La question de savoir si Israël doit s’affirmer comme un « État juif » ou opérer une transition vers « un État pour tous ses citoyens » ne relève pas d’un simple débat constitutionnel théorique. Elle touche au cœur même de la survie physique et spirituelle d’une population.
Pour aborder ce dilemme sans faux-semblants, il est nécessaire de poser les cartes sur la table. À l’échelle de l’histoire et du globe, les Juifs constituent une minorité mondiale de fait. Un groupe humain qui, des siècles durant, a été persécuté, discriminé et méthodiquement assassiné. Face à la permanence de cette vulnérabilité asymétrique, une vérité fondamentale s’impose avec la force d’un axiome biologique et moral : nul ne peut ni ne doit œuvrer pour sa propre disparition.
Ce constat renvoie directement à une faillite éthique universelle : la rupture historique du devoir de Gardien par la communauté des nations – l’ONU en l’occurrence, qui s’est liguée particulièrement et exceptionnellement aux règles démocratiques devenues suicidaires pour le petit État juif démocratique, sans adopter une attitude analogue envers les trois-quarts de ses adeptes théocratiques, tyranniques et/ou monarchiques. Pour ces derniers, la démocratie est « l’idiot utile » qu’ils manipulent afin de mener à bien la substitution et la soumission des populations de souche occidentales.
Lorsque le monde a systématiquement refusé d’offrir un toit, une patrie et une protection juridique à cette minorité, le fil de la responsabilité humaine s’est brisé. Sans terre souveraine, sans structures étatiques capables de garantir sa propre défense, le peuple juif s’est retrouvé exposé à la velléité destructrice des empires et des idéologies totalitaires. L’histoire a tragiquement démontré que déléguer la sécurité d’une minorité existentielle à l’altruisme hypothétique des nations est une illusion mortelle. L’État-nation n’est donc pas un luxe politique, mais un bouclier vital, un abri souverain conçu pour empêcher l’effacement.
Dès lors, face à la résurgence des menaces, la survie ne peut dépendre que de la seule action individuelle ; elle exige l’affirmation d’une responsabilité collective rigoureuse. Ce devoir collectif se traduit par l’obligation absolue d’œuvrer activement à la protection de la trame nationale.
Dans l’arène politique contemporaine, cela impose aux citoyens de faire des choix clairs et stratégiques en accordant leur confiance et leur suffrage aux mouvements et aux partis qui garantissent sans compromis, la pérennité, la sécurité et la résilience de l’État-nation.
C’est à la lumière de cette vigilance indispensable que s’analyse le débat sur la gouvernance intérieure. L’intégration de la minorité arabe au sein des institutions étatiques et des coalitions gouvernementales soulève également d’importants débats liés à la sécurité nationale. Pour plusieurs courants conservateurs et nationalistes israéliens, cette participation présente un risque de conflit d’intérêts face au caractère juif de l’État. Certaines critiques vont jusqu’à invoquer le concept de taqîya (dissimulation stratégique), exprimant la crainte que des agendas politiques cachés ne visent à affaiblir les fondements de l’État de l’intérieur sous couvert d’une participation démocratique.
Vouloir diluer cette spécificité dans un modèle républicain purement neutre, sous prétexte de modernité démocratique, revient à ignorer la trajectoire singulière du peuple juif. Si l’égalité civique individuelle des minorités doit être défendue au sein des institutions, la souveraineté nationale ne peut être bradée sans condamner, à terme, le peuple à une nouvelle errance historique. Le devoir universel de continuité spirituelle et physique oblige la nation à préserver son identité profonde. Choisir l’effacement de l’État juif au profit d’une universalité abstraite ne serait pas un progrès éthique, mais un suicide historique consensuel. Le destin d’un peuple exige d’assumer, jusqu’au bout, le rôle de Gardien de sa propre existence.
Un exemple saisissant nous est offert à l’heure actuelle en France et en Europe avec des minorités qui, au nom de la « libre expression » et de la démocratie, mettent ces territoires à feu et à sang. Ces mêmes minorités, qui ont fui la précarité et la main de fer de régimes totalitaires, ont importé leur frustration au sein des démocraties qu’elles ambitionnent désormais de soumettre à leurs convictions et à leurs ascendances spirituelles.
Démocratie ou pas, l’Israël juif doit avant tout et principalement, opter pour sa SURVIE. Vadrouiller sur les champs minés du progressisme et de la démocratie n’est certes pas une plaisanterie, mais une question cruelle de perpétuation et de résilience.
par Thérèse Zrihen-Dvir
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