Les États-Unis n’ont jamais été aussi puissants

J’ai critiqué la façon dont Trump a mené jusqu’à présent la guerre contre le régime iranien, et j’avais toutes les raisons de le faire. Trump a tendance à surestimer sa capacité à faire des deals : avec des Occidentaux, avec des latino-américains, avec des Russes, avec des Chinois, des deals sont envisageables. Avec des fanatiques musulmans, c’est inenvisageable.

J’ai néanmoins souligné un point positif essentiel : Trump a considérablement détérioré le programme nucléaire iranien, et le régime, qui était à quelques mois de l’obtention de l’arme atomique, en est maintenant beaucoup plus loin. Il faudrait maintenant plusieurs années et une administration démocrate au pouvoir aux Etats-Unis pour que le régime puisse se doter de ce dont il aurait pu se doter rapidement si Trump n’avait pas agi. Les destructions en Iran sont très importantes. Et, quoi qu’il se passe, l’Iran ne redeviendra pas avant longtemps une grande puissance régionale. Il vaudrait mieux, bien sûr, pour le peuple iranien, pour Israël, pour les émirats, pour l’Arabie Saoudite, que le régime tombe, mais même s’il ne tombait pas, ce que Trump a fait ne doit pas être sous-estimé ou dénigré.

Si l’on regarde le reste de la situation mondiale et la situation intérieure américaine, on voit en supplément que Trump a accompli beaucoup, et que les Etats-Unis n’ont jamais été aussi puissants, et remplissent sous Trump leur rôle de puissance de la liberté.

Sur un plan mondial, la suprématie économique américaine n’a pas été aussi nette depuis la fin des années Reagan, et il est important qu’elle soit nette, car elle est au cœur de la puissance américaine.

Les Etats-Unis sont, de loin, la première puissance économique du monde, et c’est effectivement très net aujourd’hui : leur produit intérieur brut dépasse 32.000 milliards de dollars, celui de l’Union européenne entière est légèrement, 23.000 milliards de dollars, celui de la Chine est légèrement inférieur, 20.000$. Les Etats-Unis ont 345 millions d’habitants, l’Union Européenne 452 millions, la Chine un milliard 400 millions : ces chiffres expliquent les différences de produit intérieur brut par habitant : 93.204$ pour les Etats-Unis, pour l’Union Européenne, le chiffre est 45.064 $, pour la Chine, le chiffre est 14.500 $ au taux de conversion du yuan au moment où j’écris.

Les Etats-Unis sont plus prospères que l’Union Européenne et peuvent investir massivement dans leur défense tout en assurant une qualité de vie supérieure à leur population. L’Union Européenne le peut beaucoup moins, et décline. La Chine, elle, reste un pays en voie de développement.

Ceux qui fantasment en disant que l’Europe unie est une très grande puissance à même de rivaliser avec les Etats-Unis devraient reprendre contact avec la réalité. Ceux qui parlaient de « piège de Thucydide » il y a quelques années, eux, doivent revoir d’urgence leurs raisonnements. Les Etats-Unis sont une puissance très dominante. L’Union européenne est confrontée à un risque très concret de déclassement économique et d’effacement civilisationnel : on parle souvent en Europe des GAFAM qui dominent le secteur des hautes technologies, de l’informatique, du commerce en ligne mondial et des réseaux sociaux. Ce sont toutes des entreprises américaines, et on peut leur ajouter de nombreuses autres entreprises américaines, d’Oracle à Nvidia. L’immigration musulmane en Europe créé de très lourds problèmes et infléchit d’autant plus la politique étrangère européenne que les moyens de défense européens sont asthéniques. La Chine, elle, fait face à des problèmes graves et croissants : une natalité d’un enfant par femme (le chiffre actuel) signifie un vieillissement accéléré de la population, un nombre de plus en plus lourd de personnes inactives (vieillards, enfants). En 2050, la Chine comptera cent millions d’habitants de moins qu’aujourd’hui et l’âge moyen en Chine sera 53 ans.

