent rien… Elle ne vit pas les émotions à ma place. Elle ne choisit pas les mots qui me touchent, les thèmes qui me tiennent à cœur ou les messages que je veux transmettre. Elle exécute des demandes. L’artiste imagine, décide, corrige et recommence jusqu’à ce que l’œuvre corresponde à sa vision. Pour moi, l’IA est comparable à un nouvel instrument de musique. Je m’en sers pour créer. Mais l’IA ne remplace pas mes idées. Mon esprit, mon intellect restent maîtres de mes créations.
- Vos chansons semblent toucher un public de plus en plus large. Qu’est-ce qui, selon vous, explique cet engouement ? Je pense que les gens ressentent la sincérité. Je ne cherche pas à faire carrière, je partage des convictions. Mes chansons parlent de sujets que beaucoup n’entendent plus dans la musique actuelle; la France, le courage, les racines, la transmission, l’humour satirique aussi. Elles mélangent émotion, énergie et parfois provocation. Je crois que beaucoup de Français avaient envie d’entendre autre chose… C’est le but de la Hurleuse et c’est sa devise: « Hurler haut ce que d’autres chuchotent »
- Recevez-vous aussi des critiques, que ce soit pour les thèmes que vous choisissez ou pour l’usage de l’IA ? Comment le vivez-vous ? Bien sûr ! Dès qu’on s’expose publiquement, on s’expose aussi aux critiques. Il faut l’accepter. Certaines sont constructives et je les écoute avec intérêt. D’autres sont purement idéologiques ou cherchent simplement à discréditer. Elles sont parfois atroces, blessantes… Mais j’ai appris à zapper. Avant, je discutais, j’essayais de convaincre. Aujourd’hui, je m’en moque. Je garde le sourire et j’avance. Concernant l’IA, je comprends les interrogations. Mais je préfère qu’on juge une œuvre sur ce qu’elle transmet plutôt que sur l’outil utilisé pour la produire. Je reste fidèle à mes convictions sans chercher à convaincre tout le monde. Je n’ai pas la voix pour chanter mes textes. Je n’ai de voix que pour le chant grégorien et orthodoxe. Parfois, je chante mes propres chansons en franc reconstitué et/ou en gaulois reconstitué. Mais ça n’est pas une reconstitution fiable à 100 %, puisque nous avons très peu de vestiges de ces langues de nos ancêtres. Cette reconstitution, grâce à l’IA, me permet néanmoins de chanter mes textes et de faire revivre artistiquement l’intonation linguistique de nos ancêtres. Je me sens ainsi plus proche d’eux. L’IA est merveilleuse, oui… Mais elle ne remplacera jamais la puissance émotionnelle de la voix humaine qui remplit une église. Car oui, je ne chante que dans les églises, où l’acoustique est puissante.
- Quel message principal souhaitez-vous transmettre à ceux qui écoutent votre musique, qu’ils partagent ou non vos convictions ? J’aimerais qu’ils se rappellent qu’on peut aimer profondément son pays sans renoncer à la bienveillance… Que le courage, la transmission, l’honneur, la solidarité et le respect de nos anciens ne sont pas des valeurs dépassées. Même si l’on n’est pas d’accord avec mes opinions, j’espère que chacun pourra reconnaître la sincérité de ma démarche. Mon public est varié et bienveillant. Mes auditeurs sont chrétiens, païens, laïques, athées, patriotes, républicains, jeunes ou anciens, issus de tous les corps de métier, de la campagne comme de la ville. Ce qui les unit n’est, au final, pas tant mes propres convictions politiques, mais la France… NOTRE France. Nous sommes tous des amoureux de la France. C’est tout ce qui compte.
