Les mille vies de Sophie Brocas, nouveau visage de la lutte contre les incendies en Gironde et Nouvelle Aquitaine…

Rase-t-elle les murs après ses brillantes prestations, en tous cas elle est soudain devenue  très discrète voire transparente. On a vu ces jours le préfet du département des Landes mais  celui de Région a disparu des écrans, pourquoi ? Elle a 65 ans; est-elle déjà atteinte par la  limite d’ âge ? Arrivée le 18 mai, une promotion avant un départ ? Et la retraite à 60 ans, c’est  pour les autres, bien sûr ! Ou est-elle irremplaçable, qu’on ne puisse se passer de ses brillantissimes états de service ?

Juvénal 

Le lundi 18 mai, Sophie Brocas succéda à Étienne Guyot en tant que préfèt de la Gironde et de la Nouvelle-Aquitaine
Inconnue du grand public avant les incendies qui frappent le Sud-Ouest, qui est le préfet de Nouvelle-Aquitaine. Par Amaury Coutansais, Le Figaro du 24/07/2026

À peine nommée, Sophie Brocas, préfet de Nouvelle-Aquitaine et de Gironde, est devenue le visage de la lutte contre les incendies. «Alors que les pompiers luttaient de manière acharnée, à minuit, le vent a enflé. Comme ma priorité est de protéger les vies, j’ai pris la décision d’évacuer. C’est difficile, ça fait peur, c’est traumatisant», a-t-elle expliqué ce vendredi devant la presse, alors que l’évacuation de la totalité des habitants de la presqu’île du Cap Ferret se poursuit. Une décision qui touche près de 40.000 personnes, tant l’endroit est prisé par les touristes à cette période de l’année. «La sécurité impose aussi qu’avec nos sapeurs-pompiers […] nous nous préparions aux crises et que nous cultivions notre résilience», avait-elle prévenu dans son discours d’arrivée comme préfet de Gironde et de Nouvelle-Aquitaine, le 18 mai dernier.

Avant d’accéder à ce poste, Sophie Brocas a connu plusieurs vies. Originaire de Vieux-Boucau-les-Bains, une station balnéaire des Landes, elle a été, comme le rapporte Le Monde , «la première bachelière» et «la première fonctionnaire» de sa famille. Elle «fait son droit» à Pau, puis étudie un troisième cycle de Sciences Politiques à Paris, pour devenir journaliste. Elle crée alors une société de presse, proposant des journaux institutionnels pour des clients comme les Mines ou le Parlement européen. Une activité très rapidement lucrative, qui ne la comble pas pour autant. «Je n’y trouvais pas mon compte. Gagner du fric n’était pas pour moi un projet de vie», explique-t-elle à nos confrères. Elle revend son agence à son confrère, pour préparer l’ENA en 1999, à 37 ans. Sur les bancs dans la même promotion Nelson-Mandela, elle côtoie un certain Laurent Wauquiez.

Conseillère spéciale au ministère de la Transition écologique et solidaire

Elle en sort comme administratrice civile pour le ministère de l’Intérieur. En 2016, alors qu’elle officie comme secrétaire générale de la mairie de Paris, elle est chahutée lors d’une réunion publique dans le XVIe arrondissement. Anne Hidalgo avait à l’époque décidé de construire un centre d’accueil pour «personnes en grande précarité», porte de Passy, massivement rejeté par les riverains qui craignaient de voir à leur porte «une nouvelle jungle de Calais». Au cours de cette réunion, Sophie Brocas avait été bousculée par les opposants à ce projet et insultée pendant plusieurs dizaines de minutes. «Je le dis avec la plus grande fermeté : il n’y aura pas de migrants dans ce centre, de personnes qui viennent d’Afrique et d’ailleurs», avait-elle fini par rassurer.

L’année suivante, en 2017, elle a été nommée pour deux ans préfet d’Eure-et-Loir, avant de rejoindre le cabinet d’Élisabeth Borne, comme conseillère spéciale au ministère de la Transition écologique et solidaire. Elle occupe, ensuite, deux postes importants : directrice générale des Outre-Mer et préfet du Loiret et de la région Centre-Val-de-Loire.