Les Etats-Unis sont le premier producteur et le premier exportateur mondial de gaz et de pétrole, et produisent une électricité relativement peu coûteuse. L’Union européenne est largement dépendante du reste du monde pour son énergie, et ne cherche pas à améliorer la situation : il y a sans doute du gaz et du pétrole de schiste dans le sol européen, mais la prospection et l’exploitation en ce domaine sont interdites. La Chine, elle, est dépendante du reste du monde pour son énergie et son alimentation, et dépend aussi très fortement de son excèdent commercial, ce qui la rend très vulnérable.

Les Etats-Unis ont réaffirmé leur position hégémonique sur l’hémisphère américain : tous les régimes de la région ont basculé en direction des Etats-Unis à l’exception du Brésil et du Mexique, et Cuba et le Nicaragua sont très proche du basculement. Les Etats-Unis ont repris le contrôle du canal de Panama et ont pris le contrôle du détroit de Malacca, crucial pour la Chine. L’Union européenne et les pays qui la composent sont spectateurs de ce qui se passe. La Chine, elle, recule : elle a perdu le contrôle du canal de Panama et du détroit de Malacca et une part très importante de ses liens stratégiques et commerciaux avec l’Amérique latine. Le pétrole du Venezuela lui est vendu au plein tarif et en dollars américains, et si elle soutient l’Iran, elle en reçoit beaucoup moins de pétrole.

La supériorité technologique américaine en matière militaire est écrasante, et quand bien même Trump l’a très mal utilisée en Iran de fin février au 8 avril, il peut l’utiliser, elle est à sa disposition. L’Union Européenne est quasiment inexistante en ce domaine, et parce qu’elle veut continuer à soutenir le jusqu’auboutisme de Zelensky en Ukraine, doit acheter aux Etats-Unis le matériel militaire qu’elle fournir à l’Ukraine. La Chine a dû constater avec la destruction par Israël et les Etats-Unis de ses systèmes de défense sol-air que son matériel militaire n’est pas du tout à la hauteur, et elle n’attaquera pas Taïwan. Xi Jinping sait qu’il risquerait très gros s’il tentait quelque chose.

Les Etats-Unis ont retrouvé des frontières sûres : l’immigration illégale est devenue très faible, et, en 2025, 2,5 millions d’immigrants illégaux présents aux Etats-Unis ont été expulsés ou ont décidé de partir avant de l’être (le chiffre pour 2026 sera sans doute similaire). Rien d’équivalent ne se fait en Europe où les frontières sont poreuses et où les immigrants illégaux sont très peu expulsés (en France, 7 à 15 % – selon les années – des OQTF seulement conduisent à une expulsion effective, et ailleurs en Europe ce n’est pas mieux).

La dénatalité touche les Etats-Unis (1,63 enfant par femme en 2025), mais bien moins que l’Union européenne où la situation est préoccupante (1,34 enfant par femme en 2025, et en Espagne, en Italie et en Pologne les chiffres sont à peine supérieurs à 1). Les Etats-Unis pratiquent une immigration légale très sélective, favorisant l’arrivée de capitaux financiers et de capital humain et intellectuel. L’Union européenne ne peut pas rivaliser sur ces points et connait au contraire ce qu’on appelle une « fuite des cerveaux ». Les impôts et les taxes aux Etats-Unis sont bien plus bas qu’en Europe, l’électricité est, selon les pays, entre 3 et 4 fois moins chère qu’en Europe. Les carburants sont deux fois moins chers.

La population américaine en 2050 se sera accrue et comptera environ 380 millions d’habitants. Les pays composant l’Union européenne aujourd’hui compteront, selon les démographes environ 445 millions d’habitants, sept millions de moins qu’aujourd’hui, et une proportion accrue de musulmans au capital humain et intellectuel moindre. La Chine, je l’ai dit aura perdu de la population et aura une population plus vieille. Elle n’est pas un pays d’immigration.

Les capitaux financiers disponibles en dollars dont disposent des entrepreneurs européens en raison de ventes réalisées aux Etats-Unis sont, sous Trump réinvestis massivement aux Etats-Unis pour des raisons évidentes : les réglementations européennes sont asphyxiantes, les réglementations américaines le sont beaucoup moins, et Trump accélère le mouvement : les taxes à l’importation américaines sur des produits européens incitent davantage encore les entrepreneurs européens à investir aux Etats-Unis pour échapper aux taxes à l’importation.

