
Dans le cadre de l’affaire extrêmement importante que j’évoquais dans l’article paru ce jour, Québec : un prof mis à la porte pour avoir évoqué la pédophilie de Mahomet Jacques Légaré (dont nous avons publié une quinzaine d’articles ) va aider Marc-Antoine Bouffard à se défendre lundi prochain
Ci-dessous, un petit texte de sa part pour éclairer sa position sur laïcité et croyances, position qui n’est pas celle des laïques français . Ce qui se passe au Québec me semble important et mérite approfondissement et échanges, tant nous tanguons tous sous l’assaut de l’immigration musulmane et de l’islam. Parce que, même si Jacques Légaré nous parle de toutes les religions, qui peut, honnêtement, dire que ce serait les catholiques ou les juifs qui attaqueraient laïcité, libre choix et liberté de culte dans les pays occidentaux ?
Christine Tasin
La laïcité et sa neutralité incohérente
La neutralité de principe affichée par la laïcité parait fort habile et d’esprit magnanime et généreux.
La laïcité est tolérante, généreuse même, apte à séduite tous les publics aspirant à la quiétude. Elle chasse les nuages des hargneuses et hideuses batailles culturelles, proches de la guerre civile. Elle calme la peur d’un retour apeuré aux brisures dans les familles et dans les autres groupements et associations.
Bref, elle vise à unir et à calmer.
Mais ses adversaires, théologiques ou sacrés qu’elle ne lit guère, disent en substance « La laïcité attaque la religion ». La laïcité exclurait, discriminerait en étant liberticide des expressions religieuses quelles qu’elles soient. Pas si faux que cela. Nos adversaires ont souvent une perspicace lucidité sur notre action, même si nous avons raison contre eux dans nos principes.
Ils ont raison sur un point précis et fondamental: la laïcité exclut la religion de l’État. La laïcité se résume à « La religion, hors de l’État ! ».
Ainsi, selon le bon sens, la laïcité n’a jamais été et ne sera jamais « neutre » à l’égard de la religion. Elle la met dehors !
La reléguer dans son lieu de culte, ne pas s’ingérer dans la pratique et la définition des dogmes (position de la Cour suprême du Canada) ne sont pas de la « neutralité », c’est de l’indifférence. Une indifférence envers un détritus culturel qu’on confine dans son lieu traditionnel et exigu : le lieu de culte.
Les intégristes et les multiculturalistes (Taylor, Maclure et autres), tout rusés qu’ils soient avec leur laïcité ouverte et inclusive, appliquent en parfaite rigueur et réaction, leur opposition à une laïcité qui n’est « neutre » que pour les naïfs et ses militants incohérents.
La ruse des intégristes (une laïcité ouverte et inclusive) répond du tac au tac à la ruse laïciste avec sa « neutralité ».
Tant mieux si de bons chrétiens sont devenus laïcistes par cette simple promesse de « neutralité », récompensée par des subventions et des déductions fiscales injustes et aberrantes. Ces bigots adorent cette « neutralité » si généreuse. Comme mon patron serait neutre avec le salaire qu’il me paie pour le travail qu’il commande.
Mais l’incohérence a un prix : les adversaires de la laïcité (multiculturalistes, intégristes, communautaristes, voire théocratiques) ne seront jamais vaincus.
Or les idéologies (tant séculières que religieuses) naissent dans l’opposition, se fortifient par la lutte jusqu’à leur victoire et finissent, à leur tour, vaincues par une autre par leurs propres insuffisances, erreurs et raideurs.
La laïcité risque d’être vaincue à son tour par ses adversaires à cause de sa propre « neutralité » (une impuissance volontaire et coupable). Pourquoi ? Parce que ses adversaires intégristes ne commettent pas la même erreur. Ils savent continuer un combat où ils ne s’avouent pas encore vaincus, même après les 300 ans de la très constante suprématie des Lumières.