En sus de cette carrière chargée, « Sophie Brocas a publié QUATRE romans, dont un, Le Lit Clos », a reçu le prix littéraire Europe 1 – GMF. Il contait l’histoire de sardinières en Bretagne au début du XXe siècle, sous un prisme féministe. source//  https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophie_Brocas

Juvénal de Lyon

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Sophie Brocas, insatisfaite dans le privé, découvre « l’ école » et la vie en préfectorale

DE CES DÎNERS où la moitié des convives « se foutent » d’elle, tandis que les autres la « regardent bizarrement » , Sophie Brocas a appris à faire « profil bas ». (15/10/2005) archive Le Monde

De ces dîners où la moitié des convives « se foutent » d’elle, tandis que les autres la « regardent bizarrement » , Sophie Brocas a appris à faire « profil bas ». « Les énarques ont mauvaise presse. Il n’y a que les parents qui sont fiers… », constate-t-elle. Sortie de l’Ecole nationale d’administration en 2001, cette femme de 44 ans n’a pourtant rien du « techno » dont le portrait type sert de cible facile aux pourfendeurs de l’administration en général, et de l’ENA en particulier.

Originaire du Vieux Boucau, un village des Landes, elle est la « première bachelière » et la « première fonctionnaire » de sa famille, installée là « depuis quatre ou cinq siècles ». Après des études de droit à Pau, et un troisième cycle de sciences politiques à Paris, elle crée une petite société de presse, qui fournit aux institutionnels ­ – Ecole des Mines, La Poste, Parlement européen, etc. ­ – des journaux internes « clé en main ». Cette activité « alimentaire » devient vite « financièrement rentable ». Au point de prendre très nettement le pas sur les reportages dont elle rêvait.

DÉSIR DE « CONCRET »

« Je n’y trouvais pas mon compte, explique Sophie Brocas. Gagner du fric n’était pas pour moi un projet de vie. » Elle vend son agence à un confrère, et décide de préparer l’ENA. A 37 ans, elle se replonge avec plaisir dans les études, découvre l’économie, et réclame des cours de philo… qu’elle est quasiment seule à suivre, car ils ne sont pas au programme.

L’Ecole lui a laissé un souvenir plus mitigé. « Ce n’était pas très adapté. On n’avait pas de cours de management, rien sur les syndicats, ni sur la conduite d’une réforme, et pas davantage de vision stratégique sur les missions de l’Etat », regrette-t-elle. Le principal entraînement consiste à « rédiger en un temps limité des « notes au ministre » sur un sujet compliqué ». Or, relève-t-elle, « on n’est pas forcément destiné à travailler en permanence dans un cabinet ministériel ».

A la sortie de l’ENA, Sophie Brocas s’est trouvé un point de chute, taillé sur mesure pour elle : la « préfectorale ». Seule femme de sa promotion à faire ce choix, en dépit des contraintes, elle ne regrette rien. « Beau métier », dit-elle, que cette « auberge espagnole de la vie ». Directrice de cabinet à la préfecture de Charente, pendant dix-huit mois, elle a pu assouvir son désir de « concret ». Parce qu’« un préfet représente chacun des ministres », elle a touché de près à tous les secteurs d’intervention de l’Etat : sécurité, logement, création d’entreprise, etc.

Son statut lui imposant des « allers-retours ministère-terrain », Sophie Brocas est à Paris jusqu’en juin 2006. A la tête d’une équipe de juristes, elle épluche tous les textes concernant la fonction de préfet. Ce qui lui permet de s’imprégner, dans l’attente de sa prochaine affectation, des « contraintes de l’administration centrale ».

Paris-province, privé-public… Sophie Brocas a franchi des ponts et des passerelles. La crise des vocations ? « Je comprends qu’on puisse se décourager », dit-elle. Pour ajouter aussitôt qu’ « il y a ceux qui ont une espèce de mystique de l’intérêt général, et ceux qui ne l’ont pas ». « Pour les gens que je connais, le collectif a un sens » , assure-t-elle. Son avenir ? « Peut-être la direction d’un hôpital. Et, si j’y arrive, l’écriture d’un roman. » .  source 

 Jean-Baptiste de Montvalon (Le Monde)

   Pcc  Juvénal de Lyon

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3 Commentaires

  1. Ces brillants énarques sont la gloire de la France, propres à tout et bons à rien…. À bas l’énarchie ! Faut-il supprimer l’ENA ? La réponse est toujours dans la question. Non ?

  2. Elle doit relire les formulaires remplis par les agriculteurs venus irrégulièrement porter secours avec leurs tonnes d’eau. Ça prend du temps… Vont-ils être verbalisés a posteriori ou benificiront-il de son « Auguste clémence » impérieuse ?