Un rapport sénatorial récent (n° 875, « Les zones grises de l’information », déposé le 8 juillet 2026) propose d’étendre les pouvoirs de l’Arcom aux créateurs de contenus d’information et influenceurs qui dépassent une certaine audience.
L’idée est simple, et potentiellement lourde de conséquences : si un programme ressemblant à une émission de télévision ou de radio, touche un large public et présente des « risques sérieux » , l’Arcom pourrait intervenir directement — mises en demeure, sanctions pécuniaires — comme elle le fait déjà pour les chaînes traditionnelles.
Ce n’est pas encore la loi. C’est une recommandation (notamment n° 38) formulée à l’approche de la présidentielle de 2027. Mais l’Arcom elle-même s’est montrée ouverte à l’idée de considérer certains créateurs comme de véritables éditeurs audiovisuels soumis à la loi de 1986. Le projet stratégique 2026-2028 de l’autorité évoque déjà la responsabilisation des créateurs de contenu en ligne sur les règles de communication politique. Le terrain est préparé.
Ce que cela change concrètement
Jusqu’ici, YouTube, TikTok ou Instagram restaient largement hors du régime classique de pluralisme et de déontologie audiovisuelle. Un créateur indépendant pouvait interviewer, commenter, critiquer ou amplifier des voix politiques sans être tenu aux mêmes contraintes de temps de parole, d’équilibre ou de « maîtrise de l’antenne » qu’une chaîne de la TNT. Le rapport sénatorial veut combler cette « zone grise » en visant ceux dont l’audience devient comparable à celle d’un média traditionnel.
Les arguments officiels sont connus : lutter contre la désinformation, protéger le pluralisme, éviter que des contenus problématiques (incitation à la haine, fausses informations massives) circulent sans filtre à grande échelle. Le rapport distingue d’ailleurs les créateurs « de qualité « (qu’il propose même de soutenir financièrement) de ceux qui diffuseraient régulièrement de la désinformation.
Mais la frontière est plus que floue.! Qui décide de ce qu’est un risque sérieux ? Qui définit le seuil d’audience ? Qui juge qu’une interview politique sans contradiction immédiate devient dangereuse ? En période électorale, le risque est évident : les créateurs les plus suivis, ceux qui touchent précisément les publics que les médias classiques peinent à atteindre, pourraient se retrouver sous surveillance renforcée, menacés de sanctions ou de pression réglementaire. Ceux dont le discours déplaît aux autorités ou aux majorités du moment seraient les premiers concernés.
Conséquence : une liberté d’expression à deux vitesses
Non, messieurs les censeurs, la liberté d’expression n’est pas un privilège réservé aux rédactions disposant d’une carte de presse et d’un bureau à Paris. Elle inclut aussi la possibilité, pour un individu ou un petit collectif, de construire une audience, de parler directement aux citoyens et de concurrencer les narratifs dominants. Transformer les créateurs les plus populaires en quasi-chaînes de télévision soumises à l’Arcom, c’est créer une asymétrie : les voix émergentes et indépendantes seraient davantage contrôlées précisément parce qu’elles réussissent.
On peut parfaitement vouloir lutter contre la manipulation de l’information sans transformer le régulateur en juge de la popularité politique. Les plateformes ont déjà des obligations (DSA/RSN). Les propos illicites relèvent du juge. Étendre le modèle audiovisuel classique à des créateurs indépendants, surtout à quelques mois d’une présidentielle, ouvre la porte à une forme de contrôle a priori ou quasi-a priori sur ce qui circule le plus.
Le rapport sénatorial et l’ouverture de l’Arcom sur ce sujet ne sont pas anodins. Ils s’inscrivent dans un mouvement plus large de « responsabilisation » des acteurs numériques. Mais responsabiliser ne doit pas rimer avec museler ce qui gêne. Si la prochaine campagne présidentielle se joue aussi sur YouTube et les réseaux, surveiller les créateurs trop populaires au nom de la démocratie serait un paradoxe dangereux.
La vigilance s’impose. Avant que les recommandations ne deviennent des textes, il faut rappeler une évidence : une démocratie qui a peur des voix qui montent trop haut n’est plus tout à fait libre.
Voir l’excellente video de Charb
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Quand on entend ça,on se dit que la Russie est un beau pays comparé à la France et à ce qu’elle devient.Tout ça devient de plus en plus visible,ils (l’europe)accélére ,le mouvement,craindraient ils quelques chose?On observe de la part des Français(pas tous hélas)une prise de conscience bénéfique,pourvu que ça dure,depuis les derniers évènements,l’affaire Lyhanna,les incendies,à chaque chose malheur est bon.
C’est lunaire. La France malade de tous ces contrôles. Ils ont la trouille, normal ils ont tellement fait de conneries qu’ils ont peur que la droite prenne le pouvoir.
Nous sommes dirigés par des trous du cul, comment voulez-vous qu’on ne soit pas dans la merde ?
😄
La patrie est en danger !