Il nous faut réfléchir au temps long que nous enseigne la connaissance de la vie et de la mort de l’empire romain, les Croisades, la guerre de Cent-Ans, la montée et la chute de l’empire ottoman (qui inventa le multiculturalisme…), la montée et la chute des fascismes et du communisme européen). Par cette large perspective et cette profondeur du temps, la neutralité nous apparaît sous un jour plus lucide. Elle s’honore d’être un doux câlin accueillant et permissif pour fraterniser un jour dans notre culture commune et moderne avec les croyants ainsi « neutralisés ». Elle feint d’ignorer que leur fer de lance (les intégristes) sont bien campés derrière.
« Malheur au prophète désarmé » a dit Machiavel. En paix qui dort dîne; en combat, qui s’endort meurt.
De fait, nos sociétés subissent la victoire religieuse par le multiculturalisme qui les divise en communautés culturelles juxtaposées. Par la laïcité « neutre » qu’elles pensent plus progressiste, nos communautés citoyennes occidentales vivent dans deux entités bancales: un État laïque et une société complaisante et tolérante. Elles subissent des percées communautaristes et des pressions entristes dont les valeurs sont antagonistes avec la modernité occidentale.
L’unité culturelle moderne n’est pas un totalitarisme écrasant les religions, mais la liberté régulée qui les empêche d’imposer le leur.
Ces valeurs traditionnelles, ancestrales et puissantes, promulguées dans des crédos venus du Ciel, demeurent invaincues, cachées dans la famille et transmises par l’endoctrinement des enfants dans les écoles privées ou par d’autres événements et lieux voués à leur prosélytisme rodé à d’efficace marketing. Ces valeurs invaincues attendant leur revanche, souvent par grignotage, accommodements et législation complaisante.
Les religions disent, tout logiquement, être les seules autorisées à définir ce qu’elles sont. Les laïcistes s’abusent en pensant redessiner le territoire assigné aux religions, en peaux de chagrin, sur le canevas de la modernité. En effet, leur enlever le pouvoir absolu dont elles ont jadis goûté les ors et les pompes est une tentative de remodelage qu’elles vivent comme une dépossession. L’orgueil divin ne s’y résoudra jamais.
Les religions aux mains des intégristes refusent que la laïcité, en loi d’État, définisse et circonscrive leurs activités. Sous les fourches caudines de la laïcité, les intégrismes religieux n’en demeurent pas moins solides et revanchards. La « neutralité » leur sert de bouclier que la brebis laïque le leur a donné.
Voilà pourquoi la bonté laïque, en généalogie chrétienne, a fabriqué une « neutralité » qui au fond n’existe qu’en leurre pour ceux qui l’ont donnée et en maquis pour ceux qui l’ont reçue. Elle s’en illusionne d’autant plus qu’elle fait des sacrifices qui font rire aux larmes ceux qui en bénéficient : elle laisse la religion dans des lieux de culte qu’elle protège et subventionne. Voilà la noble laïcité portée par les laïcistes de 1905 à 2026. Magnanime et paternaliste. Mais l’incohérence demeure. Qui baisse la garde, qui dort au poste se réveillera un jour plutôt mal. Les Troyens d’Homère nous le rappellent et la bataille des Plaines d’Abraham aussi.
Si on jette à la rue un détritus, comment serait-il juste et sage de le laisser dans les écoles privées et dans les familles ? Comment un alcool mauvais dans un lieu serait devenu bon ou tolérable dans un autre ? En quoi le vapotage tabagiste devrait-il être interdit et le vapotage théologique protégé ? Comment les sectes seraient mal vues et surveillées et les religions nullement ? Comment des actes effroyables interdits par la loi seraient, présentés avec sympathie à des jeunes écoliers incapables encore d’en juger avec maturité ? Comment un texte sacré est-il moins criminel parce qu’il est sacré ? Comment une idée de culture serait mauvaise dans l’État et bonne dans la famille ? Et comment justifier les enfants abandonnés à leurs parents intégristes et envoyés, par fournées pleines, à des écoles vouées à la pédophilie catéchistique, talmudique ou coranique ?
Mon propos n’est pas une critique du principe de la laïcité, « Une grande invention » selon mon regretté ami Normand Rousseau. Uniquement un souhait de l’agrandissement de son aire d’influence et du déblocage des règles de son action.
