Il met le cadavre dans une valise, utilise sa carte bancaire… et on l’inculpe d’homicide involontaire  !

Athènes, juillet 2026. Le corps d’Elisabeth-Jane Ross, 38 ans, Écossaise, est retrouvé dans une valise abandonnée dans un immeuble désaffecté du quartier de Kypseli. Un sans-abri donne l’alerte. Quelques jours plus tard, un homme de 26 ans, originaire d’Afghanistan, est arrêté. Il reconnaît avoir placé le corps dans la valise, l’avoir transporté jusqu’au lieu de découverte, et avoir utilisé la carte bancaire de la victime pour retirer de l’argent. Un pistolet factice et un couteau sont saisis à son domicile.

La qualification retenue ? Homicide involontaire, vol et port d’arme illégal.

On relit bien : homicide involontaire. Comme s’il s’agissait d’un accident de la circulation, d’une maladresse, d’un geste malheureux. Comme si le fait d’enfermer un corps dans une valise, de le déplacer en cachette et de piller le compte de la défunte relevait de la simple imprudence.

Les autorités grecques attendent encore les résultats toxicologiques pour préciser la cause exacte de la mort. C’est la version officielle. En attendant, la justice se contente de « manslaughter » (homicide involontaire). La presse, dans sa grande majorité, reprend le terme sans broncher, comme s’il allait de soi.

Pourtant, les faits sont là, concrets, sordides, et parfaitement documentés par les images de vidéosurveillance et les aveux. On ne « range »  pas un cadavre dans une valise par inadvertance. On ne vide pas un compte bancaire par accident. On ne laisse pas un corps pourrir dans un bâtiment abandonné en espérant que personne ne le trouve.

Cette qualification minimale n’est pas qu’une question de technique juridique. Elle dit quelque chose de plus large : la volonté, consciente ou non, d’atténuer, de relativiser, de ne pas trop regarder en face la nature des actes. Quand le corps est dans la valise et que l’argent a disparu, parler d’homicide involontaire  relève moins de la prudence judiciaire que d’un certain art de l’euphémisme. Souci de l’euphémisme allant jusqu’à la complicité, non ? Car « qui ne dit mot consent »…

La victime est morte. Son corps a été dissimulé. Ses biens ont été volés. Et l’on s’obstine à parler d’involontaire. Comme si la valise n’était qu’un détail.

Jeanne la Pucelle

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