Merz a lui-même parlé de désastre. Il a raison. Mais ce désastre n’est pas tombé du ciel. Pendant des mois, le chancelier a multiplié les postures de va-t-en-guerre sur l’Ukraine, comme si l’Allemagne n’avait d’autre choix que de s’aligner sans nuance sur une ligne maximaliste. Dans le même temps, il a feint de ne pas entendre ce que des millions d’Allemands, particulièrement à l’Est, répètent depuis des années : ils sont las de l’immigration non maîtrisée, de ses conséquences sur la sécurité, le logement, les services publics et le sentiment d’appartenance.
L’AfD capitalise précisément sur ces deux points. Elle refuse le tabou migratoire et se montre nettement plus sceptique sur le soutien militaire illimité à Kiev. Les électeurs de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et de Saxe-Anhalt ont répondu à Merz : ce n’est pas un accident ni une simple protestation passagère. C’est le résultat d’années de déni de la part des partis traditionnels, CDU comprise.
Merz peut bien promettre de continuer ses réformes et de faire preuve de « détermination », les urnes, elles, montrent que la détermination des électeurs va dans une autre direction. Bien fait pour celui qui a préféré les leçons de morale et les postures géopolitiques au réalisme.
Après la large victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt, la bourse n’avait presque pas bougé (légère baisse de 0,2 à 0,3 % le lundi suivant), les obligations d’État n’avaient progressé que d’environ 1 point de base et l’euro était resté stable. Les analystes soulignent régulièrement que les investisseurs continuent de traiter l’Allemagne comme un cas à part en Europe : la politique y pèse beaucoup moins sur les marchés que en France ou en Italie. Les Länder de l’Est pèsent peu dans le PIB national, et le cordon sanitaire qui empêche l’AfD de gouverner reste solide malgré ces résultats
Reste le point crucial : quid de l’avenir de Merz ?
Les résultats à peine connus, il a affirmé qu’il resterait en place et poursuivrait ses réformes. Tant que cette ligne tient, les marchés devraient rester calmes. Une démission ou une crise ouverte au sein de la CDU aurait en revanche des conséquences sur l’économie.
Les investisseurs vont-ils conserver leur confiance en Merz ? Tout dépendra de la capacité du gouvernement fédéral (CDU-SPD) à faire passer les réformes économiques et budgétaires. Pour le moment, cette nouvelle défaite électorale qui, certes affaiblit encore plus Merz, ne change pas encore la majorité à Berlin.
Par contre, si les gains de l’AfD se poursuivaient, avec la perspective d’un véritable blocage politique, l’euro pourrait baisser, les obligations d’Etat (Bunds) pourraient paraître moins sans risque et la bourse réagir…
Bref excellents résultats de l’AfD, plus qu’encourageants pour les patriotes d’Allemagne mais aussi de toute l’UE. Le vrai test sera de savoir si Merz parvient à maintenir son autorité et à faire avancer son agenda de réformes dans les semaines qui viennent… J’espère que non, quant à moi, pour les Allemands, pour l’UE et donc pour la France mais aussi pour l’immigration en Europe. Si l’AfD réussissait à ébranler toute l’Allemagne ce serait le visage de toute l’Europe qui changerait ! A suivre, donc, en croisant les doigts !
2 total views, 2 views today


Soyez le premier à commenter