La victoire laïque en 1905 en France, Mexique 1917, Turquie 1937, Japon 1947, Espagne 1978, Québec 2019, et que d’autres : Singapour, Corée du Sud, Philippines, est une gloire de l’esprit humain. Victoires incomplètes pour qui les suit de près. Mon propos n’est qu’un impératif pour étendre à la société civile et à la culture commune une laïcité débarrassée de sa fragilité et de sa timidité qu’engendrent sa « neutralité »).
La laïcité, renonçant par transparence, à sa « neutralité » peut et doit proposer aux irréductibles croyants deux avenues prometteuses :
1, La croyance est invincible.
Il faut convaincre les croyants que les incroyants et les laïcistes sont bien instruits que la croyance ne peut être psychologiquement vaincue par la laïcité qui voudrait l’exclure partout.
Pourquoi ? Parce que le cerveau réclame de l’irrationnel. Pourquoi ? Parce que le réel est souvent insupportable, intolérable, épouvantable. Chaque jour subit ses embarras, soucis, inquiétudes, déboires et insatisfactions en tout genre. Le cerveau veut à tout prix équilibrer par un plaisir opposé sa psyché ballotée par tant de négativités déprimantes. L’un se lance dans la bouffe, l’autre dans l’alcool, le sport, le sexe, la carrière, la fuite ou la fortune, bref dans n’importe quoi qui soulage et oublie. Les religions en ont fait leurs choux gras en proposant leurs crédos consolants. Ce fut leur fortune.
Une philosophie classique, quête d’une vie bonne et saine, proposera l’activité tonique, noble, sportive, ludique, joyeuse et conviviale. Les religions proposent leurs geôles doucereuses où le croyant séduit leur abandonne, en tout ou en partie, sa conscience, sa volonté, son mode de vie, sa famille, ses enfants, la société et ses institutions et, à la toute fin, leur État et ses organismes.
Pour vivre, pour échapper au désespoir mortel, à la déréliction qui ont détruit Œdipe, Oreste, Médée et Hamlet, l’au-delà dont on ne sait rien peut être réservé aux croyances les plus extravagantes. Les Paradis promis à titre posthume compensent le croyant enthousiasmé au multiple ses misères subies. Ces invisibles et inatteignables Paradis n’inquiètent en rien le citoyen libre, l’État tolérant et la société inclusive. Les Anciens le savaient déjà : la religion est née de la peur et du refus de mourir. La fortune économique et politique s’ensuivit pour ces vendeurs d’illusions qui surfèrent en gourous, imposteurs, manipulateurs, démagogues théologiques et apôtres infatigables au talent remarquable. Ce fut la fortune des grandes religions, inondées d’or, d’influence et de puissance.
Ainsi, leurs lieux de culte réservés et à leurs seuls frais seraient une bonne solution, comme une nuit au poste de police pour dessouler un chauffard dangereux. Notre cerveau est ainsi. Tout souci veut son verre de quelque chose. Vaut mieux un croyant vivant qu’un déprimé enterré.
Alors, laissons aux religions cet au-delà qu’elles promettent sans jamais le donner, mais dont elles distribuent à tout vent la vaporeuse adresse sans n’en avoir jamais reçu de colis ou de courriels. La Révélation fut le nom donné à ce lieu sans adresse à l’intention de ceux qui sont certains d’y retourner morts, n’y étant jamais allés vivants. Ils donnent à leur clergé leur aveugle destination posthume en mode qu’ils n’oseraient jamais utiliser avec leur chauffeur de taxi. L’irrationnel est dans l’homme, indéracinable. La modernité y dispose comme les parkings dans une ville pour les véhicules éteints.
Ce coin du cerveau humain, à conscience assoupie, qu’il s’est réservé pour échapper au pire que nos 5 sens nous font subir, est le vrai lieu d’entente culturelle entre croyants, incroyants et laïcistes. Voilà leur véritable lieu de culte, tout mental, aussi irréel et invisible qui se puisse. Il satisfera tout le monde. Sauf les intégristes pour qui la parole de Dieu dans les textes sacrés est intangible, impérative et dont la volonté de puissance est stratosphérique.