- Pensez-vous que l’intelligence artificielle va transformer durablement la musique ou pas ? Oui, comme le synthétiseur, l’ordinateur ou Internet l’ont fait avant elle… L’IA ne remplacera jamais totalement les artistes. Comme je l’ai dit, elle ne remplacera jamais l’émotion transmise par une voix humaine. Mais elle va démocratiser la création. Elle permettra à des personnes qui n’ont pas fait le conservatoire ou qui ne savent pas jouer d’un instrument de donner vie à leurs idées. Beaucoup de personnes handicapées utilisent aussi l’IA pour s’exprimer. Et ça… c’est une révolution émotionnelle extraordinaire ! L’IA, comme toute révolution technologique, apportera le meilleur… et parfois le pire. Tout dépendra de l’usage que l’on en fera.
- Si vous pouviez collaborer avec un artiste, vivant ou disparu, lequel choisiriez-vous et pourquoi ? J’adorerais collaborer avec Millésime K, composer pour lui. Au-delà de son immense talent de compositeur, il possède une qualité que j’admire profondément qui est cette capacité à faire passer des émotions simples avec des mots qui parlent à tout le monde. C’est une forme de sincérité que je trouve magnifique. Pour moi, il est l’un des chanteurs patriotiques français les plus courageux que je connaisse. Malgré les menaces et la haine, il est toujours debout. Je suis admirative. Niveau composition assistée par IA, je suis déjà en partenariat avec Voix des Cendres, un jeune homme de 20 ans très prometteur. Il a un talent incroyable pour les compositions historiques. Je suis admirative de son travail. Et là où je suis touchée, c’est qu’il s’est lancé lui-même après avoir été inspiré par mes propres compositions. C’est un honneur d’avoir été son modèle. On est très liés… On échange beaucoup de conseils. C’est un bel avenir pour notre pays, ce jeune homme. Deux chanteuses pour lesquelles j’aurais adoré écrire, si elles étaient encore vivantes, auraient été Lucienne Delyle et Édith Piaf. Il y en aurait bien d’autres, puisque j’ai été bercée par l’accordéon de mon arrière-grand-mère… Ma chanson préférée reste d’ailleurs Les Amants de Saint-Jean, ainsi que La Foule.
- Y a-t-il une question que j’aurais dû vous poser et à laquelle vous aimeriez répondre ? Oui… « Pourquoi continuez-vous malgré les difficultés, les insultes et les menaces ? » Parce que, comme Millésime K et beaucoup d’autres chanteurs et influenceurs patriotiques, je crois profondément que chacun peut apporter sa pierre à l’édifice… Et également parce que j’ai fait une promesse à mon père… Il est mort dans mes bras, à l’hôpital, le 22 février 2025, après une lutte de plusieurs mois contre un cancer de l’œsophage qui l’a rongé et l’a laissé aussi vulnérable qu’un enfant sans force. Je n’oublierai jamais ce moment… Mon père fut mon 287e décès (Je suis aide-soignante et j’ai longtemps travaillé en oncologie et en soins palliatifs.) Mon père était un fervent patriote. Je porte sa voix. J’ai d’ailleurs écrit une chanson le jour même de sa mort, à l’hôpital. Cette chanson, dont le titre est « Yah est ma force », était pour moi un prémices; Dieu et ma patrie. Mon père est mort juste après ma récitation du Psaume 23, au moment précis où je prononçais le dernier mot de ce psaume. Il a expiré, apaisé, le visage comme illuminé… J’ai alors ouvert la fenêtre de sa chambre. Le soleil se levait… Les oiseaux chantaient… Et un corvidé a croassé plusieurs fois. Quelques jours auparavant, avant qu’il ne plonge dans le coma provoqué par la sédation, il m’avait simplement dit au téléphone; « Je t’aime, ma fille… Continue le combat pour tes enfants. Adieu… Je t’aime ». Le jour où mon père est mort, la petite républicaine est morte avec lui… et la guerrière patriote est définitivement apparue avec son masque de Hurleuse. Je ne prétends pas changer le monde avec une chanson. Mais si une musique redonne un peu d’espoir, un sourire, de la fierté ou l’envie de s’engager pour une cause qui lui tient à cœur, alors elle a déjà rempli son rôle. Je continuerai à créer tant que j’aurai quelque chose à dire et tant que des personnes auront envie de l’entendre. J’aime ma France… à en « crever ».
Une de ces chansons :
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