- Langue maternelle et racines : Né à Ajaccio en 1769 peu après le rattachement de la Corse à la France, Napoléon a grandi dans un environnement où l’on parlait corse et italien. L’italien était d’ailleurs la langue de culture et administrative de l’île à cette époque.
Apprentissage du français : il n’a commencé à apprendre sérieusement le français qu’en grandissant, notamment lors de son arrivée sur le continent à l’école d’Autun puis au collège militaire de Brienne vers l’âge de 9-10 ans.
Accent et maîtrise : Tout au long de sa vie, il a gardé un accent corse/italien prononcé lorsqu’il parlait français, ainsi que des particularités orthographiques. S’il a fini par acquérir une excellente maîtrise opérationnelle et littéraire du français pour gouverner, l’italien (ou le dialecte corse-toscan) restait plus naturel dans ses origines familiales.
La famille Bonaparte (à l’origine écrite Buonaparte) était d’origine patricienne toscane, établie en Corse au XVIe siècle. Napoléon était très conscient de cette généalogie. Lors de sa première campagne d’Italie en 1796, il a profité de sa présence sur place pour faire des recherches sur ses ancêtres à San Miniato et à Florence, une démarche qui visait autant à légitimer son autorité auprès des élites locales qu’à renouer avec ses propres racines.
L’opéra italien : Napoléon préférait de loin la musique italienne à la musique française, qu’il jugeait trop lourde. Il vénérait des compositeurs comme Giovanni Paisiello (qu’il fit venir à Paris) et Niccolò Antonio Zingarelli.
La littérature : Dans sa jeunesse, il lit passionnément la poésie italienne, notamment le poète de la Renaissance Ludovico Ariosto (L’Arioste).
Il y a expérimenté pour la première fois l’art de gouverner en créant des « républiques sœurs » (comme la République cisalpine).
S’adressant aux Italiens dans leur propre langue, il s’est présenté non pas comme un conquérant étranger, mais comme un libérateur issu du même sang. Cette proximité culturelle lui a permis de s’aliéner une partie des élites italiennes et de jeter, presque malgré lui, les premières graines du Risorgimento (l’unification italienne)
En février 1871, après la proclamation de la Troisième République française, Garibaldi fut élu député à l’Assemblée nationale française — alors provisoirement installée à Bordeaux — lors des élections législatives du 8 février ; il fut élu en tant que deuxième député d’Alger, derrière Gambetta. Il espérait obtenir l’abrogation du traité de Turin de 1860, par lequel le comté de Nice avait été cédé à Napoléon III. Cette revendication en faveur d’une restitution à l’Italie déboucha sur les « Vêpres niçoises », survenues entre le 8 et le 10 février, qui furent réprimées militairement par des charges de cavalerie et de nombreuses arrestations. Lors de la séance du 8 mars, le candidat venant immédiatement après les élus contesta la légitimité de l’élection de Garibaldi.
Victor Hugo prit la parole pour le défendre, affirmant que Garibaldi avait été le seul à intervenir pour défendre la France, contrairement à d’autres nations ou souverains ; une déclaration qui suscita de vives polémiques.
Voici ce que déclara Victor Hugo:
«Je ne dirai qu’un mot. La France vient de traverser une épreuve terrible, d’où elle est sortie sanglante et vaincue. On peut être vaincu et rester grand. La France le prouve. La France, accablée en présence des nations, a rencontré la lâcheté de l’Europe. De toutes ces puissances européennes, aucune ne s’est levée pour défendre cette France qui, tant de fois, avait pris en main la cause de l’Europe… Pas un roi, pas un État, personne! Un seul homme excepté… Où les puissances, comme on dit, n’intervenaient pas, eh bien un homme est intervenu, et cet homme est une puissance. Cet homme, Messieurs, qu’avait-il? Son épée. Je ne veux blesser personne dans cette Assemblée, mais je dirai qu’il est le seul, des généraux qui ont lutté pour la France, le seul qui n’ait pas été vaincu.»
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