Grenoble, 17 octobre. Des manifestations qui dégénèrent. Des vitrines brisées, des magasins pillés, des commerçants en larmes devant le travail d’une vie saccagé. 150 commerces touchés dans le seul centre-ville, des dizaines de boutiques toujours barricadées trois semaines après.
Et au milieu de ce chaos, un commerçant. Il voit des pilleurs entrer chez lui. Il ne fuit pas. Il ne se couche pas. Il se défend. Il braque les agresseurs pour les faire fuir, pour protéger son magasin, ses salariés, sa famille.
Résultat ? Une enquête ouverte… contre lui.
Voilà où nous en sommes. Voilà l’inversion totale des valeurs.
Le pilleur est une victime de la société, qu’il faut comprendre, excuser, contextualiser. Le commerçant qui se défend est un coupable en puissance, qu’il faut auditionner, perquisitionner, mettre en examen. On ouvre une enquête pour savoir si sa défense était « proportionnée ». Proportionnée à quoi? À des types masqués qui défoncent votre vitrine à coups de pied-de-biche?
La légitime défense est devenue en France un crime presque plus grave que l’agression elle-même. On a le droit de se faire voler, de se faire frapper, de se faire piller. On n’a pas le droit de réagir. Il faut appeler le 17, attendre, filmer si possible, et surtout ne rien faire. Le citoyen doit être passif. Le commerçant doit être une victime docile. Le père de famille doit regarder ses enfants terrorisés sans bouger.
C’est une folie. C’est une trahison.
Car que dit le Droit? Que dit la morale la plus élémentaire? Que celui qui attaque est responsable de ce qui lui arrive quand on se défend. Que la violence de l’agresseur légitime la force de celui qui se protège. Que la peur, l’urgence, l’instinct de survie ne se mesurent pas avec un rapporteur dans un bureau climatisé, des mois après les faits.
Mais notre Justice a inversé la charge. Elle a peur des honnêtes gens armés de leur courage, et elle a peur des voyous armés de leur violence. Alors elle choisit : elle poursuit les premiers, parce qu’ils sont solvables, identifiables, respectueux des convocations. Et elle laisse les seconds, parce qu’ils sont anonymes, masqués, insaisissables, et surtout… dangereux à poursuivre.
Le message envoyé à toute la France est terrifiant : Ne vous défendez pas. Laissez-vous piller. L’État ne vous protégera pas, et si vous vous protégez vous-mêmes, c’est l’État qui vous poursuivra.
Quand la légitime défense est poursuivie, il n’y a plus de Justice. Il n’y a plus que la loi du plus fort. La loi de la jungle. Le pilleur sait qu’il peut tout prendre, parce que le commerçant sait qu’il ne peut rien faire. Le voyou sait qu’il est impuni, parce que l’honnête homme sait qu’il sera puni s’il réagit.
À Grenoble comme ailleurs, on a choisi le camp des prédateurs contre le camp des travailleurs. On a choisi les casseurs contre les bâtisseurs. On a choisi la racaille contre la France qui se lève tôt.
Un pays qui punit celui qui défend son bien, sa famille, sa vie, est un pays qui a déjà abdiqué. Il ne lui reste qu’à regarder ses villes brûler, ses commerces fermer, et ses honnêtes gens partir ou se taire.
Il est temps de rétablir l’évidence : se défendre n’est pas un délit. C’est un droit. C’est même un devoir.
Jeanne la Pucelle
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