Scandale Sexemodel : quand l’e-proxénétisme prospère sur le dos de nos enfants, l’État de droit à l’épreuve

Le parquet de Paris ouvre une enquête sur Sexemodel, site qui relaie des profils d’adolescentes vouées à la prostitution

INFO FRANCE INTER. Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur le site web Sexemodel, rebaptisé dernièrement Meslibertines.com, principale plateforme d’annonces d’escorts et de prostituées, qui propose plusieurs centaines de pages qui concernent des adolescentes. Source

L’ouverture récente d’une enquête d’envergure par le parquet de Paris visant la plateforme de mise en relation Sexemodel (récemment rebaptisé MesLibertines) et son fondateur, David Azzato, établi à l’étranger, met en lumière une réalité glaçante : le web moderne est devenu un boulevard pour la criminalité transfrontalière et l’exploitation sexuelle de mineurs

Alors que les réseaux de proxénétisme prospèrent à l’abri des frontières suisses et d’exils dorés à Dubaï, la société française retient son souffle face à l’ampleur d‘un trafic qui bafoue toutes les règles de la morale et de la protection de l’enfance.

Des méthodes barbares sous couvert de liberté numérique

Derrière la façade d’un site d’annonces prétendument banal se cache une machinerie bien huilée, générant des flux financiers considérables tout en broyant des vies. 

Pour contourner les filtres de modération et attirer une clientèle avertie, les proxénètes ont développé un argot numérique particulièrement abject. Les enquêtes ont ainsi révélé l’utilisation systématique de codes explicites tels que « skinny »(« jeune fille maigre », nom de code pour signifier « mineures »),  des mentions de poids alarmantes comme « 40 kg », ou encore des indices explicites sur la stature avec la formule « 1,30 m ». Les jeunes filles mineures sur ce site affichent qu’elles ont 18, 19 ou 20 ans  sans que la plateforme ne vérifie leur âge, et c’est bien ça le plus scandaleux

Ces signaux ne trompent personne : ils servent à signaler, en toute impunité apparente, la présence de très jeunes filles, parfois de 11 ou 12 ans, jetées sur les routes de France et déplacées d’un hôtel de passage à un autre en moins de quarante-huit heures. 

Face à une telle ignominie, l’argument de la « méprise » ou du faux profil ne passe plus. À cet âge, la différence morphologique entre une enfant et une majeure est criante. Prétendre le contraire relève de l’aveuglement ou de la complicité passive.

L’impunité des parrains et la faillite des hébergeurs

Ce dossier met également en lumière les contradictions et les impasses d’un système judiciaire trop longtemps désarmé face au numérique. 

D’un côté, la colère légitime des citoyens gronde face à l’incapacité chronique de l’État à stopper net ces plateformes qui se retranchent derrière leur statut technique d’hébergeur pour échapper à toute responsabilité pénale, tout en s’enrichissant sur la diffusion d’annonces illicites.

Dans ce paysage sombre, la voix de ceux qui dénoncent l’effondrement des digues de notre protection de l’enfance résonne avec une acuité particulière. 

À l’image des combats acharnés menés par des figures engagées comme Maître Michel Amas, qui n’a jamais cessé de pousser des coups de gueule salvateurs contre l’abandon des mineurs, notamment ceux issus des foyers de l’ASE, il est urgent de briser l’omerta.

Pour un sursaut républicain et une tolérance zéro

L’enquête visant Sexemodel doit marquer un tournant. 

Il est temps que l’État français et ses partenaires européens contraignent les plateformes à répondre de leurs actes devant les tribunaux, en brisant le modèle économique de ceux qui s’profitent de la prostitution de nos enfants.

Le blocage effectif des sites miroirs, la traque sans merci des flux financiers et l’émission de mandats d’arrêt internationaux contre les têtes de réseau ne sont pas de simples options bureaucratiques : ce sont des impératifs absolus de survie républicaine. 

Un pays qui abdique sa capacité à protéger les plus faibles face aux prédateurs du net perd son âme. La lutte contre l’e-proxénétisme exige une tolérance zéro et un réveil collectif immédiat.

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