Roumanie : ils s’acharnent contre Georgescu, héraut de la lutte contre UE et mondialisation

Rappel du contexte électoral (2024-2025)

-Calin Georgescu, candidat indépendant souverainiste (critique de l’aide à l’Ukraine, de l’OTAN et de « la tutelle de Bruxelles »), arrive en tête du premier tour de la présidentielle du 24 novembre 2024 avec environ 23 % des voix.

-Deux jours avant le second tour, le 6 décembre 2024, la Cour constitutionnelle annule l’ensemble du scrutin. Elle se fonde sur de prétendus documents de renseignement déclassifiés évoquant une campagne d’influence (notamment sur TikTok) et une « ingérence russe » présumée . Georgescu et ses partisans parlent d’un coup d’État formalisé ; les autorités et les médias proches du pouvoir invoquent la protection de l’intégrité du vote.

–Georgescu est ensuite empêché de se représenter aux nouvelles élections (mai 2025). Celles-ci sont remportées par le candidat pro-européen Nicușor Dan. Des manifestations pro-Georgescu ont lieu pendant des mois. En France, il n’y a guère que Florian Philippot  qui ait régulièrement dénoncé le coup d’État de Bruxelles / de l’UE contre le vote souverainiste roumain.

Les affaires judiciaires que le pouvoir en Roumanie sort de son chapeau… il faut bien pouvoir justifier l’injustifiable…

1. « Propagande légionnaire (1) (idéologie fasciste d’entre-deux-guerres, interdite en Roumanie) : renvoyé en jugement.
2. « Actions contre l’ordre constitutionnel / tentative de coup d’État » : accusé de complicité avec le mercenaire Horațiu Potra (et une vingtaine d’autres) pour un plan de déstabilisation après l’annulation de 2024 (rencontre alléguée le 7 décembre 2024). Le procès a été autorisé à s’ouvrir en 2026 ; il encourt jusqu’à 20 ans de prison.
3. « Escroquerie et constitution de groupe criminel organisé (affaire DIICOT) « : c’est le dossier qui a conduit à son incarcération actuelle. Les procureurs l’accusent, avec l’homme d’affaires Ionel Rusen (et un Italien), d’avoir constitué un groupe dès 2021 qui aurait trompé un entrepreneur (Răzvan Leu) en lui promettant un crédit de plusieurs millions d’euros via une institution étrangère, contre des garanties d’un total de 1,1 million d’euros. Le préjudice est fixé à plus de 1,1 M€. Georgescu nie les faits et parle de poursuites politiques.

Chronologie récente de l’incarcération (septembre 2026)
– 21 septembre.: interception, perquisitions (dont sa villa de Mogoșoaia), garde à vue. Sortie menottée sous les acclamations de partisans.
– 22 septembre: le Tribunal de Bucarest refuse l’arrestation préventive et place Georgescu et Rusen sous contrôle judiciaire.
– 29 septembre : la Cour d’appel de Bucarest (décision définitive) ordonne l’arrestation préventive pour 30 jours. Georgescu est extrait de sa villa menotté et conduit à l’Arestul Central. Des dizaines de partisans crient « Domnule președinte, fiți tare ! » (« Monsieur le Président, tenez bon ! »). Des manifestations se propagent.

Au 1er-2 octobre 2026, il est toujours en détention préventive. Des perquisitions informatiques sont prévues (il doit y assister) pour retracer le parcours de l’argent. Ses avocats contestent la mesure (audience prévue mi-octobre). Sa femme Cristela a publié des messages de soutien.

 Lecture politique
– Côté souverainiste / Philippot et partisans : enchaînement méthodique (annulation → interdiction de candidature → multi-dossiers → prison) visant à neutraliser le seul candidat capable de remettre en cause l’alignement UE/OTAN. Ils insistent sur l’absence de preuves solides d’ingérence russe dans l’annulation et sur le caractère politique des poursuites.
– Côté autorités / médias mainstream : procédures judiciaires indépendantes pour des faits de droit commun (fraude) et de sécurité nationale (tentative de déstabilisation + propagande illégale). L’annulation de 2024 est présentée comme une réponse à des interférences étrangères documentées.

En résumé : Georgescu, qui incarnait le vote anti-système et souverainiste, est aujourd’hui en détention préventive de 30 jours dans une prétendue affaire d’escroquerie de 1,1 M€, tout en restant poursuivi dans deux autres dossiers lourds. Les mobilisations de ses partisans continuent. La situation reste très polarisée et évolutive.

Ci-dessous  F. Philippot qui fait une analyse assez complète de l’affaire 
(1) La propagande légionnaire renvoie principalement à deux réalités historiques en France : celle de la Légion française des combattants sous le régime de Vichy (1940-1944) et celle entourant le mythe et le recrutement de la Légion étrangère. [1, 2] Source IA Internet

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