
Sauf que… regardons un peu ces « titans » de plus près.
D’un côté, François Hollande, l’homme qui a transformé l’inversion de la courbe du chômage en une œuvre d’art conceptuelle : la courbe a d’abord grimpé, puis hésité, puis un peu redescendu à la fin, pendant que les impôts des ménages prenaient +40 milliards d’euros en pleine figure et que le déficit public faisait de la résistance. L’ancien président qui, après avoir vidé une partie des caisses,revient aujourd’hui avec un programme de « nouvelle gauche » où on part à la retraite vers 63 ans, on indexe les pensions à 1 % pendant cinq ans, on glisse une dose de capitalisation et on monte progressivement la TVA normale à 24 % (tout en mettant du 0 % sur les essentiels, histoire de faire passer la pilule). Un titan, vraiment ?Ou plutôt un gnome qui a déjà tenté le hold-up une fois et qui revient avec une calculatrice un peu plus cynique ?
De l’autre, Édouard Philippe, l’ancien Premier ministre qui a gouverné pendant trois ans et trois mois (un bon délai , dit-il avec autodérision). Celui qui a vu la dette publique continuer son joyeux chemin pendant le macronisme, même s’il se flatte d’avoir un peu contenu la dépense publique en euros constants sur une brève période bénie par des taux d’intérêt bas. Un titan qui a contribué à gérer le pays pendant que les comptes publics glissaient doucement vers l’étouffement qu’il dénonce aujourd’hui avec éloquence.Un autre gnome, un peu plus chic, costume bien coupé, mais gnome quand même.
Ces deux-là, qui ont l’un après l’autre (ou en tandem indirect) participé à l’art national de faire gonfler la dette tout en multipliant les décisions dont on paie encore les conséquences, se retrouvent face à face. Et les journaleux, au lieu de rire jaune, parlent dechoc des titans, de répétition présidentielle, de personnalités de très haut niveau.
Est-ce de l’ironie pure et simple ?Ou bien les malheureux journaleux ont-ils la tête si vide, ou l’engagement politique si fort, qu’ils en oublient de regarder le bilan ? Quand deux hommes qui ont déjà eu les clés du royaume et qui n’ont pas exactement transformé la France en Eldorado se retrouvent pour discuter de 2027, le vrai choc, ce n’est pas celui des titans. C’est celui de réaliser que le débat public en est encore à nous vendre comme des géants des personnages qui, à l’échelle de l’histoire économique récente, ressemblent davantage à des sales gnomesqui ont tour à tour vidé les caisses, pris des décisions catastrophiques (ou au mieux médiocres), et qui reviennent maintenant nous expliquer comment on va s’en sortir.
Alors, chers journaleux : le prochain coup, on osera peut-être « Le combat des nains de jardin qui ont déjà tout cassé « ? Ce serait moins glorieux, certes. Mais tellement plus juste. Et franchement, ça ferait du bien au débat politique.
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