Trump a considéré, à juste titre, que l’Europe s’était dotée d’États providence très onéreux, qui la ruinent peu à peu, et se conduisaient en assistés de plus en plus ingrats vis-à-vis de la défense américaine (on l’avait vu au temps de la guerre en Irak sous George Walker Bush, on l’a vu à nouveau lors de la guerre contre le régime iranien), il a exigé des pays européens qu’ils accroissent leurs dépenses militaires et les a menacés de ne plus les défendre s’ils ne le faisaient pas. Les dirigeants européens sont très mécontents, mais s’efforcent tous, sauf l’Espagne, de faire ce que Trump exige.

Même si des conflits régionaux mineurs existent, il n’existe pas de conflits majeurs aujourd’hui sur terre.

La guerre en Iran est un conflit régional qui dure depuis moins de six mois et serait achevé depuis longtemps si Trump ne l’avait pas fait durer en menant des négociations vaines. La guerre en Ukraine est aussi un conflit régional, et serait achevée depuis longtemps si les dirigeants européens ne la faisaient pas durer. Trump s’est mis en retrait et regarde l’Europe se ruiner, mais n’interviendra plus, sauf en cas d’extrême urgence.

Il existe à l’échelle planétaire une pax americana qui permet les transactions économiques et financières mondiales, le fonctionnement des réseaux de transport et de communication sur toute la planète, et je le dis : heureusement que les Etats-Unis veillent.

Ceux qui parlent de « déclin américain » en Europe se succèdent, de génération en génération. Voici quelques décennies, c’était, disaient-ils, le Japon qui devait supplanter les Etats-Unis, à un moment donné ils ont dit que ce serait l’Union Européenne, aujourd’hui, ils disent que c’est la Chine. Ceux qui parlent de déclin américain se trompent, avec une régularité de métronome, et il y a chez eux une constance dans l’erreur et l’aveuglement.

Certains d’entre eux parlent de « dédollarisation », ce sont souvent ceux qui parlaient de piège de Thucydide, Ils regarderont peut-être un jour la réalité en face : les transactions énergétiques mondiales se font aujourd’hui presque toutes en dollars américains, le dollar américains reste, sur la planète entière, une valeur refuge pour ceux qui disposent de capitaux. Le dollar américain représente toujours 58 % des réserves de change de toutes les banques centrales et de toutes les banques de la planète, et il est présent dans environ 90 % des transactions sur le marché mondial des changes. Pas mal pour une monnaie en voie d’effondrement et que le monde est censé fuir.

Le seul espoir un tant soit peu rationnel pour ceux qui détestent les Etats-Unis partout sur terre réside dans le glissement du Parti Démocrate vers l’extrême gauche et dans la possibilité qu’il revienne au pouvoir. C’est pour cela qu’ils ont de la haine pour Trump, qu’ils ont parlé d’espoir quand le sénile Joe Biden a été installé à la Maison-Blanche, et c’est pour cela aussi qu’ils espèrent en 2028 la victoire d’un Démocrate d’extrême gauche : Kamala Harris leur plait beaucoup, Alexandria Ocasio-Cortez les séduit. Ils ont de la mansuétude pour l’islamo-gauchiste Zohran Mamdani : il détruit New York, ils aiment.

Quand bien même le soccer n’est pas un sport qui passionne les foules aux Etats-Unis (comme je l’ai expliqué, les jeunes Américains qui veulent avoir une carrière dans le sport choisissent rarement le soccer), Trump a eu raison de vouloir organiser la Coupe du monde de football : cela a fait venir des dizaines de milliers de touristes européens aux Etats-Unis pour la première fois, et ces touristes ont vu à quel point les désinformateurs européens leur avaient menti sur tous les plans. Ils ont découvert la beauté de ce pays, sa richesse, et la gentillesse et la générosité de ses habitants. Les désinformateurs européens vont se remettre au travail, c’est une certitude, mais cela a été un moment d’accalmie.

© Guy Millière pour Dreuz.com. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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