On y voit plus clair, mais rien n’est joué. C’est la première élection depuis le 7 octobre 2023, participation historique à 77,7% — du jamais vu depuis 1999… et un pays coupé en trois.
Où en est-on au moment où j’écris cet article, 20h mercredi avec 84,5% des urnes dépouillées selon la Commission électorale centrale ?
Bloc Netanyahu : 54 sièges – Likoud 27, Judaïsme Unifié 7, Shas 7, Otzma Yehudit (Ben-Gvir) 7, Sionisme Religieux (Smotrich) 6
Bloc Eisenkot (Yashar + opposition sioniste): 49 sièges – Yashar 22, Yachad (Bennett/Lapid) 12, Les Démocrates 8, Israel Beiteinou (Liberman) 7
Partis arabes: 17 sièges – Liste Unie 11, Ra’am (Mansour Abbas) 6
Personne n’a les 61 sièges pour gouverner. Ce qu’il reste à ouvrir : la divine surprise ?
Plus de 650.000 bulletins en double enveloppe selon la Commission — dont environ 500.000 bulletins de militaires, de réservistes, de diplomates, de malades hospitalisés. Ils sont comptés en dernier, jeudi matin au plus tôt.
Et c’est là que tout peut basculer. Historiquement, ces bulletins penchent très lourdement à droite, pour les partis sionistes. En 2022, ils avaient fait gagner 2 sièges à la droite. Cette fois, avec 500.000 soldats qui sortent de deux ans de guerre à Gaza et au Liban, l’effet pourrait être massif.
Netanyahu l’a dit mardi soir « La majorité juive et sioniste doit se ressaisir et s’unir ». Il ne lui manque que 7 sièges. S’il récupère 3 à 4 sièges sur les militaires, il passe à 57-58. Et il ne lui faudrait qu’un transfuge pour gouverner en minorité.
Les 3 scénarios
Le miracle des urnes militaires. C’est le scénario que tout le camp national espère. Si les soldats donnent 3 sièges de plus au bloc Netanyahu, on passerait à 57 contre 46 pour Eisenkot, avec 17 aux Arabes. Netanyahu resterait Premier ministre par intérim pendant des mois de négociations, et pourrait tenter un gouvernement minoritaire toléré par une partie de la droite oppositionnelle.
Le blocage et l’alliance contre-nature. Mathématiquement, Eisenkot pourrait avoir 66 sièges s’il s’alliait aux partis arabes (49 + 17). Mais c’est là que ça coince. C’est ce que j’appelle les résistants, une partie de son propre bloc — Avigdor Liberman (Israel Beiteinou), une partie de Yachad — a dit qu’ils préfèreraient perdre et retourner aux urnes plutôt que de former un gouvernement dépendant de la Liste Unie, qui qualifie Tsahal de criminels de guerre et considère le Hamas comme « une organisation caritative », et de Ra’am. Eisenkot lui-même a quasiment exclu de gouverner avec eux.
Sans eux, Eisenkot ne peut pas atteindre 61.
Résultat, le bourbier, certes, mais préférable à une victoire des ennemis d’IsraËl, les partis arabes ! Pas de majorité, Netanyahu reste. Si personne n’a 61, la loi israélienne prévoit que Netanyahu reste Premier ministre par intérim. Le président Herzog consulte, désigne quelqu’un, mais si les négociations échouent, on va à une 6e élection en 5 ans.
Trump a déjà revendiqué son influence : après son soutien public à Bibi dans les derniers jours, les sondages qui donnaient Eisenkot gagnant se sont retournés.
Verdict final jeudi soir / vendredi matin. Mais une chose est sûre : ce sont sans doute les soldats, ceux qui ont fait la guerre depuis le 7 octobre, qui auront le dernier mot. Et, quant à moi, c’est ce que je souhaite…
Christine Tasin
3 total views, 3 views today


Soyez le premier à commenter