Certes, ils sont turbulents, minoritaires, voire marginaux, mais ils ne pèsent plus guère. Leurs actions d’éclat relèvent de la sécurité, non plus de la culture. Si l’État moderne leur coupe l’accès pédagogique aux enfants, ils resteront à jamais des marginaux.
2, La métaphysique est le plein champ d’action qu’on peut laisser sans danger aux religions.
En plus clair, la métaphysique (au-delà de la physique) qui doit répondre à ces trois questions (« Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? ». Elle peut être laissée sans problème aux religions parce que la science et la modernité n’en savent rien.
Plus encore, la physique moderne nous aurait appris, par le concept de l’espace-temps (qui est courbe !, et difficile à saisir il est vrai), que la notion de commencement n’a pas de sens ni en Physique ni en Métaphysique.
Comment dès lors penser le commencement de notre système si le temps chronologique (celui de l’Histoire et du règne animal auquel nous appartenons) fondamentalement n’existe pas ? L’espace-temps ne peut se penser par le temps de nos horloges. Le commencement, donc toute idée de Création de l’univers, ne peut se penser si le temps linéaire de l’horloge n’existe pas. En somme, notre illusion métaphysique est totale, comme l’étaient nos illusions sur la Terre plate, le géocentrisme, le ciel bleu ou l’espace noir. On peut donc laisser sans danger la métaphysique aux religions dont les fables extravagantes et poétiques rassureront ceux que la physique dépasse ou n’intéresse pas.
Par ailleurs, les religions vivront en paix dans leurs seuls lieux de culte si elles abandonnent toute prétention à définir l’Éthique et les règles comportementales en société. Leurs prescriptions, souvent misogynes et violentes, relèvent d’une anthropologie totalement obsolète. Elles doivent être abandonnées, et au grand jamais exposées en propagande sympathique dans les écoles. Les sciences humaines, la biologie et la médecine modernes sont les bases actuelles d’une éthique classique (gréco-romaine) qui, par elles, a été à la fois confirmée et rénovée.
En gros, nos contemporains sont hédonistes quand ça va bien et stoïciens quand ça va mal. En politique, ils sont tous des spectateurs sceptiques ou des dirigeants cyniques, le tout sur le fond solide de la liberté héritée des Grecs anciens, bien assise dans ses formes juridiques romaines. En conséquence, le judaïsme, le christianisme et l’islam doivent impérativement quitter le champ éthique, l’aire politique et se confiner à la zone métaphysique où, bien à l’aise et consolés, ils n’inquièteront plus personne.
Si les laïcistes parviennent à convaincre les croyants de ces deux avenues, le vivre ensemble avec les valeurs communes de la modernité sera possible et harmonieux.
Il est du ressort de notre tâche citoyenne de parachever la modernité des Lumières par l’éradication de toute religion dans la culture citoyenne, publique et personnelle. Mais sans acrimonie, luttes et conflits majeurs, pénibles et déplorables. Le débat citoyen, l’éducation aux Lumières et la laïcité cohérente en sont les trois moyens.
Aux religions, la laïcité victorieuse en 1905 en France et sa version antérieure, mais fort rusée, des Pères fondateurs américains en 1791 a enlevé, grosso modo, la moitié des conquêtes de la religion chrétienne et la moitié de la planète où son empire s’étendait. Voilà pourquoi la « neutralité » de la laïcité, si maintenue, leur laissera encore la moitié de leurs conquêtes.
On ne peut pas parler pour autant d’un « intégrisme laïque » (cardinal Marc Ouellet et Jean Baubérot). C’est un oxymore injurieux. En effet, la laïcité s’inscrit à l’intérieur d’une constitution libérale où la liberté des opposants sera toujours active. Les décisions laïques, ou même hélas des régressions partielles ou temporaires, seront toujours sous l’autorité et le contrôle de l’électorat et de l’opinion publique éclairée et vigilante.
