« De la mosquée à l’hôtel de ville » : des musulmans américains enseignent la conquête du pouvoir au Canada

C’est le djihad électoral. La mosquée est la base, l’hôtel de ville est la cible.

D’après un article paru initialement en anglais

Des responsables musulmans américains et des organisateurs du CAIR se rendent à Markham pour montrer aux musulmans canadiens comment gagner des élections et occuper des fonctions publiques, poursuivant ainsi à travers les mairies le pouvoir politique islamique qu’une conférence annulée sur le califat réclamait ouvertement.

Le 10 octobre 2026, l’hôtel Hilton Toronto Markham accueillera un séminaire de formation. Les formateurs sont des élus musulmans des États-Unis. Les stagiaires sont des musulmans du Canada. Le sujet : comment s’emparer du pouvoir politique au service des intérêts islamiques.

➽ Le séminaire s’intitule « From the Masjid to City Hall » [De la mosquée à l’hôtel de ville].

La convention est la 24e convention annuelle de l’UMAA, organisée par la Universal Muslim Association of America (Association musulmane universelle d’Amérique), une ONG musulmane chiite dotée d’un statut consultatif auprès des Nations unies. Son thème : « The Next Chapter: From Identity to Impact » [Le prochain chapitre : de l’identité à l’impact].

La convention de l’année dernière portait sur le récit et l’identité : la manière dont les communautés chiites sont perçues. L’accent est mis cette année sur l’impact : l’obtention du pouvoir au sein des institutions publiques. Ce changement est formulé explicitement. « The Global Shia Narrative: Identity, Challenges, and Opportunities » [Le récit chiite mondial : identité, défis et opportunités] est devenu « From Identity to Impact ». La mosquée est la base, l’hôtel de ville est la cible.

Les intervenants

Abdullah Hammoud est le maire de Dearborn, dans le Michigan, le premier maire musulman et le premier maire d’origine arabe de l’histoire de la ville. Dearborn est la ville où, en avril 2024, des manifestants lors d’un rassemblement de la Journée d’Al-Qods ont scandé « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël ». Hammoud a qualifié ces slogans d’« inacceptables et contraires à l’esprit de cette ville ». Il a également juré d’arrêter le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « pour crimes de guerre s’il pénètre dans les limites de la ville » et a refusé de rencontrer le directeur de campagne de Joe Biden en raison de la guerre à Gaza.

En septembre 2025, Hammoud a déclaré à un pasteur chrétien lors d’une réunion du conseil municipal qu’il était « un sectaire, un raciste et un islamophobe » qui n’était « pas le bienvenu ici », ajoutant qu’il « organiserait un défilé pour célébrer le fait [qu’il avait] déménagé ». Le pasteur, Ted Barham, avait contesté un panneau municipal honorant Osama Siblani, un éditeur local accusé de soutenir le Hezbollah. Hammoud ne s’est pas excusé. En septembre 2026, un recours fédéral a été déposé, alléguant une discrimination anti-chrétienne et anti-juive de la part de Dearborn et de son maire, affirmant que la ville « célébrait » les fêtes musulmanes tout en refusant un traitement équitable aux résidents chrétiens et juifs.

Alabas Farhat est un représentant de l’État du Michigan pour le 3e district, qui couvre Dearborn et une partie de Detroit. Il a condamné les slogans « Mort à l’Amérique » lors du rassemblement d’avril 2024, les qualifiant de nuisibles et de source de division. Cependant, son orientation législative raconte une autre histoire. Il a appelé les États-Unis à « faire respecter leur propre accord Liban-Israël » (c’est-à-dire à restreindre Israël), a exigé des mesures au nom des citoyens américains « bloqués au Liban » pendant le conflit avec le Hezbollah, et a plaidé pour le retour des citoyens américains de Gaza. Son action politique va constamment à l’encontre d’Israël et en faveur des causes islamiques, du Liban à Gaza.

Akbar Ali est un représentant de l’État de Géorgie de 21 ans, pour le 106e district, le plus jeune député de l’histoire de la Géorgie. Il a pris ses fonctions le 18 décembre 2025. Il a été adoubé et salué par le CAIR-Géorgie [le Conseil des relations américano-islamiques de Géorgie], qui a salué son élection comme une victoire pour la communauté musulmane. Son bilan public est mince : il est en fonction depuis moins d’un an. Ce qui compte, c’est que le CAIR l’a façonné, que le CAIR l’a soutenu, et que le CAIR l’exporte maintenant au Canada comme modèle.

