Comment protéger la mémoire nationale, encadrer l’écriture de l’histoire et transmettre cet héritage aux générations futures ? C’est autour de ces enjeux que se sont ouvertes hier, au Centre international des conférences à Alger, les assises nationales sur la mémoire et l’histoire. Ont pris part à cette rencontre de deux jours, « organisée par le ministère des Moudjahidine et des Ayants droit », plusieurs ministres, des représentants d’institutions nationales, des membres de la famille révolutionnaire ….ainsi que des historiens, des chercheurs et des universitaires.
« Les travaux doivent notamment contribuer à la préparation d’un projet de loi relatif à la mémoire nationale ».
L’ambition affichée est de dépasser le seul travail «de commémoration» pour mettre en place une démarche structurée, capable de coordonner les initiatives. Aussi, il s’agit de mieux «exploiter les archives et de renforcer les instruments de transmission du passé national». Les interventions des participants ont ainsi porté sur «Les moyens de consolider la recherche historique», de «Protéger les sources documentaires» et …de «Faire face aux tentatives de falsification».
Dans son intervention, le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherift, a insisté sur «la nécessité d’inscrire la préservation de la mémoire nationale dans une démarche durable», au-delà des seules commémorations. Il a notamment évoqué les initiatives engagées pour faire connaître l’histoire de la lutte de libération nationale, documenter les crimes coloniaux et « valoriser » le patrimoine historique, à travers notamment les supports audiovisuels et numériques.
Présentant les grandes lignes de la démarche envisagée, Hocine Abdessatar, chargé de la gestion des affaires du Centre national d’études et de recherche sur la résistance populaire, le Mouvement national et la Révolution du 1er Novembre 1954, a souligné que la mémoire nationale constitue «un enjeu de souveraineté et de continuité de l’Etat». Il a également relevé les défis posés par la circulation des informations sur les plateformes numériques, le développement de l’intelligence artificielle et « les risques de falsification de l’histoire ». A ce sujet, les travaux doivent permettre l’élaboration d’outils de référence « destinés à mieux encadrer cette politique ». Parmi les propositions présentées figurent «un document national sur la gouvernance de la mémoire et de l’histoire», «un glossaire commun», «un guide pour l’écriture de l’histoire» ainsi qu’une «vision organisée de la gestion des archives».
Récupération des archives
Des recommandations sont également attendues concernant l’enseignement de l’histoire, le traitement des questions mémorielles dans les médias et la collecte des témoignages oraux. La numérisation des archives, la constitution de bases de données nationales et le recours aux nouvelles technologies dans la recherche historique figurent aussi parmi les axes de réflexion. L’objectif est de renforcer les moyens de préservation des sources historiques et de mieux lutter contre les tentatives de falsification, notamment dans l’espace numérique.
De son côté, le professeur Mohamed Hassan Zeghidi, coordinateur du Comité algérien pour la mémoire et l’histoire, a rappelé le rôle de l’histoire dans la construction de l’identité nationale. Il a notamment fait référence à la Constitution de 2020, dont l’article 80 prévoit que l’Etat œuvre à l’écriture de l’histoire nationale et à sa transmission aux générations successives. L’intervenant a fait part de la nécessité de mettre en place un cadre scientifique et méthodologique associant les historiens, les universitaires, les moudjahidine, la famille révolutionnaire et la société civile. Aussi, il a dans sa prise de parole évoqué la protection juridique de la mémoire et «la poursuite des démarches visant à récupérer les biens, les documents et les archives liés à l’histoire de l’Algérie et conservés à l’étranger».
La question des archives a également été abordée par Bounaama, directeur général des Archives nationales. Celui-ci a souligné le rôle central des fonds archivistiques dans la préservation de la mémoire collective et l’importance de renforcer leur conservation et leur valorisation. «Ces documents constituent un patrimoine essentiel pour la recherche historique et la transmission des connaissances aux générations futures», a-t-il relevé, soulignant que «l’enjeu est également d’améliorer la coordination entre les institutions concernées et de développer les instruments juridiques encadrant la préservation de ce patrimoine».
Pour les intervenants, la réflexion engagée doit permettre «d’articuler les textes existants et les différentes actions menées dans le domaine de la mémoire nationale».
Des ateliers thématiques ont également été organisés afin d’approfondir les différentes questions liées à la mémoire et à l’histoire nationales et de formuler des propositions concrètes. Notons que, selon les animateurs de ces assises, les recommandations issues de ces deux journées sont attendues «pour orienter les prochaines étapes de l’élaboration du projet de loi relatif à la mémoire nationale». source https://elwatan.dz/assises-nationales-sur-la-memoire-et-lhistoire-vers-lelaboration-dun-projet-de-loi/ Juvénal
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La recherche académique entre historiens est bannie sauf pour le collabo officiel qui va servir de mono-couverture Benjamin Stora, bien sûr historiogrape agréé !