On vous a légué les Trente Glorieuses et vous osez taxer nos retraites !

On vous a légué les Trente Glorieuses et vous osez taxer nos retraites !

 

Décideurs de ce pays, votre ignorance vous égare. Notre retraite n’a rien d’un privilège, elle n’est que la juste récompense de nos efforts aussi intenses que  méconnus.

Nous avons travaillé 2100 heures par an contre 1600 aujourd’hui selon l’Insee ! Beaucoup ont trimé jusqu’à 65 ans. Et vous osez nous traiter de nantis qui ruinent le pays et se prélassent sur le dos des actifs ? 

Face à vos attaques incessantes et à vos calculs comptables sur nos retraites, il est temps de rappeler quelques vérités historiques à ceux qui ont la mémoire courte. Entre les semaines de 48h, les 3 semaines de congés et le départ à 65 ans, notre génération n’a pas chômé pour bâtir la France moderne dont vous avez hérité. C’est vous et vous seuls qui avez dilapidé ce trésor inestimable. Par conséquent, pourquoi devrions-nous financer vos dettes et réparer les dégâts de votre gestion de cigale totalement irresponsable ?

La génération qui a reconstruit la France depuis 1945 et l’a projetée dans le monde moderne, cette fabuleuse France gaullienne, mérite reconnaissance et respect. Car elle peut être fière de ce qu’elle vous a légué. Mais vous préférez la mettre sur le banc des accusés pour vous exonérer de vos lourdes responsabilités dans la faillite d’aujourd’hui. Vous êtes responsables et coupables du désastre.

La réalité est que la nation a une dette morale envers ses aînés. Les retraités actuels ne bénéficient d’aucun privilège indu : ils récoltent simplement les fruits d’une vie de travail d’une intensité que les générations actuelles sont très loin d’imaginer.

Une vie de labeur sans concession

Les retraités d’aujourd’hui sont les artisans des Trente Glorieuses (1945-1975). À cette période de reconstruction, les normes de travail n’avaient rien de commun avec le confort moderne :

– une durée hebdomadaire théorique fixée à 40 heures mais qui était de 45 à 48 heures en réalité.

– 2 semaines de congé jusqu’en 1956, 3 semaines ensuite. La 4e semaine est arrivée en 1969 et la 5e en 1982.

– pas d’assistanat démesuré, ni RMI ou RSA, ni APL, ni chèques d’aide en tous genres. L’Etat n’était pas la vache à lait dont les largesses se substituent au salaire.

Un héritage fabuleux… dilapidé !

Faire le procès des seniors est une injustice sans nom. Ils ont légué une France riche et prospère, affichant une croissance à la chinoise de 5 à 6 % par an, propulsant le pays vers un niveau de vie au sommet. Pendant que la France gaullienne tournait à plein régime et caracolait aux premiers rangs des classements économiques mondiaux, le Japon et l’Allemagne émergeaient à peine des ruines et du redressement de la guerre. Notre rang international était envié et respecté. Par conséquent, au vu du champ de ruines actuel, oser reprocher aux retraités le coût de leur pension est une ignominie.

Le leurre de la retraite à 60 ans et des 35 heures

Si le travail et le mérite étaient les moteurs de la France gaullienne, dès l’école et durant toute la vie active, cela n’a pas duré. Les générations qui ont suivi ont privilégié le « temps libre » et la « qualité de vie », sans réaliser que seul le travail peut financer les besoins essentiels d’une société. La retraite à 60 ans et la semaine de 35 heures, cela a un coût qui se reporte automatiquement sur les actifs, salariés et entreprises.

Avant 1982, l’âge de départ à la retraite était fixé à 65 ans. Bien des salariés commençaient à travailler à 14 ou 16 ans, la religion du « bac pour tous » n’étant pas encore d’actualité. 35 % des salariés travaillaient dans l’industrie et 25 % dans l’agriculture, loin des automatismes et de la mécanisation des métiers d’aujourd’hui. Ce sont souvent des corps usés qui prenaient la retraite à 65 ans.

Pour conclure, ce n’est pas en utilisant les retraites comme variable d’ajustement budgétaire que le gouvernement redressera les finances de l’Etat. Nous en sommes à 3600 milliards de dettes et nous empruntons au taux de 5 %, ce qui entraîne une charge de la dette qui va dépasser les 100 milliards en 2027, alors que la croissance est à l’arrêt. Tout ne peut donc qu’empirer.

Quelles que soient les coupes dans les dépenses et les retraites, rien ne sera possible sans travailler davantage, seule solution crédible pour créer de la richesse. Prenons pour objectif la moyenne européenne pour la durée annuelle de travail et pour l’âge de départ à la retraite. Rien d’insurmontable quand on a une espérance de vie de 80 ans.

