Fleuron de l’artillerie française, l’avenir du canon Caesar est en péril, ainsi que notre indépendance militaire. Devrons nous alors nous humilier en demandant à notre conjoint (sic) allemand et à sa « grosse industrie » de bien vouloir fabriquer les obus de notre artillerie cocardière bien écornée ?
On nous annonce que la Russie serait responsable de tous les maux, que le pays se préparerait à un conflit ouvert, que le gouvernement tremblerait devant les lycéens qui osent protester…
Tout cela ressemble à une mise en scène grotesque, un théâtre de l’absurde où chaque acte vise à vous faire croire que la survie nationale dépend d’ un « stock de munitions suffisant » pour « trois jours » seulement... Bigre !
La réalité ? Des lycéens font reculer le gouvernement et on a de quoi tenir 3 jours maximum en munitions (1) dans un conflit de « haute intensité ». Nos réserves sont ridiculement faibles, notre stratégie de défense inopérante et obsolète. La vraie menace vient de l’incapacité gouvernementale à prévoir et penser notre stratégie vitale sur le long terme.dans un conflit de haute intensité avec des ressources les plus incertaines et sans fiabilité à court terme. Nous sommes gouvernés par des barjos jobards ! Mais qui est le ministre des armées (2), sait-elle marcher au pas ?
La patrie est en danger !
« On sent qu’on arrive au bout, il y a un décalage énorme entre les carnets de commandes annoncés publiquement et ce qui sort réellement. » (un salarié anonyme).
Comment expliquer un tel effondrement alors que les gouvernants clament, depuis deux ou trois ans, la guerre prochaine comme une certitude ?
Aucune synergie n’a été mise en place entre les acteurs du secteur! Aucun plan de coordination, aucune stratégie nationale cohérente. Au lieu de cela, le gouvernement dilapide des milliards pour que l’Ukraine achète du matériel ou pour financer le budget de pays comme la Pologne, qui, depuis son entrée dans l’Union européenne, profite indûment aux industries de l’armement y compris aux conglomérats coréens.
Arrêt de production cet été, laissant la France sans capacité autonome de fabrication d’obus ».
Retard de paiement des salaires, plongeant les ouvriers dans la précarité. Manque d’investissements flagrants, alors même que le besoin de modernisation est criant. Pannes à répétition, témoignant d’une négligence technique inacceptable.
Tout cela se déroule pendant que le pays continue de financer des conflits étrangers, de vendre du matériel à l’Ukraine et de subventionner des alliés qui enrichissent leurs propres industries de défense.
INACCEPTABLE! Le peuple français regarde, impuissant, la désintégration de son unique bastion industriel d’obus, pendant que les décideurs se gavent de promesses de guerre et de budgets gonflés pour d’autres nations.
SCANDALE! La France, qui se veut souveraine, se retrouve dépendante d’acteurs étrangers, pendant que ses propres ouvriers sont abandonnés.
HONTE ABSOLUE! Cette situation dérisoire, fruit d’une gouvernance guerrière déconnectée de la réalité du terrain, doit être dénoncée sans concession.
Il est temps que la vérité éclate, que les responsables soient tenus pour responsables et que les Forges de Tarbes retrouvent enfin le soutien, les moyens et la dignité qui leur sont dus. Le pays ne peut plus se permettre de laisser l’injustice et l’imposture s’enraciner dans son industrie de défense.
Juvénal
Tarbes – Florence Parly, ministre des armées, a visité les Forges 11 toct. 2021) : https://www.youtube.com/watch?v=7d4frbDiFPw&t=7s Entreprise clé pour le ministère des armées qui fournit des ébauchés pour corps d’obus. La ministre s’est particulièrement impliquée dans le sauvetage de l’entreprise, anciennement Tarbes Industry, menacée de fermeture. En 2019, le ministère des Armées a passé une commande de corps d’obus qui pérennisait l’activité du site pendant 3 ans. Puis il a participé à la recherche du repreneur Europlasma, expert de la dépollution (?), qui investira 9 millions d’euros sur le site pendant 3 ans !
