« Brûlez la dette, personne ne s’en apercevra »: le génie économique de Mélenchon enfin révélé

Mesdames, messieurs, révolutionnaires de salon et détenteurs de Livret A anxieux, rejoignez-moi un instant dans cette cathédrale de la pensée pure qu’est la dernière intervention de Jean-Luc Mélenchon.

Le tribunal de l’Histoire a parlé. Ou plutôt le prophète de la rupture . Face à la montagne de dettes publiques, l’homme a trouvé la solution que des générations d’économistes, de banquiers centraux et de ministres des Finances avaient idiotement cherchée dans des formules complexes, des réformes structurelles ou, pire, dans le travail.

Non. La solution tient en quelques phrases d’une pureté cristalline :

« Les titres de créance, vous les mettez au frigo, à la cave, vous pouvez les accrocher au plafond ! Peu importe : CET ARGENT N’EXISTE PAS. Je refuse de le payer ! Il suffit d’aller à la Banque de France, de prendre les titres de créance et de les jeter au feu, et il n’y en aura plus… Et personne ne s’en apercevra ! »

Magnifique. Absolument magnifique.

On comprend mieux pourquoi certains le considèrent comme le seul vrai visionnaire de la Ve République. Pendant que les autres s’échinent à expliquer que « la dette, c’est aussi l’épargne des Français, les engagements des assureurs, les réserves des caisses de retraite, les placements des ménages et, accessoirement, la crédibilité de la signature de la France sur les marchés », Mélenchon tranche : on brûle le papier, et hop, plus de problème.

C’est d’une élégance presque poétique. On se demande pourquoi personne n’y avait pensé plus tôt.

Imaginez un instant le soulagement national. Plus besoin de payer les intérêts. Plus besoin de discuter avec les marchés. Plus besoin de regarder les agences de notation. On envoie une délégation de LFI à la Banque de France avec des allumettes et un seau d’essence (bio, évidemment), on fait un beau feu de joie dans la cour d’honneur, et le lendemain matin la France se réveille libre, pure, désendettée. Et personne ne s’en apercevra. Magnifique, extraordinaire ! 

Personne ne s’en apercevra, qu’on vous dit ! 

Sauf peut-être les retraités dont l’assurance-vie vient de partir en fumée. Sauf les banques qui détiennent ces titres et qui, bizarrement, pourraient se montrer un peu moins enthousiastes pour financer les prochains plans d’investissement pour la bifurcation écologique . Sauf les étrangers qui avaient prêté de l’argent réel à la France et qui, surprise, pourraient demander à être remboursés autrement que par des cendres. Sauf, bien sûr, les Français eux-mêmes, qui découvriraient que  « cet argent n’existe pas »  signifie en réalité « votre pouvoir d’achat n’existe plus non plus. »

Mais ce sont des détails. Des détails de petits esprits comptables.

On peut même pousser la logique plus loin, comme le suggèrent déjà certains admirateurs. Votre crédit immobilier vous pèse ? Brûlez le contrat. Votre découvert vous tourmente ? Brûlez le relevé. L’avis d’imposition vous irrite ? Au feu ! Les loyers ? Les factures d’électricité ? Les amendes ? Tout cela n’est que du papier. Du papier qui n’existe pas.

Et si, par malheur, quelqu’un s’apercevait que l’argent a bel et bien disparu, on pourra toujours expliquer que c’était de la fausse conscience monétaire. Ou du colonialisme financier. Ou du néolibéralisme. Ou les deux.

En vérité, la proposition de Mélenchon a le mérite de la cohérence absolue. Elle est à l’économie ce que la théorie du grand remplacement  est à la démographie pour d’autres : une explication simple, émotionnellement satisfaisante, et parfaitement immunisée contre les faits.

Alors oui, brûlez les titres. Brûlez-les tous. Accrochez-les au plafond d’abord, pour le côté esthétique. Mettez-en quelques-uns au frigo, histoire de voir s’ils se conservent mieux. Puis jetez le reste au feu.

Et quand, le lendemain, le pays se réveillera avec une monnaie qui ne vaut plus rien, des taux d’intérêt qui explosent, et une file d’attente devant les banques pour retirer ce qui reste encore, on pourra toujours se consoler en se disant :

Au moins, personne ne s’en est aperçu. 

Dites merci à Mélenchon. Il vient de prouver une fois de plus que le plus grand danger pour une démocratie n’est pas la dette… c’est parfois ceux qui prétendent la faire disparaître d’un coup d’allumette.

Christine Tasin

 3,198 total views,  3,198 views today

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


9 Commentaires

  1. La tactique Mélenchon consiste à faire de la propagande à deux balles pour rassembler les esprits faibles et peu instruits derrière lui. Il table sur le nombre et ils sont en effet très nombreux, les veaux …

  2. Sauf que … ce ne sont pas des retraites ou des banques commerciales qui ont ces titres mais … la Banque de France. Cela se paie en inflation. Mais pas dans les bas de laine de quiconque.
    Ce qui est anormal est que, depuis 1973, il n’y a plus d’emprunt auprès de la banque de France, mais auprès de banques commerciales seulement auxquelles est payé un intérêt pour … rien. La création d’une ligne de crédit, bref une création monétaire. Ce qui fait une bonne partie de la dette de la France qui, elle, doit être payée par les actifs, refaites, etc. Au profit des banques commerciales, et d’elles seules.
    Un bon article à ce sujet : https://ripostelaique.com/loi-de-1973-comment-pompidou-a-vendu-la-france-aux-banquiers/

  3. Il nous dira comme Marchais : faut prendre l’argent là ou QU’ELLE est ! Dans la poche de ces salauds de français, les GROS qui se gavent d’essence chez Total. Encore un effort créatif monsieur Mélanchions, cinq acquapareurs… avec Debbouze au secours pour sortir de saines conneries écossaise ! La France sortirait du gouffre, Odette n’aurait plus de dette et pourrait s’offrir des vacances de délire…. Et inviter Méluche à partager.

    • Oui c’est cela les ‘communissss’ se sont de grands économistes avec le pognon des ‘riches’ qui par leur travail ont amené leur pays a un niveau satisfaisant.
      Il dilapident rapidement la cassette et ramènent le dit pays au niveau de Cuba.
      Et la jeunesse qui s’imagine toujours pouvoir refaire le monde plonge éternellement dans l’idéologie de ces salopards et nous amènent à chaque fois la chienlit.
      Évidemment la dite jeunesse inculte n’ayant connu les trente glorieuses ne peut savoir ce qu’est vivre dans une France forte et civilisée.

  4. Il devrait postuler à L’ENA… L’âge n’est pas un handicap depuis Sophie Bécos ou Laurent Wauquiez. Il ferait Führer, euhhh je veux dire fureur !

  5. je propose qu on fasse les comptes de tous ces « génies » de la politique a commencé par lui qui nous ont mis dans cette m..de en piquant dans les caisses !!

  6. Après ce formidable exploit, Jean-Luc Mélenchon devrait crever le parquet (le contraire du fameux plafond de verre), c’est-à-dire se retrouver en queue de peloton, mais ses électeurs, pour la grande partie, ont des notions en Économie qui frisent le zéro absolu, font que notre génie national gardera un noyau dur de crétins subjugués par ces paroles péremptoires. Par ce trait de génie fulgurant, Mélenchon prouve ainsi que son QI doit être de douze, et encore s’il est aidé par ces lumières de l’intellect que sont Panot, Boyard, et consorts. Inclinons-nous devant ce futur panthéonisé que le monde entier ne nous envie pas. Tu mérites ton surnom,, Jean-Luc, Mèchancon.