Fin de règne: Macron case ses fidèles partout — du Conseil d’État à CDC Habitat

Ses fidèles ? Que dis-je ? Ses pions plutôt ! Je ne sais pas si c’est un grand joueur d’échec (je ne le pense pas il ne tient pas en place ; le propre du joueur d’échec est la concentration liée à l’immobilité) mais je suis sûre qu’il ne peut supporter l’idée de ne pas peser, manipuler, troubler, blesser… C’est vraiment le démon comme on l’imagine depuis des centaines d’années.

Macron continue donc de placer ses pions dans tous les organes de la République… histoire de rester au pouvoir sans y être… Satanique ? Même pas, juste manipulateur diabolique.

 Florent Boudié entre au Conseil d’État. Anne-Claire Mialot  à CDC habitat

ET les grands patrons mentent… niel et pigasse des mensonges sous serment ?

Pendant que la France des lycées bloqués gronde, l’Élysée continue donc, forcément, sa petite cuisine de fin de règne.
Deux nominations très politiques en 48h, et en coulisses les oligarques de l’audiovisuel qui s’expliquent devant les élus. Bienvenue dans la 5ème dégénérée.
I. Le pilier de la Macronie Florent Boudié au Conseil d’État: le tour extérieur qui fait tache
C’est acté. Le 10 septembre 2026, il est nommé, au tour extérieur, conseiller d’État en service ordinaire .
L’ancien président de la commission des Lois, pilier de la Macronie, député réélu en juillet 2024, avait vu son mandat s’arrêter grâce à une astuce bien connue : une mission de 6 mois confiée par le Premier ministre en janvier 2026, ce qui permet d’éviter une législative partielle et de faire monter sa suppléante.
La méthode, déjà utilisée 4 fois depuis 2017 et qualifiée par un constitutionnaliste de pas très saine démocratiquement  car elle contourne la logique électorale, débouche aujourd’hui sur la plus haute juridiction administrative.
Le Conseil d’État, censé juger l’administration, accueille un apparatchik qui a rapporté la loi immigration en 2023. On appelle ça la séparation des pouvoirs.
II. Anne-Claire Mialot à CDC Habitat: le circuit fermé
Même système, autre guichet : Le groupe CDC Habitat proposera à l’approbation du conseil de surveillance du 2 octobre 2026 la nomination d’Anne-Claire Mialot en qualité de directrice générale ».
Son CV? Collectivités, Cour des comptes, puis cabinets du Premier ministre et du président de la République en qualité de conseiller collectivités territoriales, cohésion des territoires et logement, préfet  à l’égalité des chances en Seine-Saint-Denis, puis Directeur Général de l’ANRU depuis janvier 2022…
CDC Habitat, c’est 573 400 logements gérés, la filiale logement de la Caisse des Dépôts. Un poste stratégique pour qui veut verrouiller la politique du logement et de la rénovation urbaine, n’est-ce pas, Macron ? Après l’Élysée, la Caisse. Le circuit est bouclé.
III. Et pendant ce temps, les patrons mentent-ils sous serment?
Troisième étage de la fusée: l’audition électrique de Xavier Niel et Matthieu Pigasse devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public le 2 avril dernier.
Les deux patrons, convoqués au titre de leur présence au capital de Mediawan, premier fournisseur de France Télévisions, ont qualifié la commission de  cirque  et lancé: Merci pour l’invitation, mais je ne suis pas un clown .
En face, le rapporteur Charles Alloncle les accuse de fake news sur Mediawan, et des observateurs dénoncent refus d’indiquer les montants, mensonges divers, esprit de caste invraisemblable… autour des 4 milliards d’argent public de l’audiovisuel.
Le fond du dossier: Mediawan facture autour de 110M€/an à France Télévisions. Qui contrôle qui? Niel dit Mediawan est une entreprise américaine. Alloncle dit  c’est faux. Le siège est à Paris et son contrôle est français.  Qui dit vrai?
Alors, mensonge sous serment ou simple enfumage ?  En tout cas il paraît évident que l’oligarchie montre,  avec une morgue de petits marquis,  qu’elle ne veut pas rendre de comptes. 
Bref, Boudié au Conseil d’État, Mialot à CDC Habitat, Niel et Pigasse qui toisent les députés: c’est la même dérive. Macron ne part pas, il s’incruste. Il place ses pions dans tous les organes de la République pour survivre à 2027. C’est ça, la dégénérescence de la 5ème.
Quand je vous dis que même si Macron part il fait en sorte de continuer à gérer la France selon les désirs de ses maîtres grâce aux agents mis à des postes clé, empêchant ainsi de fait son successeur, quel que soit son bord – et surtout s’il est du RN-  de gouverner librement…
Combien de temps encore les Français supprimeront-ils ce régime qui n’a rien à envier à celui qui a conduit un certain nombre de privilégiés d’un autre temps à la guillotine ? 
Christine Tasin

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