Ali Aljarrah n’est pas un élu. Il est conseiller principal auprès de CAIR Action NJ, la branche politique du CAIR dans le New Jersey, et trésorier du conseil d’administration de CAIR NJ. CAIR Action NJ a soutenu 22 candidats à l’Assemblée d’État lors des élections de 2025. Aljarrah est le bâtisseur de la machine : son travail consiste à organiser les musulmans américains en un bloc électoral et à les faire élire. Il vient au Canada pour enseigner aux musulmans canadiens comment reproduire cette machine.

L’organisation qui compte les troupes

Les chiffres proviennent du CAIR, le Conseil des relations américano-islamiques. En août 2026, le CAIR recensait 255 élus musulmans répartis dans 26 États, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré. D’ici 2028, le CAIR prévoit que plus d’un millier de musulmans se présenteront aux élections. « La vague n’est pas en train d’arriver. Elle est déjà là. »

Le CAIR a été désigné comme co-conspirateur non inculpé lors du procès pour financement du terrorisme de la Holy Land Foundation en 2007, le plus grand procès pour financement du terrorisme de l’histoire américaine. Les documents du procès du gouvernement ont identifié le CAIR comme faisant partie du comité de la Palestine des Frères musulmans [organisation islamiste sunnite transnationale influente], dont le but était de soutenir le Hamas « par des moyens médiatiques, financiers et politiques ». Nihad Awad, directeur exécutif du CAIR, a déclaré en 1994 : « Je soutiens le mouvement Hamas. » Après le 7 octobre 2023, M. Awad a déclaré qu’il était « heureux » de voir des gens « briser le blocus ».

Le CAIR conteste cette étiquette de co-conspirateur, soulignant qu’un juge fédéral a estimé que le ministère de la Justice avait violé les droits des organisations nommées au titre du cinquième amendement en publiant la liste. La décision de la Cour d’appel du cinquième circuit portait sur la procédure, et non sur le fond. Le mémoire du procès du gouvernement identifiait le CAIR comme faisant partie du comité de la Palestine. Les documents relèvent du domaine public.

C’est cette organisation qui dénombre 255 élus et prévoit un millier de candidats d’ici 2028. C’est cette organisation dont le conseiller principal se rend à Markham pour enseigner aux musulmans du Canada comment bâtir la même machine.

La version explicite, annulée

Des mois avant la convention de l’UMAA à Markham, une autre conférence islamique était prévue en Ontario. Hizb ut-Tahrir Canada [parti politique islamiste transnational fondé en 1953 qui prône la restauration du califat mondial] a annoncé sa « Conférence sur le khilafah [le califat] 2025 : éliminer les obstacles qui retardent son retour », prévue pour le 18 janvier 2025 à Mississauga, en Ontario. La conférence devait promouvoir l’établissement d’un califat islamique mondial régi par la charia [la loi islamique].

Hizb ut-Tahrir est une organisation panislamique internationale fondée en 1953 à Jérusalem-Est. Son objectif déclaré est le rétablissement du califat islamique et la mise en œuvre de la charia à l’échelle mondiale. Elle a été interdite en tant qu’organisation terroriste au Royaume-Uni (en janvier 2024), en Allemagne, en Russie, en Chine, en Turquie, au Pakistan, en Inde, au Bangladesh, en Australie, ainsi que dans tous les pays arabes à l’exception du Liban, du Yémen et des Émirats arabes unis. La ministre de l’Intérieur britannique l’a qualifiée d***« organisation antisémite qui promeut et encourage activement le terrorisme »***.

La conférence sur le califat a été annulée à la suite d’une levée de boucliers publique et de pressions exercées par les agences de renseignement canadiennes, qui évaluaient l’opportunité de désigner Hizb ut-Tahrir comme entité terroriste en vertu de la loi canadienne. L’ambassadeur d’Israël au Canada a appelé le gouvernement à interdire le groupe. La conférence a été déplacée de Mississauga à Hamilton, avant d’être annulée purement et simplement.

Hizb ut-Tahrir représente la version explicite. L’UMAA incarne la version institutionnelle. Toutes deux visent l’exercice du pouvoir islamique au Canada. Hizb ut-Tahrir emploie le terme « califat ». L’UMAA utilise l’expression « hôtel de ville ». La première a été interdite. La seconde se déroule avec le soutien d’une organisation identifiée dans des documents de tribunal fédéral comme faisant partie du comité de la Palestine des Frères musulmans, et avec des intervenants comprenant un maire qui a dit à un chrétien qu’il n’était « pas le bienvenu » dans sa ville, un député d’État qui plaide pour le Liban contre Israël, un produit du CAIR âgé de 21 ans et un agent politique du CAIR dont la mission consiste à bâtir la machine.

