La consommation d’aliments ultra-transformés (AUT) a un impact négatif mesurable sur le cerveau et le développement des enfants.

Chaque augmentation de 10 % de la consommation cumulée d’aliments ultra-transformés est liée à une réduction de près de 2 % du volume des régions sous-corticales ,clé du cerveau des enfants.

Selon une nouvelle étude, (août 2026), chaque tranche d’augmentation de 10 % des calories quotidiennes dépensées par les enfants en aliments ultra-transformés (AUT), sous forme de nuggets de poulet, céréales sucrées et collations industrielles est liée à un déclin mesurable des zones du cerveau associées aux émotions et à la motivation, et ce, avant même leur entrée à l’école maternelle.

Des chercheurs du Children’s Hospital Los Angeles ont suivi 144 enfants latino-américains de la naissance à l’âge de 6 ans, mesurant leur consommation d’aliments ultra-transformés (AUT) à 6, 12, 24 et 72 mois et réalisant un IRM cérébral à l’âge de 6 ans. Ils ont constaté que chaque augmentation de 10 % de la consommation cumulée d’AUT était associée à une diminution de près de 2 % du volume des régions sous-corticales du cerveau, situées sous le cortex cérébral. Parmi ces structures nichées au cœur de l’encéphale, qui gèrent des fonctions vitales automatiques, sensorielles et émotionnelles, le thalamus fait office de grand centre de tri sensoriel, tandis que l’amygdale est le pivot central des émotions et de la peur.

Si l’alimentation d’un enfant change plus radicalement, par exemple, en remplaçant 30 ou 40 % de son alimentation par des collations transformées, la réduction du volume cérébral projetée pourrait être exponentiellement encore plus importante.

« Même sans différence de performance cognitive, nous observons des changements mesurables dans la structure cérébrale », a déclaré Michael I. Goran, auteur principal de l’étude et directeur du programme de nutrition et d’obésité du Children’s Hospital Los Angeles, dans un communiqué de presse. Il a ajouté que l’alimentation des enfants en bas âge « peut influencer le développement cérébral d’une manière que nous commençons tout juste à comprendre ».

Dans une autre étude, les performances des enfants aux tests de langage, de motricité, de mémoire, de vitesse de traitement et d’attention n’ont montré aucune différence mesurable, malgré les modifications de la structure de leur cerveau. Cette étude, publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition, est observationnelle, ce qui signifie qu’elle met en évidence une association plutôt qu’une preuve que les aliments ultra-transformés (AUT) causent directement les changements structurels, une distinction que les chercheurs eux-mêmes prennent soin de souligner.

Cependant, une étude brésilienne menée auprès de plus de 4’000 enfants montre qu’une alimentation riche en aliments ultra transformés à l’âge de deux ans est associée à de moins bons résultats cognitifs quelques années plus tard. Les chercheurs soulignent l’importance des habitudes alimentaires précoces dans le développement de l’enfant. Ce que mange votre enfant à 2 ans peut déterminer l’évolution de son intelligence : baisse des capacités cognitives et du QI. Les enfants consommant de grandes quantités de produits industriels dès l’âge de 2 ans affichent des scores de QI plus faibles à 6 ou 7 ans. Cet impact reste marqué même en éliminant les facteurs socio-économiques de la famille.

L’ingestion massive de colorants artificiels, de conservateurs et de sucres rapides (comme le sirop de glucose-fructose) provoque des pics d’insuline qui déstabilisent le cerveau. Cela se traduit par des troubles du comportement et de l’attention : une hausse de l’hyperactivité, de la nervosité et des troubles de la concentration.

La modification de la flore intestinale par les additifs dégrade l’axe intestin-cerveau, ce qui augmente le risque de développer des problèmes émotionnels, de la détresse psychologique ou de l’anxiété dès l’âge préscolaire et même un état dépressif.

La recherche « confirme ce que nous savons depuis longtemps : la nutrition joue un rôle important dans la croissance physique, le développement cérébral, l’apprentissage et la santé globale des enfants », Lindsay Malone, diététicienne agréée et professeur au département de nutrition de la faculté de médecine de l’université Case Western Reserve, qui n’a pas participé à l’étude, a déclaré à The Epoch Times.

Des tout-petits et les enfants d’âge scolaire tirent désormais plus de 60 % de leurs calories quotidiennes d’aliments ultra-transformés. Aux États-Unis, les enfants de 1 à 5 ans tirent plus de la moitié de leur énergie de ces produits.

Les experts alertent depuis longtemps sur le fait que les aliments ultra-transformés augmentent le risque de diabète, d’obésité et de maladies cardiaques chez les enfants. Les derniers recherches, citées ci-dessus, apportent un nouvel éclairage en suggérant un possible impact sur le développement cérébral lui-même. La petite enfance est considérée comme une période cruciale pour le développement cérébral en raison de sa forte neuroplasticité, c’est-à-dire la capacité du cerveau à réorganiser ses connexions neuronales. La qualité de l’alimentation pendant cette période pourrait influencer le neurodéveloppement, ont noté les chercheurs.

Qu’est-ce qu’un aliment ultra-transformé (AUT) ?

