Oui, Radio France a capitulé.Une fois de plus…
En quelques semaines à peine, la direction de France Inter a abandonné Charles Sapin. L’édito politique de 2 minutes 30 du dimanche matin, justifié initialement au nom du pluralisme à l’approche d’une année présidentielle, a été purement et simplement supprimé.
On lui a proposé un débat à la place. Il a refusé. Logique : transformer une parole libre en exercice de disqualification permanente, c’est exactement le piège qu’il dénonce. La direction a « rendu les armes », selon ses propres mots. Et les fossoyeurs de la liberté d’expression, les syndicats, la SDJ, les grévistes et les pétitionnaires de la gauche culturelle ont eu gain de cause.
Rappelons les faits. Charles Sapin, journaliste passé par Le Figaro, Le Point, L’Opinion… est nommé directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles. La direction de France Inter l’invite pour représenter une sensibilité absente de son panel d’éditorialistes. Elle invoque le pluralisme, mission de service public. Réponse immédiate : « ligne rouge inacceptable », « organe de l’extrême droite », « la direction nous fait honte ». Grèves, motions, pétitions. On ne discute pas le contenu des deux éditos déjà diffusés. On condamne le symbole. On condamne le titre. On condamne l’homme par association. Et la direction cède.
Ce n’est pas une question de tolérance ou de valeurs du service public. C’est une question de monopole idéologique. Le service public n’est pas un club privé où une majorité syndicale et rédactionnelle décide qui a le droit de parler. Il est financé par les impôts de tous les Français, y compris ceux qui ne pensent pas comme la rédaction de France Inter. Le droit de l’auditeur d’entendre des points de vue divergents n’est pas une option. C’est le fondement même du pluralisme.
Quand on refuse d’entendre une voix parce qu’elle vient de Valeurs actuelles on ne défend pas la démocratie : on la privatise.
France Inter mélenchonisé ou simplement lâche ?
Les deux. Et les deux sont indissociables.
Mélenchonisé, oui, dans le sens où une partie significative de la rédaction et des syndicats a intériorisé la logique d’exclusion pure et simple : l’adversaire n’est plus un contradicteur, c’est un danger existentiel à éradiquer de l’antenne. Le vocabulaire le prouve. On ne critique pas un édito, on déclare une ligne rouge . On ne débat pas, on fait grève pour empêcher d’entendre.
C’est la même mécanique qui, ailleurs, transforme tout désaccord en extrême droite et justifie le silence. Quand le seul pluralisme acceptable est celui qui va de Alternatives économiques au Nouvel Obs en passant par L’Express ce n’est plus du pluralisme. C’est un entre-soi.
Un entre-soi lâche, surtout. Parce que la direction savait ce qu’elle faisait en recrutant Sapin. Elle savait la réaction. Elle a d’abord tenu le discours du courage (organiser la conversation entre toutes les opinions ). Puis, face à la pression interne, elle a plié. Proposer un débat en remplacement n’est pas un compromis : c’est une capitulation déguisée. On ne donne plus la parole, on la conditionne. On transforme l’invité en suspect permanent. C’est la lâcheté institutionnelle classique : mieux vaut sacrifier un éditorialiste que de braver une fronde interne et risquer de nouvelles grèves. Le service public se met à genoux devant une minorité radicale de ses propres salariés.
Le plus pathétique, c’est le communiqué de Radio France après coup : Ce n’est une victoire pour personne. Si. C’est une victoire pour ceux qui considèrent que certaines voix n’ont pas le droit d’exister sur l’antenne publique. C’est une défaite pour l’auditeur, pour la liberté d’expression et pour l’idée même d’un service public digne de ce nom.
On peut critiquer Valeurs actuelles On peut critiquer ses unes, sa ligne… C’est le jeu démocratique. Ce qui n’est pas démocratique, c’est d’exiger qu’un journaliste issu de ce titre soit interdit d’antenne par principe, avant même d’avoir parlé, et d’obtenir satisfaction par la grève et la pression. Ce qui n’est pas digne d’un service public, c’est de céder.
Radio France n’a pas protégé ses valeurs. Elle a prouvé qu’elle n’en a plus. Ou plutôt qu’elle n’en a qu’une : ne pas contrarier ceux qui, en son sein, refusent d’entendre ce qui les dérange. Le reste — pluralisme, liberté d’expression, droit de l’auditeur — n’était que de la communication. Aujourd’hui, on a vu ce qu’elle valait. Rien.
Résultat des courses : je n’écouterai plus jamais Rance Inter.
Quoi, comment ? Vous dites ? Que je ne l’écoutais déjà plus depuis longtemps ?
Bon sang, mais c’est bien sûr, j’avais oublié ce léger détail…
Christine Tasin
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Que des lâches! Dehors. Ces gens sont nos employés et se comportent comme des patrons qui possèdent la Radio. Dehors et sans indemnités.