La seule usine française qui fabrique les corps d’obus du canon Caesar craint pour son avenir !
Les craintes de José Navarro ont été ravivées ces dernières semaines. Le 11 juin, Europlasma, maison mère des Forges de Tarbes, a annoncé une perte nette de 35 millions d’euros pour 2025 et reconnu des « incertitudes »Ouverture dans un nouvel onglet sur sa capacité à poursuivre son activité. Dans le même temps, plusieurs filiales du groupe ont été placées en redressement ou en liquidation judiciaire : Satma Industries, FP Industries puis, début juillet, la Fonderie de Bretagne. « Comment ne pas penser que les Forges de Tarbes pourraient être les prochaines ? », interroge le syndicaliste. C’était le sens de la lettre ouverte des salariésOuverture dans un nouvel onglet écrite à leur direction le 17 juin, restée sans réponse.
José Navarro affirme avoir alerté depuis plusieurs années sur les fragilités d’Europlasma. Mais en 2021, le groupe girondin est accueilli comme un sauveur. À l’époque, Tarbes Industry – l’ancien nom des Forges de Tarbes – est menacée de disparition. Europlasma est le seul candidat à la reprise. Son projet est soutenu par les syndicats, les élus locaux et l’État. La ministre des Armées, Florence Parly, fait même le déplacement à TarbesOuverture dans un nouvel onglet. Elle salue un projet « ambitieux et solide », évoque « un site qui assure la souveraineté de notre pays » et annonce une commande du ministère correspondant à près de dix années de besoins.
Un fonds d’investissement domicilié aux Bahamas et à Dubaï
Un élément suscite toutefois déjà des interrogations. Pour financer cette reprise, Europlasma s’appuie sur Alpha Blue Ocean, un fonds d’investissement domicilié aux Bahamas et à Dubaï, dirigé par les Français Pierre Vannineuse et Hugo Pingray. Le fonds est régulièrement critiqué pour ses financements dits « alternatifs » – par obligations convertibles assorties de bons de souscription d’actions (OCABSA) –, un mécanisme qui permet de convertir progressivement une dette en actions nouvelles. Mais à chaque conversion, la participation des actionnaires existants est diluée, ce qui entraîne un effondrement du cours de Bourse, aux détriments des petits porteurs et de leurs économies. Chez Europlasma, le titre ne vaut plus qu’une fraction de centime d’euro aujourd’hui.
Pour José Navarro, un homme a largement contribué à rassurer les salariés à l’époque de la reprise : Laurent Collet-Billon, ancien délégué général pour l’armement entre 2008 et 2017, administrateur d’Europlasma au moment de la reprise, et aujourd’hui encore. « On s’est dit que si l’ancien patron de la DGA [Direction générale de l’Armement] soutenait ce projet, c’est qu’il était solide. »
Quatre ans plus tard, le constat dressé par plusieurs salariés est bien différent. Le plan de reprise prévoyait une remise à niveau de l’outil industriel ainsi qu’une diversification de l’activité, notamment autour de la technologie des torches à plasma pour le traitement des déchets dangereux. « Mais rien de tout cela n’est vraiment arrivé », assurent plusieurs employés, qui demandent à conserver l’anonymat par crainte de représailles. Ils décrivent des machines vieillissantes, des investissements jugés insuffisants et des tensions grandissantes avec la direction.