Certains croyants, surtout les nouveaux immigrants, n’avaliseront pas cette interprétation rationaliste de leur Foi tout extraterrestre, toute sacrilège à leurs yeux. Nous pouvons le concevoir. Ils sont croyants en vertu même de leur incapacité à vivre uniquement sur Terre. Aux plus mauvais moments de leur vie, leur pensée vagabonde dans les Ciels étoilés où ils auront demeure. Cela se comprend aisément quand la Terre devient un enfer. En revanche, ils peuvent accepter de dissimuler aux nôtres les sacrilèges envers la modernité que sont le voile, les exemptions fiscales et l’endoctrinement pédophile de nos tout jeunes compatriotes.
3, Henri Peña-Ruiz, distingué orateur et brillant écrivain (Dictionnaire amoureux de la laïcité), nous fit confidence qu’il avait refusé de répondre à son étudiant qui lui demandait : « Et vous, êtes-vous croyant ou incroyant ? ». Il tenait à cette réserve que lui imposerait la « neutralité » de la laïcité qu’il promeut.
Cette position pédagogique n’est pas la meilleure.
En bon droit, un enseignant n’a pas à renoncer à la liberté d’expression garantie en classe par la jurisprudence canadienne.
« Le droit de ne pas être insulté en classe n’existe pas » dit un juge à des parents catholiques offusqués qu’on y parle d’avortement (Ross c. Conseil scolaire du district no 15 du Nouveau-Brunswick).
Enseignant l’Économique durant 27 ans, je demandais à mes étudiants:
« Essayez de deviner à la fin de ce cours si, d’après vous, je suis keynésien, monétariste, libéral, capitaliste, coopératif, mercantiliste, physiocrate, autarcique, social-démocrate, protectionniste ou communiste.
Si vous le devinez, si vous tombez juste, j’aurai été un mauvais professeur car partial ou subjectif.
D’un autre côté et en sort commun, j’ai à la fois droit à être ce que je suis et vous de me le demander. Ainsi donc, je vous le dirai en toute franchise à la fin du cours.
Vous n’aurez qu’à rectifier votre formation si vous la jugez contorsionnée par mes choix personnels.
Mes adhésions philosophiques ne sont pas des préjugés, mais des jugements formés aux connaissances des études accomplies.
Vous aurez vous aussi les vôtres dont la qualité sera proportionnelle aux efforts consentis dans vos études ».
De même, dans mon cours d’Éthique, je leur disais : « Devinez si votre professeur est croyant, incroyant, hédoniste, stoïcien, épicurien, sceptique, athée, mystique, sectaire, nihiliste ou aristotélicien ».
En début de cours, je précisais, en toute solidarité générationnelle :
« À votre âge, j’écoutais attentivement mon professeur et je prenais des notes sur une page divisée en deux : ce que disait mon professeur et la vérité sur ce que j’en pensais…
Soyez donc tous heureux d’être totalement libres au sommet de chaque discipline en compagnie des savants les plus dignes. La bonne voie est là, et vous n’aurez pas deux vies pour vous reprendre ».
L’État moderne, à l’égard de tous les citoyens qui sont ses gardiens en même temps qu’il les protège, doit éduquer tous les citoyens à la liberté digne et responsable. Ses lois et ses mœurs doivent sans cesse tendre, avec douceur et inlassable constance, à délaisser les religions qui ont fait leur temps, comme tant d’autres religions qui disparurent avant elles. Plus encore, encourager les fragilisés à trouver meilleur secours.
La laïcité, appuyée par des croyants protecteurs de leur Foi, drapée dans la « neutralité » quand le combat n’est pas terminé, n’a pas d’avenir. Elle protège encore ce qu’elle a chassé de l’État. Une laïcité, maitresse de sa première victoire qui déplomba l’État de son lourd sacré, doit désormais se donner comme tâche de séculariser la famille et tous les autres regroupements de la société civile dans la suite des valeurs émancipatrices des Lumières.
Jacques Légaré
né à Québec, 1948.
Maître en Histoire byzantino-arabe (1975)
PhD en Philosophie politique (1993)
Professeur (retraité) d’Histoire, d’Économique et de Philosophie (1974-2001) et CECM (1971-73)
Président-fondateur du Syndicat des professeurs du CNDF (1981)
Conférencier et militant progressiste.
St-Augustin-de-Desmaures, le 18 juin 2026.
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