La voiture électrique d’occasion : tellement extraordinaire qu’il faut vous payer pour la prendre

On croyait avoir tout vu. Bonus écolo, prime à la conversion, leasing social à 100€, sur-bonus européen... Et maintenant, la prime CEE pour l’électrique d’occasion.
Depuis ce 1er septembre, c’est officiel: l’Etat ne sait plus quoi inventer pour écouler le stock.
Le principe ? Vous achetez une voiture 100% électrique d’occasion, immatriculée entre 2017 et 2023, batterie à 80% minimum, chez un pro, et vous la gardez 3 ans. En échange, les fournisseurs d’énergie vous versent une prime via les Certificats d’Economies d’Energie.
Montant de l’aubaine pour le contribuable lambda: environ 337 euros. Oui, 337. Pas 3 000. 337€ pour aller chercher une Zoe de 2019 dont personne ne voulait à 15 000€.
Et pour faire genre « c’est social », on bonifie pour les aides à domicile: là ça monte à 2 000 à 2360€ (véhicule à moins de 25 000€). Et pour les taxis qui achètent du neuf européen, 3 500 à 5500€.
Aucune condition de revenus, aucun écoscore. Parce que quand ça ne se vend pas, on arrête de faire les difficiles.
La boucle est bouclée: on a subventionné le neuf à coups de milliards pour créer un marché artificiel, maintenant on subventionne l’occasion parce que la décote est catastrophique et que les parcs sont pleins. Et on appelle ça la « souveraineté énergétique » et la « décarbonation ». Dans les faits, c’est les fournisseurs d’essence et d’électricité – donc vous, sur votre facture – qui payez la facture via les CEE. Le pollueur-payeur qui paie pour l’échec du tout-électrique.
On nous avait promis que l’électrique allait se vendre tout seul. Visiblement, même d’occasion, il faut encore pousser derrière.

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