Nourrir les poissons d’élevage avec des insectes, la fausse bonne idée écologique

Farines d’insectes pour nourrir nos poissons d’élevage:  la fausse bonne idée qui va finir dans nos assiettes
On nous l’avait vendue comme la solution verte, durable... Remplacer la farine de poisson par de la farine de larves, de mouches soldats noires, de cafards recyclés. Pour nourrir les saumons, les crevettes, les thons d’élevage. Et donc, demain, pour nous nourrir nous.
Comme le révèle France soir, c’est une fausse bonne idée. Et même une très mauvaise.
Pendant des siècles, l’homme a compris une chose simple : le poisson mange du poisson, des algues, du plancton. La chaîne alimentaire marine est naturelle. C’est l’aquaculture raisonnée, avec des algues, du krill, des farines de poissons durables, qui permet de nourrir proprement un saumon ou une crevette. Pas en lui donnant de la poudre de mouches élevée sur des déchets.
Mais non. Il a fallu que l’industrie trouve plus rentable de produire des tonnes de larves dans des hangars, plutôt que de développer une vraie aquaculture marine. Pourquoi ? Parce qu’une larve, ça ne coûte rien. Ça se nourrit de déchets, ça grossit vite, ça se broie bien. C’est l’aliment du pauvre, transformé en aliment du futur par le marketing.
Le problème, c’est que l’homme n’est pas fait pour ça. Intuitivement, viscéralement, nous le sentons. Nous ne sommes pas des insectivores. Nous ne sommes pas faits pour manger des cafards, des grillons, des vers de farine, même par poisson interposé.
Quand vous donnez des insectes à un saumon, ce n’est plus un saumon. C’est un vecteur. Ce que le saumon accumule, vous l’accumulez. Protéines mal digérées, chitine, allergènes nouveaux, métaux lourds concentrés dans les larves élevées sur des substrats douteux. On n’a aucun recul. Zéro étude long terme.
Et la nature, elle, se venge toujours quand on la tord.
À force de vouloir faire manger aux poissons ce qu’ils ne devraient jamais manger, à force de vouloir faire manger à l’homme ce qu’il n’a jamais mangé, on ouvre la porte à ce qu’on ne maîtrise pas : explosion des allergies, maladies inflammatoires, et oui, il faut le dire, des cancers. On introduit dans la chaîne alimentaire des protéines totalement étrangères à notre système digestif, à notre microbiote, à notre histoire évolutive.
On nous dit « c’est pour sauver les océans« . Mensonge. C’est pour sauver les marges de l’agro-industrie. La vraie solution pour sauver les océans, c’est de développer l’aquaculture naturelle, nourrir les poissons avec ce que la mer produit, pas avec ce que les usines à insectes produisent.
On ne nourrit pas un carnivore marin avec des mouches. On ne nourrit pas l’homme avec des expériences de laboratoire. 
Christine Tasin

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