La doctrine qui les relie

Le lien entre la conférence annulée sur le califat et la conférence sur l’hôtel de ville qui se maintient ne relève pas de l’analogie, mais de la doctrine. En droit islamique, le monde est divisé entre Dar al-Islam (la « maison de l’islam », où la charia gouverne) et Dar al-Harb (la « maison de la guerre », où elle ne gouverne pas). Entre les deux se trouve Dar al-Ahd (la « maison du pacte » ou de l’alliance) : le territoire non musulman où les musulmans vivent sous un pacte de sécurité conclu avec l’État hôte. En vertu de ce pacte, le djihad ne cesse pas ; il change de forme.

L’imam Tom Facchine, un converti américain à l’islam et chercheur au Yaqeen Institute for Islamic Research, s’est vu poser la question par un musulman pieux vêtu d’une tenue traditionnelle et arborant une barbe fournie, l’apparence d’un homme qui prend sa religion assez au sérieux pour s’habiller à l’encontre des normes du pays où il vit. L’interlocuteur craignait que le fait de qualifier les États-Unis de Dar al-Ahd ne « coupe les musulmans d’Amérique des musulmans du reste du monde qui, de manière inconfortable, sont activement en guerre contre le pays qui nous héberge ». Sa crainte, en d’autres termes, était que le pacte n’empêche les musulmans de mener un djihad cinétique aux côtés de l’ Oumma [la communauté de l’ensemble des musulmans du monde].

Facchine l’a rectifié. La lutte ne s’arrête pas ; les moyens changent. Le jihad dans le Dar al-Ahd se fait « avec la plume et avec la politique ». C’est cela, le jihad dans le Dar al-Ahd.

La convention de Markham s’inscrit dans ce jihad-là. « From the Masjid to City Hall » relève de la plume et de la politique. Le passage de l’identité à l’impact correspond au basculement du récit vers le pouvoir. La doctrine l’affirme : c’est le djihad. Le savant le confirme : c’est le djihad. Le thème même de la convention l’exprime en des termes plus feutrés.

La vague déjà à l’œuvre

Le cadre de la convention rend la stratégie explicite. L’année dernière : l’identité. Cette année : l’impact. L’année dernière : la façon dont les communautés chiites sont perçues. Cette année : l’obtention du pouvoir au sein des institutions publiques. Le passage de la maîtrise du récit à l’obtention du pouvoir constitue l’intention et l’orientation déclarées des individus et des organisations impliquées, formulées dans les propres termes de la convention, sur ses propres supports promotionnels.

Les chiffres du CAIR retracent cette trajectoire : 255 élus aujourd’hui, un millier de candidats d’ici 2028. La convention de l’UMAA constitue le terrain d’entraînement pour la phase canadienne. Les intervenants sont les fruits de la phase américaine. La stratégie reste identique : utiliser les institutions démocratiques pour faire progresser les intérêts islamiques, élire des musulmans à des fonctions publiques et exploiter ces fonctions pour consolider le pouvoir islamique au sein des institutions qui régissent la vie de tous.

La province qui a interdit la conférence sur le califat accueille la conférence sur l’hôtel de ville. La première prononçait le mot charia. La seconde emploie le mot « impact ». Les organisations islamiques qui partagent les mêmes buts et intentions que celle bannie par l’Ontario ont réussi à passer sous les radars en modifiant leur vocabulaire.

Il s’agit d’un projet mondial, et non d’une simple affaire canadienne. Nous mettons en lumière un modèle mondial de méthodes visant à l’assujettissement total de la civilisation occidentale au contrôle islamique, ainsi qu’à la destruction concomitante de toutes les cultures et de tous les systèmes de gouvernance de l’ensemble des héritiers de la civilisation gréco-romaine et judéo-chrétienne, et de 5 000 ans d’histoire et de progrès.

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1 Commentaire

  1. « Par leur nombre croissant les musulmans deviendront majoritaires d’abord en Belgique et en France, puis en Europe avant la fin du XXIème siècle, par la suite dans le reste du monde….si l’humanité existe encore d’ici-là ». d’après récit romantique et troublant « les corps indécents ». C’est de l’arithmétique toute simple. Il faut donc s’adapter Changer nos habitudes. Se convertir. Seule la Russie profondément chrétienne, orthodoxe, reste un obstacle de taille à ce changement annoncé.