Les aliments ultra-transformés sont des produits industriels fabriqués à partir d’ingrédients raffinés et d’additifs, conçus pour être pratiques, être transportés longtemps et loin pour satisfaire la mondialisation et se conserver longtemps. Ils contiennent généralement peu ou pas d’aliments entiers et incluent bien trop souvent des édulcorants, des arômes artificiels, des émulsifiants ou d’autres ingrédients « cosmétiques ». Parmi les exemples courants, on peut citer certains plats préparés, les plats cuisinés industriellement et surgelés, des produits de boulangerie, la charcuterie et des produits laitiers.

Diana Cusa, diététicienne agréée et spécialiste certifiée en soins et éducation du diabète au Northwell Health à New York, bien que n’ayant pas participé à l’étude, a déclaré qu’une alimentation riche en nutriments est importante pour soutenir le développement cérébral et les fonctions cognitives. Cela signifie s’assurer que les enfants consomment suffisamment de bonnes protéines en particulier animales, d’acides gras oméga-3, de fer, de choline, de vitamines B et d’antioxydants.

Ces dernières découvertes s’appuient sur des études antérieures menées chez l’adulte, qui ont établi un lien entre une consommation plus élevée d’aliments ultra-transformés et une diminution du volume cérébral ainsi que des troubles cognitifs, notamment de l’attention et de la mémoire. Ces résultats ont incité les scientifiques à explorer si des effets similaires se produisent chez l’enfant. Ce qui semble bien être le cas malheureusement.

Goran du Children Hospital Los Angeles a déclaré que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre les mécanismes à l’origine des changements observés par son équipe. « Nous avons encore beaucoup à apprendre sur la façon dont les expositions alimentaires précoces influencent le cerveau en développement », a-t-il déclaré. « L’identification des mécanismes sous-jacents sera importante pour comprendre la signification de ces résultats pour la santé à long terme. » L’équipe de recherche prévoit d’étudier ensuite les périodes de développement les plus sensibles à l’alimentation et d’explorer les voies biologiques impliquées.

Les aliments ultra-transformés peuvent entraîner des modifications de la structure cérébrale en provoquant une inflammation et des carences nutritionnelles pendant des périodes de croissance importantes. Lorsque les scientifiques disent que le cerveau rétrécit, cela ne signifie pas que les cellules cérébrales meurent immédiatement.

Comment les parents peuvent réduire la consommation d’aliments ultra-transformés

Cusa a déclaré que les changements les plus efficaces se produisent lorsque les parents montrent l’exemple et que la réduction de la consommation d’aliments ultra-transformés profite à toute la famille, et pas seulement aux enfants.

Elle a proposé les recommandations pratiques suivantes :

Cuisiner davantage à la maison : Privilégiez les ingrédients entiers et non transformés tels que les fruits, les légumes, les céréales, les protéines dont celles de la viande et les produits laitiers.
Impliquer les enfants dans la préparation des repas : impliquez les enfants dans les courses au supermarché, la préparation des repas et la cuisine.
Faire ses courses de manière stratégique : Faites vos courses dans la périphérie du supermarché, où se trouvent la plupart des aliments les moins transformés. Lisez les ingrédients et recherchez des produits alimentaires avec les listes les plus courtes d’ingrédients reconnaissables. Notre ignorance est grande, tant au sujet des interactions entre plusieurs médicaments que des interactions entre plusieurs ingrédients alimentaires des industries !

Vérifiez les listes d’ingrédients : Évitez les produits contenant du sirop de maïs à haute teneur en fructose, des sucres ajoutés, des huiles partiellement hydrogénées (gras trans), des colorants, des arômes et des édulcorants artificiels, ainsi que de nombreux additifs chimiques aux noms imprononçables et le plus souvent illisibles. Si l’étiquette comporte plus de 5 ingrédients ou mentionne des termes inconnus en cuisine (émulsifiants, arômes artificiels, graisses hydrogénée, etc), ce ne peut être qu’un AUT.

Préparez les collations à l’avance : optez pour des options comme des tranches de pomme, des amandes et des noix.., des carottes, du houmous, des œufs durs, du fromage avec des croquettes de grains entiers, du yogourt nature et pur avec des baies, une poignée de noix.

Choisissez l’eau comme boisson principale : privilégiez l’eau et limitez les boissons sucrées. Réduisez tous les sucres liquides : Les sodas et même les jus de fruits industriels, en particuliers les nectars, sont à remplacer par de l’eau et des fruits entiers pour éviter les pics glycémiques.

Malone a souligné que cela ne signifie pas que les parents doivent viser la perfection. « La plupart des enfants mangent parfois des aliments ultra-transformés », a-t-elle déclaré. « Et c’est normal.»

Elle a également encouragé les familles à privilégier la constance. « Si la majorité des repas comprennent des fruits, des légumes, des protéines de qualité, des grains entiers et des bonnes graisses », a ajouté Malone, « vous établissez une base nutritionnelle solide pour le développement de votre enfant, tout en lui laissant de la place pour le gâteau d’anniversaire, la soirée pizza et autres aliments préférés»

Adaptation élargie en français de cet article de Georges Citroner.

PD. Dr. méd. Dominique Schwander
août 2026

 2 total views,  2 views today

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Soyez le premier à commenter