« On s’exposait à des procédures-bâillon »
Les relations sociales se sont progressivement dégradées. Deux représentants syndicaux successifs ont fait l’objet de procédures engagées par la direction d’Europlasma. Benjamin Duez, alors délégué syndical, a été mis à pied à titre conservatoire puis visé par une procédure de licenciement, finalement refusée par l’inspection du travail puis par le ministre du Travail. Il a depuis été réintégré mais il est toujours poursuivi en justice, au tribunal administratif. Sa successeure, Josyane Frétier, aujourd’hui retraitée, est quant à elle poursuivie pour diffamation publique après des déclarations dans plusieurs médias où elle établissait un parallèle entre la situation des Forges de Tarbes et celle de la Fonderie de Bretagne.
« Il ne fallait pas poser de questions », résume José Navarro. « Sinon, on s’exposait à des procédures-bâillon. Aujourd’hui, les salariés ont peur de parler. »
Ces derniers mois, leurs inquiétudes ont trouvé un écho jusque dans les travaux de l’Assemblée nationale. Dans son rapport sur « la prédation des capacités productives françaises par les fonds spéculatifs »Ouverture dans un nouvel onglet, la commission d’enquête parlementaire – dont la députée LFI Aurélie Trouvé était rapporteure – cite le cas d’Europlasma parmi les principaux exemples étudiés. Le rapport mentionne Europlasma comme « un groupe industriel financé par un fonds véreux, devenu indispensable aux pouvoirs publics ».
« Ça fait des années qu’on alerte. Ça fait des années qu’on demande à l’État de s’impliquer. Or, il ne nous écoute pas. On en conclut qu’il est en train de nous abandonner », déplore José Navarro. « Ce qui me choque, c’est qu’on laisse tout un savoir-faire industriel entre les mains de fonds prédateurs qui sont en train de détruire un pan de l’industrie française. »
Au-delà des difficultés financières de leur maison mère, les salariés s’inquiètent aussi du quotidien de leur usine. Selon plusieurs témoignages recueillis par la cellule investigation de Radio France, le carnet de commandes serait presque épuisé. « Nous n’avons qu’un seul client, KNDS, qui agit pour le compte de la DGA, et il ne nous reste que deux mois d’activité », affirme un salarié. D’autres évoquent des pannes récurrentes sur les équipements, des difficultés d’approvisionnement et des retards de paiement envers certains fournisseurs.
Une capacité industrielle stratégique pour la souveraineté nationale
Autre sujet d’inquiétude : les Forges de Tarbes ne sont plus propriétaires de leurs murs. Plusieurs salariés racontent avoir découvert cette cession presque par hasard. « Un homme s’est présenté à l’accueil en disant qu’il souhaitait rencontrer le directeur. Quand un collègue lui a demandé s’il avait rendez-vous, il a répondu que ce ne serait sans doute pas un problème puisqu’il était le nouveau propriétaire du site », raconte l’un d’eux. Auditionné par la commission d’enquête parlementaire, le PDG d’Europlasma, Jérôme Garnache Creuillot, a confirmé qu’il s’agissait d’une opération de lease-back, c’est-à-dire d’une vente des bâtiments suivie de leur location par l’entreprise. Sollicité par la cellule investigation de Radio France, ce dernier n’a pas répondu à nos questions.
Contacté également, le ministère des Armées tient à distinguer la situation des Forges de Tarbes de celle des autres filiales d’Europlasma. Il estime que le site « est en bonne santé » et que « la reprise est un succès ». Mais il reconnaît que l’enjeu est désormais de « protéger » les Forges des difficultés financières du reste du groupe. Le ministère assure suivre « de près » la situation afin de préserver cette capacité industrielle, toujours jugée stratégique pour la souveraineté nationale. Du côté du ministère chargé de l’Industrie, on reconnaît qu’Europlasma a permis de maintenir en activité les entreprises reprises, « mais pas les investissements nécessaires à leur retour à l’équilibre ». Interrogé sur une action en justice contre Europlasma évoquée par La TribuneOuverture dans un nouvel onglet, le ministère indique à la cellule investigation qu’« aucune décision n’est prise ». Il assure que sa priorité est désormais de préserver « l’avenir industriel du site ». o source
Juvénal de Lyon
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