Cela exige de travailler 120 heures de plus par an, ce qui génère 100 milliards de PIB. Et si on aligne le départ à la retraite sur la moyenne européenne à 65 ans, ce sont encore 50 milliards de PIB supplémentaires. Certes, ces 150 milliards de PIB chaque année ne vont pas résoudre tous nos problèmes, mais la fiscalité induite évitera de baisser les revenus, mesure qui va plomber la consommation, donc la croissance et les recettes fiscales de l’Etat.

N’oublions jamais que c’est ce monumental déficit de travail  qui nous a ruinés, car nous l’avons compensé par l’emprunt perpétuel et le recours à une main d’oeuvre non qualifiée, totalement inutile à une économie moderne. Depuis des décennies, pas un seul politicien n’a eu le bon sens élémentaire pour nous éviter ce naufrage titanesque.

Prétendre que les retraités pèsent sur l’économie est un odieux mensonge : Ils ont payé leur part, et ont offert au pays ses plus belles décennies. Ils ne demandent pas l’aumône, ils exigent leur dû. La solution est dans le « travailler plus » et certainement pas dans le « taxer plus ». C’est tout le contraire de l’assistanat, que vous cultivez par faiblesse et manque de courage. Par ailleurs, toute augmentation de la durée du travail nous évitera d’importer une main d’oeuvre non qualifiée qui coûte plus cher en social que sa contribution au PIB.

Que chaque retraité qui lira ce texte n’hésite pas à le partager massivement pour faire entendre notre voix.

Jacques Guillemain

Ripostelaique.com

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7 Commentaires

  1. L’auteur confond allègrement la génération silencieuse et celle des baby-boomers.

    Ceux qui ont reconstruit la France dans l’immédiat après-guerre ne sont pas les retraités d’aujourd’hui. Ils sont morts.

    Même problème avec l’argument des « deux semaines de congés payés jusqu’en 1956 » : soyons sérieux, il ne reste personne pour en parler d’expérience.

    En revanche, les retraités d’aujourd’hui appartiennent bien à la génération qui a fait Mai 68, porté puis bénéficié de la retraite à 60 ans, élu François Mitterrand et, pendant des décennies, soutenu le maintien d’un système de retraite par répartition dont le déséquilibre démographique était parfaitement prévisible.

    C’est là que se situe le véritable débat : il y avait environ 4 actifs pour 1 retraité dans les années 1960. Nous sommes aujourd’hui autour de 1,4.

    On peut défendre les choix qui ont été faits. Mais on ne peut pas attribuer aux baby-boomers les sacrifices de la génération qui les a précédés, tout en oubliant les choix économiques et sociaux qu’ils ont eux-mêmes faits lorsqu’ils constituaient le cœur de l’électorat.

  2. Vous décrivez la stricte réalité. Notamment, je râle depuis longtemps contre les 35 h qui, outre qu’elles pénalisent le PIB, ont chamboulé toutes les bonnes habitudes du quotidien, dont l’ouverture des boutiques à 10 h au lieu de 8 h le matin – un détail parmi d’autres, avec des répercussions plus ou moins sévères. J’ai travaillé jusqu’à 65 ans. Et quand on sait à quel point la vie est difficile une fois à la retraite, je suis très surprise par le nombre d’actifs qui réclament la retraite à 60 ans… Sans argent on ne fait rien et la « Liberté » pour être assignée à résidence, faute de moyens est davantage une punition qu’un avantage ! Certes, je comprends la revendication pour ceux qui assument des travaux pénibles.

    J’ai écrit à S. Lecornu pour lui exprimer mon indignation. Je n’ai pas encore de réponse, si toutefois je dois en recevoir une, avec des mots convenus…

  3. Ils toucheront aux retraites, mais pas aux retraites dévolues aux migrants qui n’ont jamais cotisé, ni à l’aide médicale d’état. Par contre des retraités français doivent se débrouiller avec des retraites misérables, et n’ont même plus de mutuelle. C’est une véritable honte.

  4. C’est le résultat de la casse de la France par la clique appliquant strictement les impératifs du nouvel ordre mondial connus depuis les années 80.
    Macron a été placé pour accélérer cette destruction.
    La table doit être renversée sans attendre, nous en sommes déjà à un point ou la mission sera très difficile à accomplir.
    Le problème des retraites n’est qu’un aspect de notre descente aux enfers.
    Cinq ans de plus avec cette bande infâme pourrait rendre le redressement impossible.
    Victoire impérative au premier tour!