
Alors que les salles obscures s’apprêtent à subir l’injure de L’Odyssée (version 2026), où le politiquement correct hollywoodien a cru bon de confier le rôle d’Hélène de Troie — la femme dont la beauté légendaire et hellénique fit lever mille navires — à une figure tout droit sortie du Wakanda de Marvel, le spectateur épris de culture et de vérité historique ne peut que saturer de ce réécriture grotesque. À l’heure où le camp du Bien s’obstine à troquer les mythes européens contre le catéchisme woke, il est salutaire de replonger dans nos archives pour redécouvrir ce que fut la véritable irrévérence française. Loin des délires de casting d’un Hollywood en perdition, il fut un temps où la colline de Troie rimait avec le génie de Jacques Offenbach et le talent d’un monstre sacré de notre patrimoine : Michel Serrault.
C’est dans la mémorable série télévisée Les Folies Offenbach (1977) que Serrault prêta ses traits au compositeur virtuose du Second Empire. L’épisode consacré à la création de La Belle Hélène reste un sommet de truculence, de finesse et de comédie de mœurs.
Bande-annonce :
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Episode 1 : La Belle Hélène

Hommage à Catherine Samie, dans le rôle d’Hélène, qui nous a quittés à 92 ans en janvier 2026 : elle a joué plus de soixante-dix rôles au cinéma en un demi-siècle et pas moins de 133 rôles au théâtre (une actrice exceptionnelle qui incarnait la Comédie-Française : Molière…)
Les épisodes peuvent être visionnés en lignes ici :
https://ok.ru/video/708863855300
Ou ici en s’abonnant (INA) : https://madelen.ina.fr/serie/les-folies-offenbach-2825?locale=fr
L’irrévérence d’un génie, la verve d’un grand acteur
Là où le cinéma contemporain s’installe dans un sérieux pontifiant et moralisateur, la fiction portée par Michel Serrault nous rappelle ce qu’est la véritable satire. En incarnant Offenbach en plein travail avec ses librettistes Meilhac et Halévy, Serrault ressuscite sous nos yeux l’effervescence de la fête impériale. On y suit un compositeur aux abois, pressé par le succès, courant à Compiègne pour retrouver les faveurs de la cour et bravant la censure pour accoucher de son chef-d’œuvre.
La Belle Hélène, sous la direction d’Offenbach et magnifiée par l’interprétation habitée de Serrault, n’était pas une entreprise de déconstruction victimaire, mais une parodie joyeuse de l’Antiquité pour mieux épingler les travers de la bourgeoisie de 1864. Les anachronismes y étaient volontaires, spirituels, et profondément ancrés dans l’esprit vaudevillesque français. Serrault, avec son œil malicieux, sa gestuelle nerveuse et son sens inné du contre-pied, insuffle à cette fiction une énergie débordante. On rit de la mythologie parce qu’on la connaît, qu’on la respecte et qu’on s’en amuse, et non parce qu’on cherche à l’effacer ou à la réinventer pour complaire aux minorités agissantes.
Une leçon d’élégance face au désastre contemporain
Revoir cette œuvre aujourd’hui, c’est mesurer le gouffre qui sépare l’âge d’or de la télévision française de la production aseptisée d’aujourd’hui. Les décors, les costumes, le respect de la langue et le brio des dialogues font de cette fiction un trésor national. Face à la reine du Wakanda transformée en reine de Sparte par la grâce des quotas américains, la fausse légèreté de la France d’Offenbach portée par Michel Serrault agit comme un formidable antidote.
Pour les lecteurs de Résistance républicaine, ce retour en arrière n’est pas seulement un moment de nostalgie cinéphile : c’est un acte de résistance culturelle. Face au grand remplacement des imaginaires, opposons-leur la superbe d’un Michel Serrault et de Catherine Samie et l’éternel cancan d’un génie français. À consommer sans modération, pour le salut de notre esprit et de nos traditions.
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