Les morts sur l’A13 relancent le débat sur les incendies de voitures électriques : rares, spécifiques, mais pas un mythe !

Le drame survenu le 12 septembre 2026 sur l’A13, dans la tranchée couverte de Mantes-la-Ville (Yvelines), a relancé les interrogations. Une Cupra électrique (groupe Volkswagen) s’est embrasée sans collision avec un autre véhicule. Une femme de 36 ans enceinte de neuf mois et son fils de 2 ans sont morts ; le conducteur, grièvement brûlé, a survécu. L’enquête (parquet de Versailles) confirme l’absence d’autre véhicule impliqué, mais la cause exacte reste inconnue en attendant l’expertise du véhicule totalement détruit.

Ce type d’accident, spectaculaire et médiatisé, nourrit l’idée que les électriques seraient particulièrement dangereuses. Les données disponibles disent autre chose.

 Des statistiques claires : les électriques prennent feu nettement moins souvent

Plusieurs études indépendantes convergent :

Données américaines (NTSB / Bureau of Transportation Statistics, analysées par AutoInsuranceEZ et relayées par la NFPA) : environ 25 incendies pour 100 000 véhicules électriques contre 1 530 pour les thermiques (essence/diesel). Soit un risque environ 60 fois plus faible. Les hybrides affichent le taux le plus élevé (environ 3 475).
Suède (agence MSB) : autour de 3 à 4 incendies pour 100 000 électriques contre 70 à 80 pour les thermiques (facteur 20 environ).
Norvège (DSB, 2025) : 0,034 incendie pour 1 000 électriques contre 0,195 pour les thermiques (facteur 5 à 6), dans un pays où les électriques représentent déjà plus de 28 % du parc.
– Australie (EV FireSafe) et analyses ICCT : risque de l’ordre de 0,001–0,002 % pour les batteries, contre environ 0,1 % pour les thermiques.

En chiffres absolus, les incendies de voitures thermiques restent largement majoritaires (des dizaines voire centaines de milliers par an aux États-Unis ou en Europe). Les électriques représentent une part encore minoritaire du parc, mais le ratio par véhicule leur est favorable. Le parc électrique est aussi plus jeune, ce qui joue, mais les écarts restent importants même en tenant compte de l’âge.

Pourquoi un incendie d’électrique est différent (et plus impressionnant)

Le risque principal vient de la batterie lithium-ion et du phénomène d’emballement thermique : une cellule endommagée (choc, défaut de fabrication, court-circuit) s’échauffe, propage la réaction aux voisines, et le feu peut devenir violent, avec températures élevées, projections et fumées toxiques. Il est plus difficile à éteindre (souvent des milliers de litres d’eau, risque de reprise des heures ou jours plus tard) et pose des défis spécifiques aux pompiers, surtout en tunnel ou parking.

Causes les plus fréquentes identifiées :
– Accidents avec impact sur le pack batterie.
– Défauts de fabrication ou de cellules (d’où des rappels, y compris sur certaines Cupra Born / plateformes Volkswagen pour risque de surchauffe de modules).
– Plus rarement : problèmes liés à la recharge (installation non conforme) ou défaillances internes.

Ce n’est en général pas une simple mauvaise utilisation du conducteur (sauf chargeurs bricolés ou non conformes). Les systèmes de gestion de batterie (BMS) modernes surveillent température, tension et isolement en permanence. Les constructeurs multiplient les protections mécaniques et thermiques.

Risque reconnu… et accepté, avec des réserves

Les autorités (ministère de l’Intérieur en France, rapports INRS, etc.) reconnaissent que les électriques n’ont pas un risque d’incendie globalement supérieur, mais un comportement au feu différent qui exige des procédures adaptées. Le risque est donc accepté dans le cadre de la transition, au même titre que d’autres risques techniques (carburant inflammable, huiles chaudes, etc. sur les thermiques).

Des points restent à surveiller :
– Formation des secours et équipements (conteneurs d’immersion, agents spécifiques).
– Sécurité des parkings et tunnels.
– Traçabilité des défauts de batteries et qualité de la chaîne d’approvisionnement.
– Vieillissement du parc électrique (batteries de 8–15 ans).

En résumé : les voitures électriques ne s’embrasent pas plus souvent — bien au contraire. Quand cela arrive, le feu est plus complexe et spectaculaire, ce qui explique l’attention médiatique. L’accident de l’A13 rappelle qu’aucun système n’est à risque zéro et que l’expertise sera essentielle pour déterminer si la batterie était en cause ou non. En attendant, les chiffres disponibles montrent que le risque statistique reste nettement plus bas que celui des véhicules thermiques. 

Enfin c’est ce que les chiffres officiels montrent mais comme il y a actuellement bien moins de voitures électriques sur les routes que de voitures à essence il y a forcément plus de risques d’avoir davantage d’incendies de ces dernières, non ? A moins que les statistiques ne prennent cet élément en considération ?

BAY

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